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Google accusé de saboter le Digital Services Act, Sundar Pichai s'excuse

Vu ailleurs Google veut vider le Digital Services Act de sa substance, comme le démontre un document interne confidentiel de la société américaine. Cette stratégie d'influence n'a pas du tout plu au commissaire européen Thierry Breton qui a récemment demandé à Sundar Pichai de rendre des comptes. Celui-ci a a promis qu'il n'avait pas été mis au courant de ce programme et présenté ses excuses.  
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Google accusé de saboter le Digital Services Act, Sundar Pichai s'excuse
Google accusé de saboter le Digital Services Act, Sundar Pichai s'excuse © Google/Glassdoor

Sundar Pichai, le CEO de Google et d'Alphabet, a présenté ses excuses au commissaire européen Thierry Breton à la suite de la publication d'un document interne qui présentait un plan sur 60 jours pour saboter le Digital Services Act (DSA).

Sundar Pichai ne serait pas au courant
"Je suis désolé que cela se soit passé de cette manière. Ce n'est certainement pas la façon dont je considère Google", a déclaré Sundar Pichai. Il affirme ne pas être au courant de ce document mais "d'en prendre la responsabilité". "Des personnes ont écrit ce document, et ne me l'ont pas montré", poursuit-il.

Le "DSA 60-Day Plan Update", dont le contenu a été révélé par Le Point, n'est rien d'autre qu'un document présentant une stratégie d'influence pour contrer le DSA. Dans son plan, Google mentionne par exemple la possibilité de recourir aux services de l'Etat américain comme les bureaux de représentation du commerce ou les ambassades. Il est également question "d'encourager la DG Comp (Directorate General for Competition, la direction générale de la concurrence, ndlr)" à "déclencher un débat entre les services" bruxellois. 

Interrogé par Reuters, Karan Bhatia, vice-président en charge des affaires gouvernementales mondiales au sein de Google, déclarait que certaines propositions du DSA les "inquiètent" car elles "empêcheraient les entreprises technologiques mondiales de répondre aux besoins croissants des utilisateurs et des entreprises européens".
 

Google avait pourtant répondu à la consultation publique
Ce qui étonne Thierry Breton, c'est l'aspect "confidentiel" du document. Car la Commission européenne avait ouvert une consultation publique pour que les acteurs du secteur puissent donner leur avis sur la future législation. Ce que Google a d'ailleurs fait début septembre en appelant le législateur européen à une "réglementation équilibrée". Mais, bien évidemment, le géant américain n'y dévoilait pas son plan de sabotage.

"Nous avons organisé une consultation très large, la plus large sur cette planète, pour donner à chacun l'opportunité de partager son feedback sur la façon dont nous devons réguler", explique l'ex-PDG d'Atos. "C'est une méthode d'un autre siècle. Contrer un régulateur, mobiliser les services de l'État américain, ou encore expliquer que le DSA menace l'alliance transatlantique… Pas avec moi", a-t-il ajouté.

Google particulièrement visé par le DSA
En soi, il n'est pas étonnant que Google veuille peser dans les négociations du DSA car – comme Amazon, Facebook ou Apple – il est l'une des entreprises particulièrement visée par ce futur texte. En effet, celui-ci prévoit par exemple la possibilité pour les autorités de contraindre ces sociétés à vendre certaines de leurs activités européennes si leur domination est jugée menaçante pour ses rivaux de plus petite taille ou les consommateurs, ou encore de renforcer leurs obligations dans la lutte contre les contenus illicites en ligne.

A cet égard, Thierry Breton rappelle que le but de ce texte est "d'offrir à nos citoyens et aux industries l'environnement le plus sûr et le plus compétitif du monde". Il ajoute que toutes les entreprises sont les bienvenues sur le Vieux continent à partir du moment où elles respectent les règles en vigueur.

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