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HTC procède à des licenciements pour tenter d'endiguer ses pertes

Le Taïwanais HTC, ancienne gloire du smartphone reconvertie en spécialiste des casques de réalité virtuelle, annonce des licenciements parmi ses différentes entités à travers le monde. Le constructeur cherche à réduire ses coûts sur fond de crise liée au Covid-19, en sachant qu'il enchaîne les pertes trimestrielles depuis plusieurs années.
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HTC procède à des licenciements pour tenter d'endiguer ses pertes
Des casques de réalité virtuelle HTC Vive Focus, présentés lors du Mobile World Congress 2018. © Julien Bergounhoux

L'entreprise taïwanaise HTC a discrètement annoncé lundi 1er juin 2020 qu'elle va procéder à des licenciements au niveau global. Elle met en avant la crise du Covid-19 pour justifier cette décision. L'information a été répérée en premier lieu par l'agence de presse nationale de Taïwan.

En réponse à une demande de précisions de L'Usine Digitale, HTC indique avoir décidé de "stratégiquement réaffecter des ressources humaines pour optimiser sa structure et réduire ses dépenses opérationnelles." Des mesures qui impliquent "de faire certaines réductions d'emplois ciblées à travers le monde." Le nombre de postes supprimés n'a pas été communiqué.

Une situation financière qui ne s'arrange pas

L'entreprise déclare par ailleurs qu'elle a "continué de travailler à réduire ses dépenses en optimisant ses processus, en contrôlant ses coûts et en recherchant des usages prudents des nouvelles technologies." Si elle continue de perdre de l'argent chaque trimestre, avec une perte opérationnelle d'environ 55 millions d'euros au premier trimestre 2020 (pour environ 39,65 millions d'euros de revenus), elle met en avant une marge brute de 26,2%, en augmentation constante depuis plus de deux ans.

Lors d'un entretien exclusif réalisé en février, nous avions questionné Yves Maître, CEO de HTC depuis septembre 2019, sur la situation financière de l'entreprise. Il s'était voulu rassurant : "Nous avons un milliard de dollars sur notre bilan comptable [...]. On a des actifs immatériels avec des propriétés intellectuelles, y compris en 5G. On a un portfolio de brevets, des immeubles, et nos usines nous appartiennent. Nous n'avons aucune dette."

Des effectifs divisés par 5 en cinq ans

HTC avait précédemment annoncé des licenciements en décembre 2019, là encore sans donner plus de précisions. L'entreprise a fortement réduit sa taille au cours des cinq dernières années, à mesure qu'elle s'est transformée d'un acteur majeur des smartphones – un marché établi et à grands volumes – en un pionnier des casques de réalité virtuelle. Elle comptait environ 15 000 employés en 2015, et n'en a plus que 3000 aujourd'hui. Elle a entre temps cédé la majorité de ses ingénieurs et de sa propriété intellectuelle liée aux smartphones à Google, contre 1,1 milliard de dollars.

Un marché AR/VR difficile à naviguer

Désormais l'enjeu pour HTC est de tenir bon jusqu'à ce que le marché des technologies immersives atteigne une masse critique lui permettant de générer des bénéfices. Cela ne sera pas une mince affaire. L'essentiel des revenus sur le marché grand public proviennent aujourd'hui de la vente d'applications, domaine qui n'est pas historiquement la spécialité de HTC. Le constructeur s'y est attelé et a développé toute une batterie d'offres et de services cohérents (Viveport), mais ils peinent à s'imposer face à la concurrence de Valve (SteamVR) et Facebook (Oculus).

Le marché professionnel, sur lequel HTC a su s'imposer très tôt, est aussi sujet à une concurrence accrue de la part d'entreprises comme HP, Lenovo ou Pico. Et bien sûr de Facebook. Le dernier casque VR en date de HTC, le Vive Cosmos, semble par ailleurs avoir du mal à trouver son public, en partie à cause d'un prix trop élevé. Il faut dire que le constructeur n'a pas le loisir de pouvoir rétrécir ses marges comme le font certains de ses concurrents.

Une possible porte de sortie pourrait se situer du côté des opérateurs télécoms. HTC dispose toujours d'un certain savoir-faire en matière de connectivité cellulaire, et Yves Maître était précédemment en charge des partenariats chez Orange. HTC pourrait donc miser son avenir sur une stratégie de partenariats autour des usages de la 5G... Même si là aussi, il devra faire face à une sévère compétition.

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