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Impression 3D : HP veut devenir un industriel et plus seulement un fournisseur de machines

Entretien HP opère un changement de stratégie majeur dans l'impression 3D. En plus de vendre des imprimantes, il entend aussi désormais fournir des pièces directement. Il s'appuiera pour ce faire sur ses partenaires existants afin de fédérer l'écosystème. En parallèle, ce spécialiste de l'impression à jet d'encre compte mettre ses compétences en microfluidique au service de la santé, notamment pour rapidement diagnostiquer des pathologies.
mis à jour le 26 avril 2021 à 15H00
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Impression 3D : HP veut devenir un industriel et plus seulement un fournisseur de machines
Impression 3D : HP veut devenir un industriel et plus seulement un fournisseur de machines © HP

Les usages progressent en matière d'impression 3D, mais le prototypage reste largement majoritaire comparé à la production à grande échelle. Pour structurer la filière et démontrer les bénéfices de cette technologie par l'exemple, HP opère un changement de stratégie majeur. En plus de fabriquer et vendre des imprimantes, il a décidé de "devenir un industriel", explique Arnaud Lépinois, PDG de HP France, à L'Usine Digitale.

Un nouveau business model
Concrètement, il s'agit d'une extension du modèle économique de HP pour l'impression 3D, car il va désormais vendre des pièces finies. "Nous ne créerons pas d'usines en propre, car on ne s’improvise pas industriel du jour au lendemain, précise Arnaud Lépinois. Nous nous appuierons sur les partenaires dont nous sommes proches par géographie."

HP ne compte pas non plus arrêter de fournir des imprimantes 3D et les services associés dans l'immédiat, mais il veut créer un écosystème autour de ses technologies. Cela implique notamment le développement de nouvelles applications et de nouveaux matériaux. L'entreprise peut compter sur sa force de frappe commerciale et logistique pour convaincre, et a d'ores et déjà des accords en gestation. "Des annonces auront lieu au second semestre", confie le PDG.

Quatre marchés verticaux
"Nous nous concentrons sur quatre marchés verticaux, expose Arnaud Lépinois. Le premier est la santé, avec notamment les orthèses. Nous allons continuer à y investir massivement." L'impression 3D est une révolution pour la fabrication de ces dispositifs médicaux car elle permet de les personnaliser pour offrir plus de confort aux patients. HP est aussi présent sur d'autres projets innovants, comme les lunettes pour enfants dyslexiques d'Atol et de la start-up Abeye.

Le second marché sur lequel se concentre l'entreprise est celui des outils de production, qui reste le cœur de son activité d'impression 3D. Le troisième est la mobilité, et notamment le secteur automobile. HP y poursuit ses partenariats, par exemple celui annoncé le 15 mars avec Solize au Japon pour la production à la demande de pièces de remplacement pour certains véhicules Nissan. Cela inclut notamment une pièce du harnais de la R32 Nissan Skyline GT-R. Enfin, le quatrième marché est celui des biens de consommation courante.

Parmi les projets en cours, le PDG cite l'exemple du packaging. "Pour réduire les plastiques à usage unique de nos emballages, nous utilisons de la cellulose. Les moules nécessaires pour en produire sont complexes à fabriquer, mais avec l'impression 3D il peuvent être produits rapidement et localement." Début avril, l'institut de recherche québecois Innofibre a validé les avantages de ce système et plusieurs partenaires locaux étudient son utilisation pour créer de nouveaux emballages.

mettre ses compétences en microfluidique au service de la santé
L'impression 3D n'est pas la seule technologie concernée par cette évolution du business model. "Nous allons également mettre à profit nos compétences en microfluidique pour avoir un impact dans la santé", révèle Arnaud Lépinois. Il est vrai que la technologie d'impression par jet d'encre est techniquement très complexe, et HP y a acquis au fil des ans une compétence qu'il estime applicable au domaine médical.

"L'un des enjeux sera le diagnostic de pathologies. Pouvoir rapidement prélever un échantillon, l'analyser, puis transmettre l'information. Nous avons lancé un grand nombre de travaux sur nos brevets et nos compétences en injection, nous y investissons énormément. Et c'est également un vertical pour lequel nous serons un acteur intégré dans l'écosystème." Les champs d'application pourraient concerner entre autres les maladies respiratoires et le diabète. Le dirigeant promet des annonces avant l'été.

Un tournant stratégique qui va transformer l'entreprise
Evidemment, HP n'abandonne pas ses activités traditionnelles (la fabrication d'équipements et la fourniture de services informatiques), mais cette accélération sur ces nouveaux marchés, et avec ces nouveaux modèles économiques, représente un changement stratégique majeur. "Cela va transformer l'avenir de l'entreprise au cours des dix prochaines années," résume Arnaud Lépinois.

Et pas question cette fois-ci d'une scission, comme ce fut le cas pour HP Inc et HPE. Questionné par L'Usine Digitale sur cette éventualité, le dirigeant répond : "Je ne pense pas, car c’est une question de valeur. Nous avons doublé la valeur de l’action en cinq ans après la scission avec HPE. Et nous nous transformons aussi sur les core business avec les modèles par abonnement, as a service, etcetera. Nous nous adaptons tout simplement à la façon dont les gens consomment leurs équipements."

HP garde un œil en parallèle vers le futur de l'informatique, notamment en investissant dans le domaine de la réalité virtuelle et augmentée. Même si cela reste limité pour le moment, car l'écosystème n'est pas encore tout à fait là, HP y croît et s'est imposé comme un acteur à suivre avec son casque Reverb G2, qui a notamment été testé par les équipes de Dassault Systèmes.

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