Google se conforme au DMA en ouvrant le système de paiement de son store aux développeurs

Google va laisser les développeurs distribuant leurs applications au sein de l'Espace économique européen proposer un système de paiement alternatif au sien. La commission habituellement prélevée est réduite de 3%. L'objectif pour l'entreprise est de se conformer dès maintenant aux exigences du Digital Markets Act. Cependant, rien ne garantit que les changements effectués suffiront.

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Google se conforme au DMA en ouvrant le système de paiement de son store aux développeurs

Google a annoncé le 19 juillet que les développeurs d'applications du Google Play Store pourront désormais utiliser un système de paiement alternatif. Néanmoins, ils n'échappent pas à tout prélèvement. Ce dernier est simplement réduit de 3%. Il passe donc à 12% pour les développeurs taxés à 15% (sur le premier million de dollars du chiffre d'affaires annuel) et à 27% pour ceux prélevés à 30% à l'origine.

Les développeurs de jeux non concernés

Ce changement ne s'applique qu'au sein de l'Espace économique européen (EEE) (27 Etats membres de l'UE ainsi que l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège). Autre précision importante : il ne s'applique pas encore aux développeurs de jeux vidéo. Cette règle devrait changer d'ici la date d'entrée en vigueur du Digital Markets Act (DMA). C'est ce texte devrait être mis en application "dans le courant de l'année prochaine", d'après Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence.

Rien ne garantit que les changements proposés par la firme de Mountain View suffisent pour être en conformité avec le DMA. En effet, en imposant une taxe certes réduite, Google maintient une certaine pression sur les développeurs tout en conservant sa position dominante sur le marché de la distribution des applications.

Tim Sweeney, le fondateur et CEO d'Epic Games, a réagi à l'annonce de Google en dénonçant "une fausse facturation 'ouverte'". Ce dernier est en conflit avec Google et Apple depuis que le jeu Fortnite, propriété d'Epic Games, a été banni des boutiques d'applications après avoir introduit une méthode de paiement alternatif pour les achats dans l'application.

Une bataille contre Match Group

La politique de monétisation de Google est critiquée depuis plusieurs années. Dernièrement, c'est Match Group, maison-mère de Meetic et Tinder, qui a déposé un recours en mai devant une cour californienne. Quelques jours plus tard, ils ont annoncé être parvenus à un accord temporaire quant à l'utilisation d'un système de paiement tiers. Match Group peut désormais proposer des systèmes de paiement alternatifs à celui de Google sans se voir retirer du Play Store. La firme de Mountain View s'engage de son côté à approuver les mises à jour des applications de Match Group qui comprennent des systèmes de paiement tiers.

L'entreprise a récemment accepté de verser 90 millions de dollars aux développeurs qui l'accusaient devant un tribunal californien d'abuser de sa position.

Google suit les pas d'Apple

Apple fait face aux mêmes critiques, appliquant un système similaire de prélèvement jugé comme injuste. Après plusieurs mois de procédure et avoir écopé 50 millions d'euros d'amende, il a finalement accepté de se soumettre aux exigences de l'Autoriteit Consument & Markt (CMA), l'équivalent de l'Autorité de la concurrence aux Pays-Bas.

Désormais, les développeurs néerlandais peuvent proposer un moyen de paiement alternatif au sein de leur application sans craindre d'être radié. Ils doivent néanmoins toujours payer une commission à l'entreprise. Mais les ennuis pour Apple ne s'arrêtent pas là. La Commission européenne enquête sur l'App Store et Apple Pay souhaitant vérifier que la réglementation antitrust est respectée.

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