Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Géoblocage : Valve et 5 éditeurs de jeux vidéo sanctionnés à hauteur de 7,8 millions d'euros par l'UE

Après 4 ans de procédure, la Commission européenne vient de conclure que les accords passés entre Valve et Bandai Namco, Capcom, Focus Home, Koch Media ainsi que ZeniMax violent le droit de la concurrence. En utilisant des clés d'activation Steam géobloquantes, l'entreprise de Gabe Newell a empêché les consommateurs d'un pays européen d'acheter des versions moins chères d'un jeu dans un autre Etat membre. Le montant total des amendes s'élève à 7,8 millions d'euros.  
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Géoblocage : Valve et 5 éditeurs de jeux vidéo sanctionnés à hauteur de 7,8 millions d'euros par l'UE
Géoblocage : Valve et 5 éditeurs de jeux vidéo sanctionnés à hauteur de 7,8 millions d'euros par l'UE © Steam

La Commission européenne a infligé une amende totale de 7,8 millions d'euros à six éditeurs de jeux vidéo – Valve, Bandai Namco, Capcom, Focus Home, Koch Media et ZeniMax – pour avoir enfreint les règles en matière de pratiques anticoncurrentielles.

A noter que les sanctions pécuniaires infligées aux éditeurs ont été réduites, de 10 % pour Bandai, Focus Home, Koch Media et ZeniMax à 15 % pour Capcom, en raison de la coopération de ces derniers avec la Commission. En revanche, Valve a choisi de ne pas coopérer avec l'exécutif européen et s'est vu infliger une amende de plus de 1,6 million d'euros.

Des pratiques de blocage géographiques interdites
Valve, propriétaire de la plus grande plateforme de distribution de jeux vidéo au monde "Steam", et ces cinq éditeurs empêche d'acheter de jeux vidéo dans d'autres Etats membres, se livrant ainsi à des pratiques dites de "blocage géographique" strictement interdites, conclut la Commission européenne dans sa décision.

En effet, ces pratiques privent les consommateurs européens "des avantages du marché unique numérique de l'UE" et de "la possibilité de comparer les prix afin de trouver l'offre" la plus avantageuse, explique Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence.

En pratique, Valve Corporation distribue sous forme numérique des jeux vidéo sur PC de chacun des cinq éditeurs et fournit des "clés d'activation". Elles s'avèrent nécessaires quand un jeu a été acheté auprès d'un tiers en permettant aux consommateurs de pouvoir tout de même le lire. C'est en fait une manière de contrôler son authenticité.

Des accords bilatéraux restrictifs
Or, les éditeurs se sont entendus pour sciemment empêcher les consommateurs d'acheter et d'utiliser des jeux vidéo acquis ailleurs que dans leur pays de résidence via des clés d'activation Steam "géobloquées". Par conséquent, "les utilisateurs situés en dehors d'un État membre désigné ne pouvaient pas activer certains jeux vidéo sur PC à l'aide des clés d'activation Steam", indique l'exécutif européen dans sa décision.

En d'autres termes, ces entreprises se sont mises d'accord pour que les jeux achetés dans un Etat où le prix est plus bas ne puissent pas être activés dans les autres Etats membres. Par exemple, si un internaute allemand décide d'acheter un jeu vidéo sur un site hongrois car il coûte moins cher, Steam l'empêche tout simplement de jouer en bloquant la clé d'activation.

Valve réfute les accusations
La Commission européenne enquête sur ces pratiques depuis février 2017, date à laquelle elle a décidé d'ouvrir une procédure formelle d'examen relative aux accords bilatéraux. En septembre 2019, elle a adressé ces accusations à Valve et aux 5 éditeurs. A cette époque, l'entreprise avait répondu dans un court communiqué que le géoblocage ne concernait qu'environ 3 % du catalogue de sa plateforme. Un argument qui n'a pas convaincu l'UE.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media