Foodtech, agriculture connectée, circuits courts… Le numérique va aussi changer notre alimentation

Connectée, l’agriculture nourrira-t-elle mieux la planète tout en la préservant ? Revalorisera-t-elle les agriculteurs aux yeux de la filière et des consommateurs ?

Possible, avancent les auteurs d’un Livre blanc intitulé "Les défis d’une agriculture numérique dans une société connectée", publié par le think tank Renaissance numérique.

Le mouvement semble en tout cas lancé. Pour l’accélérer, les auteurs avancent 16 propositions pour repenser la production, la distribution et la consommation alimentaires à l’ère du numérique.

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Foodtech, agriculture connectée, circuits courts… Le numérique va aussi changer notre alimentation

Le numérique est dans le pré. Depuis longtemps. Tracteurs et champs bourrés de capteurs, agriculteurs connectés au cours de Bourse… L’agriculture s’est vite emparée des technologies numériques. Qu’est-ce qui a donc poussé le think tank français Renaissance numérique à s’intéresser, pour sa grande étude annuelle, au sujet de l’agriculture connectée ? C’est que le numérique ne promet pas seulement de produire mieux, en auscultant les sols et les plantes ou grâce à la simulation. C'est tout la chaine de notre alimentation qu'il pourrait bouleverser.

Retrouvez notre dossier Ageekulteurs : le numérique est dans le pré

"Nous voulions sortir des idées reçues et boucler avec les questions d’alimentation et de santé", explique Marine Pouyat, responsable des affaires juridiques et environnementales à la Fevad, qui a dirigé la rédaction du Livre blanc avec Henri Isaac, président de Renaissance Numérique et vice-président de l’Université Paris-Dauphine.

Une filière ubérisable comme les autres

Et c’est donc sur toute la filière, de l’agriculteur aux consommateurs, en passant par l’industrie agroalimentaire et la distribution, que l’étude a cherché à évaluer l’impact du numérique. Car ceux qui s’intéressent à la transformation numérique de nos économies et nos sociétés n’ont aucun doute, "ce secteur va se transformer comme les autres", rappelle Marie Pouyat. Et le potentiel serait énorme.

Serait, car si l’agriculteur est très ouvert aux technologies numériques pour améliorer ses rendements - et qu’elles lui permettent aujourd’hui de (re)tisser un lien avec le consommateur - la chaîne agroalimentaire, elle, reste encore fermée. Les auteurs du rapport ont même observé un immobilisme des institutions représentatives, chambres d’agriculture, coopératives et syndicats professionnels...

Pourtant, là comme ailleurs, l’ubérisation menace. La grande distribution semble en avoir conscience. Du moins, la grande distribution internationale. Car grâce au numérique, les circuits courts s’organisent, court-circuitant les réseaux de distribution mis en place depuis quelques décennies, tout en redonnant de l’attractivité aux agriculteurs.

Attention à la fracture digitale

Mais, ce mouvement risque de se heurter à la fracture digitale. "En France, 12% des parcelles ne sont pas couvertes [par les réseaux, ndlr], il faut une volonté politique pour que tout le territoire soit couvert, quitte à déployer des réseaux ultra-bas débit", explique Marine Pouyat.

Et pour ne pas laisser la main aux grands semenciers ou géants de l’agroalimentaire sur l’utilisation des big data dans le domaine de la production agricole et de la consommation, le Livre blanc pousse aussi l’idée d’introduire l’open data dans ces domaines (comme les données d’intérêt général introduite dans la Loi d'Axelle Lemaire ?). Un moyen aussi de développer une foodtech européenne. Mais une opportunité à saisir vite, car les géants américains du numérique - qui, pour certains, veulent tuer la mort - pourraient bien finir par s’intéresser aussi à ce qu’il y a dans nos assiettes.

Ce ne sont que quelques unes des 16 propositions de Renaissance Numérique pour repenser la production, la distribution et la consommation alimentaires à l’ère du numérique (voir le rapport complet ci-dessous). "Il ne faut surtout pas sous-estimer le potentiel du numérique sur le grand défi de l’alimentation, notamment car il va permettre de remettre l’agriculteur au cœur de la solution", résume la représentante du think tank. Reste à faire passer le message.

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