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Google doit payer 3,8 millions de dollars pour ses pratiques discriminatoires envers les femmes

La majeure partie de cette somme va servir à indemniser 2565 femmes employées par Google à des postes d'ingénieur et 3000 candidates, pour la plupart d'origine asiatique, qui n'ont pas été sélectionnées pour ces postes. Dans le cadre de ce règlement avec le ministère du Travail, l'entreprise a également accepté de réexaminer ses procédures concernant l'indemnisation et l'embauche.  
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Google doit payer 3,8 millions de dollars pour ses pratiques discriminatoires envers les femmes
Google doit payer 3,8 millions de dollars pour ses pratiques discriminatoires envers les femmes © Servizi Multimediali

Google a accepté de verser la somme de 2,59 millions de dollars à plus de 5000 employés actuels et anciens demandeurs d'emploi dans le cadre d'un règlement avec le ministère américain du Travail en réponse à des allégations de discrimination systématique en matière de rémunération et d'embauche.

L'entreprise a également accepté de réserver 250 000 dollars par an sur les cinq prochaines années pour faire face à d'éventuels ajustements en matière d'équité salariale. Au total cela porte l'engagement financier de Google à 3,8 millions de dollars. Une somme mineure alors que la capitalisation boursière d'Alphabet, sa maison-mère, est supérieure à 1000 milliards de dollars.

Réviser sa politique de recrutement
Par ailleurs, dans le cadre de ce règlement, Google a accepté de réviser ses pratiques en matière d'indemnisation et d'embauche pour lutter contre les discriminations envers les femmes et la communauté asiatique.

"Nous pensons que tout le monde devrait être payé en fonction du travail qu'il fournit, et non par rapport à sa personne, et investir massivement pour rendre nos processus de recrutement et de rémunération justes et impartiaux", a réagi un porte-parole de Google, sollicité par Techcrunch.

Des disparités salariales et des discriminations
A l'issue d'une enquête menée entre 2014 et 2017, le Bureau des programmes fédéraux de conformité des contrats, une agence publique rattachée au ministère du Travail chargée de s'assurer du respect des droits sociaux, a constaté des disparités de rémunération affectant les femmes au poste de software engineers dans les bureaux à Mountain View, Seattle et Kirkland.

L'agence publique a également observé des différences lors des embauches qui "défavorisaient les candidatures féminines et asiatiques" aux postes d'ingénieurs sur les sites de Google à San Francisco, Sunnyvale et Kirkland.

Pour dédommager les victimes de cette politique, Google a accepté de verser 1,35 million de dollars d'arriérés de salaire et d'intérêts à 2565 ingénieures, soit environ 527,50 dollars par salarié, ainsi que 1,25 million de dollars d'arriérés de salaire et d'intérêts à 1757 femmes et 1219 candidates asiatiques, ce qui fait 414 dollars par personne.

Dans un communiqué, la directrice du Bureau des programmes fédéraux de conformité des contrats a déclaré que Google s'était montré proactif lors des discussions sur le règlement et pour parvenir rapidement à une résolution. "L'industrie de la Tech continue d'être l'un des employeurs les plus importants et dynamiques de la région. Indépendamment de la complexité et de la taille de la main d'œuvre, nous restons déterminés à faire appliquer les lois sur l'égalité des chances pour garantir la non-discrimination et l'équité", a-t-elle conclu.

Google accusé de licencier des salariés syndiqués
Ce règlement ne met pas un terme à l'ensemble des affaires dans lesquelles Google est impliqué. En décembre dernier, le National Labor Relations Board (NLRB), l'agence en charge notamment des élections syndicales, a déposé une plainte contre l'entreprise relevant de graves manquements au droit du travail. Google est accusé d'avoir espionné puis licencié deux employés identifiés pour leurs activités syndicales. Ces faits avaient provoqué des rassemblements devant les bureaux de San Francisco.

Le licenciement de la chercheuse spécialisée dans l'IA, Timnit Gebru, en décembre dernier, a également provoqué une vague de contestations. Dans une lettre ouverte, 1400 employés, 1900 universitaires et membres de la société civile exigeaient des précisions sur ce renvoi.

Une alliance pour lutter contre ces pratiques
Face à ces pratiques, une partie des employés d'Alphabet ont décidé de se rassembler dans un syndicat, l'Alphabet Workers Union. L'organisation vient de passer à l'étape suivante en créant une alliance syndicale internationale, baptisée Alpha Global, qui cherche à rassembler 13 syndicats du monde entier. 

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