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French Fab 40 : un plan de développement pour les start-up industrielles

Un rapport de l’Inspection générale des finances et du Conseil général de l’économie propose un dispositif d'aide au passage à l'échelle pour les start-up industrielles, sur le modèle du French Tech 120.
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French Fab 40 : un plan de développement pour les start-up industrielles
Agnes Pannier Runacher, secretaire d'Etat aupres du ministre de l'Economie et des Finances. © Guittet Pascal

La start-up nation et la réindustrialisation de la France ont peut-être trouvé leur combo : le French Fab 40. En se penchant sur les oubliées du système, les "start-up industrielles", un rapport de l’Inspection générale des finances et du Conseil général de l’économie, remis le 1er septembre au secrétaire d’Etat au Numérique Cédric O et à la ministre déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, élabore 13 propositions pour "installer de nouvelles usines en France et créer des milliers d’emplois".

Selon un rapport du cabinet de conseil Roland Berger, les 15 principales start-up industrielles pourraient créer 3000 emplois d'ici 2025 et jusqu’à 10 000 en 2030, principalement en région (62% des sièges de ces entreprises sont situés hors de l’Île-de-France).

Le constat
Le rapport part du constat que les politiques de soutien à l’innovation et de la French Tech ne se parlent pas, si bien que start-up industrielles sont les parents pauvres du système. Il évalue leur nombre à environ 1500, soit 12% des entreprises de moins de 15 ans et moins de 500 salariés.

De quel type d'entreprises parle-t-on ? De sociétés exploitant des brevets, à forte composante R&D, et collaborant avec des organismes de recherche, telles que Ynsect et Innovafeed (élevage d'insectes à destinations de l'alimentation animale), Ledger (portefeuille physique de cryptomonnaies), Aledia (écrans LED), Afyren (acides organiques), Treefrog Therapeutics (médicaments et technologies de santé), ou DNA Script (matériel pour la synthèse d'ADN), et nombre de sociétés évoluant dans les biotechnologies, la santé, la robotique ou encore l'énergie.

Lorsqu'elles arrivent en phase d'industrialisation, elles ne bénéficient plus des aides publiques, du financement et de l'accompagnement nécessaires (capital-risque, incubateurs, fablabs…). Le risque est alors qu'elles se tournent vers la sous-traitance pour la fabrication, ou qu'elles vendent leur technologie.

L'objectif
L’objectif est d’atteindre la réalisation de 70 à 100 nouveaux sites industriels par an d’ici 2025 afin de constituer un levier de réindustrialisation des territoires et de création d’emplois, essentiellement en trouvant des "capitaux patients" pour financer l'industrialisation et le passage à l'échelle.

"La priorité est de renforcer l’offre de fonds propres pour le financement de démonstrateurs industriels et de premières usines", note le rapport, qui évalue les besoins de financement entre 5 et 30 millions d'euros pour les démonstrateurs, et 20 à 150 millions d'euros pour ou les premières usines. 

Les propositions
Le rapport propose de créer un "fonds de reconquête industrielle" réunissant des fonds de grandes entreprises (corporate venture) et d'ETI et des financements de l’État, via le 4e programme d'investissements d'avenir et Bpifrance, qui mobilisserait 100 millions d'euros. Il recommande par ailleurs de reconduire le fonds Sociétés de projets industriels (SPI), pour un montant de 700 millions à 1 milliard d'euros, et de créer des "prêts industrialisation" d’un montant moyen de 2 millions d'euros, pour une enveloppe globale de 200 millions d'euros entre 2022 et 2024.

L’aide à l’implantation locale fait l'objet d'un autre train de préconisations, faisant intervenir notamment France Expérimentation, un dispositif piloté par la Direction Interministérielle de la Transformation Publique (DITP) et la direction générale des entreprises (DGE).

Enfin, le rapport consacre un volet de propositions à l'offre d'accompagnement des start-up industrielles, dont les dirigeants sont souvent des chercheurs et des ingénieurs sans expérience de création de site industriel. L'idée serait de détecter chaque année, dès la phase de R&D, 300 à 400 projets de start-up susceptibles de passer en production en France, et d'en labéliser et d'en accompagner chaque année 40, en créant le "French Fab 40 sur le modèle du French Tech 120". "Dans la promotion 2021 des French Tech Next 40/120, les start-up industrielles représentent le secteur dominant", a rappelé Cédric O lors de la remise du rapport.