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G7 du numérique, Sommet Tech For Good… Les dossiers (compliqués) du gouvernement

A la veille du G7 numérique et du Sommet Tech For Good, qui se tiennent le 15 mai à Paris, et en amont de VivaTech, le gouvernement est attendu sur de nombreux dossiers dans un contexte toujours teinté de contestation sociale. Cédric O, Secrétaire d’Etat en charge du numérique, s’est exprimé sur l’actualité à l’occasion d’une conférence, lundi 13 mai 2019.
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G7 du numérique, Sommet Tech For Good… Les dossiers (compliqués) du gouvernement
G7 du numérique, Sommet Tech For Good… Les dossiers (compliqués) du gouvernement © Twitter

Actualité chargée pour l’économie numérique et par conséquent pour Cédric O, Secrétaire d’Etat en charge de ces questions. Cette semaine, les événements se suivent avec le Sommet Tech for good le 15 mai, le G7 du numérique le 15 mai également, puis le salon Viva Technology, les 16 et 17 mai, à Paris. "C’est une semaine importante à la fois pour la tech et pour le rayonnement international de la France, résume Cédric O. VivaTech s’est imposé comme l’un des rendez-vous incontournable de la tech mondiale, avec un cap de 100 000 visiteurs qui devrait être battu cette année", se réjouit-il. 

 

L’occasion pour le Secrétaire d’Etat de faire le point, lundi 13 mai 2019, sur différents sujets, dont bon nombre sont gérés directement et en parallèle par l’Elysée. Pour le remplaçant de Mounir Mahjoubi, le timing est particulier. "Nous entrons dans une problématique de soutenabilité de la technologie. Nous sommes face à un écosystème qui atteint une taille telle qu’il arrive à un stade de maturité, et cela impose de parler avec les acteurs systématiques, dont les Gafa". Le 12 mai dernier, Emmanuel Macron recevait ainsi le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, pour lui présenter un rapport sur la responsabilisation des réseaux sociaux en matière de haine en ligne. Un véritable enjeu pour le gouvernement, fragilisé la crise des Gilets Jaunes, et qui ne veut pas perdre la main sur le numérique, cheval de bataille de la start-up nation. "Le Président, le Premier ministre, le gouvernement et moi-même en sommes convaincus : via l’écosystème numérique, ce sont les emplois de demain qui se jouent et le devenir de l’économie. Aux Etats-Unis, une création nette d’emploi sur deux est liée à la tech", avance-t-il.

 

L’enjeu du 2e Tech for good

C’est également la Présidence qui est derrière Tech for good, grand sommet réunissant dirigeants de la tech et pouvoirs publics, et dont la première édition en 2018 a permis d’aboutir à un certain nombre d’engagements de la part des géants de la tech, "notamment en termes d’investissements, poursuit Cédric O. Tous ont été tenus, comme la promesse de Facebook de lancer un lab d’intelligence artificielle, la création de 1 000 emplois chez IBM, l’engagement de SAP de compter 30% de femmes dans des positions managériales d’ici 2022 ou celui d’offrir une meilleure couverture sociale et une meilleure prise en compte des accidents du travail aux salariés de Deliveroo et d’Uber".

 

Face à certaines critiques, qui pointent d’une part des mesures symboliques et d’autre part un sommet réservé uniquement aux grands acteurs et excluant les sociétés tech vertueuses, le secrétaire d’Etat insiste : "Les acteurs du tech ne sont pas là pour la galerie, ce sont des premiers pas extrêmement intéressants". 

 

Le casse-tête de la charte

Pourtant, si le Gouvernement multiplie les initiatives - notamment en termes d’inclusion numérique ou dernièrement sur le sujets des relations entre PME et géants e-commerce - il est confronté à quelques difficultés. L’une d’elles, et non des moindres, figurera au programme de la réunion informelle des ministres du numérique de G7, ce mercredi 15 mai à Bercy : la responsabilisation des plateformes dans la lutte contre les contenus dangereux sur Internet. "Les pays du G7 doivent être en mesure d’assurer à leurs citoyens le respect de leurs droits et de leurs libertés en ligne", précise Bercy. Dans ce cadre, les pouvoirs publics planchent sur une charte sur les contenus haineux, un vrai casse-tête.

 

Si les grandes plateformes se montrent disposées à consentir des efforts, le gouvernement est confronté à un problème de taille, à savoir la complexité de parvenir à un consensus : "Tous les pays n’ont pas la même approche dans la régulation, explique Cédric O. Il y a la liberté de parole qui s’oppose à cette idée la régulation". Actuellement en cours de négociation, cette charte doit en effet s’appuyer sur des principes communs entre tous les pays du G7, auxquels s’ajoutent l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Inde "et peut-être l’Afrique du sud", ajoutent les services de Bercy. Puis être signée par les grandes plateformes sociales.

 

Une "obligation de moyens extrêmement poussée

La France, qui assure cette année la présidence du G7 et qui se veut moteur sur le sujet, veut définir collectivement un cadre d’action plus efficace avec les plateformes en ligne, qui leur permettrait d’intervenir rapidement en cas de diffusion de contenus dangereux ou à caractère violent, d’incitation à la haine, à caractère discriminatoire ou non. "Certains contenus doivent être modérés en moins de 24 heures, car ils comptabilisent des millions de vues en quelques heures, poursuit Cédric O. Notre rôle est de créer le cadre juridique qui permette aux plateformes de s’adapter." Autrement dit, définir des principes de base et laisser les Facebook, Twitter et autres développer leurs outils de modération et de régulation. Evoquant une "obligation de moyens extrêmement poussée", les pouvoirs publics attendent des grandes plateformes qu’elles mettent en oeuvre des dispositifs pour détecter le plus rapidement possible ce type de contenus, via notamment de l’intelligence artificielle et de l’analyse sémantique. "Si un contenu comptabilise deux millions de vues sans être détecté, c'est qu'il y a eu une faille systémique, et la plateforme est alors responsable", poursuit Cédric O.

 

Encore faut-il se mettre d’accord… Car si à Bercy, "on a l’espoir que les plus grandes plateformes mondiales signent la charte", les doutes portent notamment sur le ralliement des Etats-Unis. "Cette initiative a le mérite de mettre les gens autour de la table et de montrer qu’il y a un socle commun aux plateformes, explique le ministère. Mais il prévient : "Aucun texte vidé de sa substance ne verra le jour".

 

Autre événement sur le sujet, l’appel de Christchurch, du nom des attentats qui ont frappé la Nouvelle-Zélande en mars dernier, et retransmis en direct sur Facebook. La réunion réunira ce mercredi des dirigeants du monde entier et des entreprises soucieux d’empêcher la diffusion en direct des contenus violents sur Internet. "Aucun pays n’a réussi à régler le problème des contenus haineux", conclut Cédric O. Ses équipes ont encore trois mois pour finaliser la charte, qui sera présentée au sommet du G7, qui se tient à Biarritz du 24 au 26 août 2019.

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