Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Google prêt à changer ses pratiques en matière de publicité pour régler un litige antitrust en France

Vu ailleurs Face aux accusations de l'Autorité de la concurrence, Google serait prêt à payer une amende et modifier ses pratiques en matière de publicité en ligne, rapporte le Wall Street Journal. Le gendarme français a précisé que la décision devrait être rendue prochainement.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Google prêt à changer ses pratiques en matière de publicité pour régler un litige antitrust en France
Google prêt à changer ses pratiques en matière de publicité pour régler un litige antitrust en France © Alex Dudar/Unsplash

Google serait sur le point de trouver un terrain d'entente avec l'Autorité de la concurrence et se dit prêt à changer certaines de ses pratiques dans le secteur de la publicité en ligne où il règne en maître, d'après les informations du Wall Street Journal. Un accord, comprenant également le paiement d'une amende, devrait être annoncé prochainement.

A l'issue d'une enquête menée entre juin 2019 et janvier 2020, le gendarme de la concurrence a identifié plusieurs pratiques qui placeraient Google dans une situation d'abus de position dominante sur le marché de la publicité en ligne. Cette procédure avait été ouverte à la suite d'une plainte déposée par News Corporation, une entreprise de services de médias et d'information qui édite notamment le Sunday Mail, Fiji Times, le Sun, le New York Post… Le groupe australien a introduit des plaintes similaires aux Etats-Unis, en Australie et dans quelques pays européens.

Google privilégierait ses propres outils
En pratique, Google est accusé d'avoir privilégié sa plateforme Ad Manager qui met en relation les annonceurs et les éditeurs au sein de sa régie publicitaire DoubleClick. En effet, ces deux plateformes sont les leaders de la publicité digitale programmatique, à travers laquelle l'achat d'espace publicitaire, la mise en place de campagnes et leur diffusion sont réalisées de façon automatisée grâce à des systèmes d'apprentissage automatique.

Ad Manager et DoubleClick ont fusionné en 2018. C'est cet accord qui est dans le viseur de l'Autorité de la concurrence. Ainsi, pour mettre fin aux poursuites, Google pourrait accepter d'améliorer l'interopérabilité de sa régie publicitaire avec les plateformes concurrentes. A noter que les changements initiés par l'entreprise américaine ne seront valables qu'en France.


Une amende record de 150 millions d'euros
Ce n'est pas une première pour l'Autorité de la concurrence. Elle a déjà condamné Google pour des motifs similaires à une amende record de 150 millions d'euros en décembre 2019. Elle jugeait que la firme américaine appliquait des règles "opaques et difficilement compréhensibles" sur sa plateforme publicitaire ce qui excluait de facto injustement des entreprises. C'est la société Gibmedia qui avait saisi l'institution à la suite de la suspension de son compte par Google.

Les pratiques de l'entreprise en matière de publicité soulèvent également des préoccupations en matière de protection de la vie privée. En décembre dernier, plusieurs organisations ont déposé un ensemble de plaintes devant six autorités de protection des données personnelles de l'Union européenne. Elles accusent Google de violer le Règlement général de la protection des données (RGPD) en recourant aux enchères publicitaires en temps réel (RTB).

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.