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Ignite 2015 : "La révolution de l’innovation invisible a bel et bien commencé", prévient le patron de Microsoft Research

Le monde numérique devient plus accessible. Cette simplicité d’usage découle de grandes innovations technologiques qui, selon Harry Shum, le patron de Microsoft Research, seront invisibles car enfouies dans le cloud ou derrière l’interface des produits.
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Ignite 2015 : La révolution de l’innovation invisible a bel et bien commencé, prévient le patron de Microsoft Research
Ignite 2015 : "La révolution de l’innovation invisible a bel et bien commencé", prévient le patron de Microsoft Research

C’est un grand paradoxe de l’évolution technologique dans le numérique. Alors que les usages se simplifient, les besoins d’innovation augmentent, tirés par le développement des mobiles, du cloud computing, du big data ou encore de la cybersécurité. Mais la technologie derrière tend à s’effacer. C’est le message de Harry Shum, vice-président exécutif en charge de Microsoft Research, lors de l’événement Ignite de Microsoft qui se tient à Chicago du 4 au 8 mai 2015.

"Durant les 5 à 10 dernières années, les ruptures technologiques étaient bien visibles, explique-t-il. Elles se concrétisaient par des réalisations physiques qu’on peut non seulement voir mais aussi toucher. Consoles de jeux, téléphones mobiles, baladeurs, tablettes… Les exemples sont nombreux de ces produits magiques. Aujourd’hui, une grande partie de leur magie, qui réside dans les logiciels et algorithmes enfouis, est cachée. Demain, les innovations seront invisibles." Comment ? Grâce au passage au cloud, explique le patron de la recherche de Microsoft.

Plus l’usage est simple, plus la technologie s’efface

La technologie, qui sous-tend ce modèle, est reportée chez l’opérateur de services. L’utilisateur ne voit plus qu’un service aussi simple à utiliser que l’eau ou l’électricité. Plus la simplicité d’usage est grande et plus la technologie derrière est élaborée, mais elle reste cachée dans l’infrastructure. "Plus l’interface s’améliore et l’expérience d’usage se simplifie, et plus la technologie s’efface, estime Harry Shum. On en vient presque à oublier la machine. La révolution de l’innovation invisible a bel et bien commencé." 

"Auparavant, l’innovation était prévisible. Maintenant, elle réclame un effort plus important et un investissement en R&D plus long, de 15 à 20 ans. Il faut donc une stratégie d’innovation à plus long terme qu’avant."

Harry Shum, vice-président exécutif en charge de Microsoft Research

 

Le rythme d’innovation change également."Auparavant, l’innovation était prévisible, détaille le scientifique de Microsoft. Maintenant, elle réclame un effort plus important et un investissement en R&D plus long, de 15 à 20 ans. Les travaux de recherche lancés en 2000 ne commenceront à produire des résultats qu’à partir de 2020. Il faut donc une stratégie d’innovation à plus long terme qu’avant." 

Les défis à relever sont énormes. Pour Harry Shum, les trois plus importants sont : l’inflation des données, la fin annoncée de la loi de Moore et l’imitation de l’intelligence humaine. "L’exploitation des énormes gisements de données, comme ceux qui seront produits par les 25 milliards d’objets connectés prévus à l’horizon 2020, va nous aider à être disruptifs en termes de produits, services ou modèle économique. Nous devons trouver, non seulement les bons algorithmes d’analyse pour en tirer de la valeur, mais aussi savoir les représenter de façon visuelle." C’est ainsi que Microsoft développe un outil de représentation graphique en 3D, dont le potentiel a été présenté à travers l’exemple de production de tomates aux États-Unis.

Préparer l’après Loi de Moore

La loi de Moore garantit l’augmentation de la puissance de calcul  (doublement tous les deux ans), un vecteur essentiel de progrès dans le numérique. "Merci Gordon Moore. Votre loi a produit un résultat incroyable. Mais on commence à atteindre les limites physiques au niveau des transistors. Or nous aurons toujours besoin davantage de puissance de traitement." Selon les recherches de Microsoft, la solution à court terme est de faire appel aux circuits logiques programmables comme accélérateurs de traitement. Son efficacité a été déjà prouvée sur des projets pilotes et elle est prête à passer en production. Mais à plus long terme, la solution pourrait résider dans l’ordinateur quantique, une alternative présentée par Harry Shum comme plus spéculative et disruptive. Microsoft travaille sur le sujet depuis 2005 avec des partenaires académiques dans le cadre projet Station Q au labo de Santa Clara, en Californie. Les résultats semblent prometteurs. Mais il faudra attendre encore plusieurs années pour que cette technologie devienne une réalité industrielle et commerciale.

"Demain, on pourra doter les robots ou les machines de production de capacités de visions inimaginables aujourd’hui"

 

Enfin, Harry Shum insiste sur le besoin d’augmenter l’intelligence des machines pour l’amener au niveau de celle des humains en matière de reconnaissance de l’environnement, des objets, de la parole ou des visages. "Demain, on pourra doter les robots ou les machines de production de capacités de visions inimaginables aujourd’hui, prévoit-il. Les applications potentielles sont variées. Dans la diététique, par exemple, on pourra imaginer une caméra qui reconnaît les ingrédients de votre assiette et calcule les calories des aliments qu’elle contient pour vous aider à contrôler votre alimentation et votre santé."

Depuis l’arrivée en février 2014 de Satya Nadella à la tête de Microsoft, Harry Shum a dû adapter son travail. "Ma mission est de repousser les limites technologiques pour soutenir les trois ambitions stratégiques assignées par notre directeur général, à savoir créer davantage d’informatique personnelle, réinventer les outils de productivité et les processus métiers, et construire un cloud intelligent, explicite-t-il. Ces ambitions se rapportent aussi bien au marché grand public que entreprises, au matériel que logiciel, et touchent l’ensemble de notre écosystème. Mon travail est d’imaginer les bons produits de demain ainsi que les modèles de rupture." Microsoft Research compte environ 1 000 scientifiques, ingénieurs et chercheurs répartis sur 12 labos de recherche, dont un labo commun avec l’Inria, à Saclay, en France.

Ridha Loukil

 
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