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Intelligence artificielle : Paris a la plus grande concentration de talents en Europe, dixit Facebook

La division Fair de Facebook, qui mène des projets de recherche sur l'intelligence artificielle, va ouvrir son premier centre hors des Etats-Unis à Paris. L'équipe, aujourd'hui composée de six personnes, devrait grandir pour atteindre 15 permanents fin 2015.

mis à jour le 03 juin 2015 à 18H05
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Intelligence artificielle : Paris a la plus grande concentration de talents en Europe, dixit Facebook
Mike Shroepfer, le CTO de Facebook, à Paris le 2 juin 2015. © Sylvain Arnulf - L'Usine Digitale

A l'intérieur de Facebook, on les appelle les "Fairies" (les "fées" en français). Non pas parce qu'ils sont des personnages légendaires mais parce qu'ils font partie de la division "Fair" du géant américain. "Fair", pour "Facebook artificial intelligence research", un programme de recherche spécialisé dans l'intelligence artificielle (IA) créé il y a dix-huit mois par un français, Yann le Cun.

Ces fées opéraient jusqu'ici depuis le quartier général de Facebook à Menlo Park (Californie) et New York. Le réseau social a annoncé ce 2 juin la création d'une troisième cellule Fair hors des Etats-Unis, pour la première fois. Et c'est à Paris que ce labo sera implanté.

Paris préféré à Londres

Pourquoi Paris plutôt qu'un autre hub européen comme Londres ? Pour Mike Schroepfer, le CTO de Facebook, la ville "a la plus grande concentration de talents de toute l"Europe." Le n°4 de Facebook cite aussi "la possibilité de collaborer avec une communauté de recherche très dynamique." L'Inria sera d'ailleurs l'un de ses premiers partenaires : Facebook mènera (et financera) des projets collaboratifs avec l'organisme public.

Le fait que l'homme qui a lancé le programme de recherche sur l'IA de Facebook soit un Français a sans doute pesé dans l'arbitrage. Mais "c'est un choix de raison, pas de passion, tient à préciser Yann le Cun. Il est vrai que j'ai eu des collaborations récentes avec des chercheurs français et que je connais bien le monde de la recherche en France. Cela aide. Mais c'est une décision entièrement objective. En matière de talents, cela se joue entre Paris et Londres en Europe, Zurich est troisième. Il y a aussi beaucoup de gens de valeur en Allemagne mais le pays manque d'un pôle central. La différence entre Paris et Londres tient en un facteur : il n'y a pas d'autre laboratoire de recherche de haut niveau établi à Paris, tandis que plusieurs de nos concurrents, comme Google et Microsoft, sont bien implantés à Londres. Donc il y a davantage de talents disponibles en France."

Le laboratoire Fair parisien a officieusement démarré ses activités au mois de mars, au sein même des locaux de Facebook, boulevard Wagram. Les chercheurs y côtoient les équipes commerciales et marketing de Facebook France. Tout ce petit monde devrait rapidement se sentir à l'étroit, puisque l'équipe de Fair Paris devrait atteindre une quinzaine de membres permanents – chercheurs et ingénieurs – d'ici la fin de l'année. Facebook France recherche d'ores et déjà de nouveaux locaux plus vastes et fonctionnels.

apprendre à lire les images et comprendre leur contexte

Les équipes de Fair Paris ne se cantonneront pas à un sujet précis mais mèneront des projets de recherche fondamentale, à plus ou moins long terme, sur une grande variété de thèmes en lien avec l'intelligence artificielle. Par exemple la vision par ordinateur, "l'un des domaines d'excellence de la France" selon les mots de Yann le Cun, une technologie clé de la reconnaissance d'images. L'objectif ultime de Facebook est de permettre à ses ordinateurs de comprendre finement tout ce que publient ses utilisateurs pour mieux leur délivrer le contenu quils attendent. Des travaux de Fair ont déjà alimenté des fonctionnalités activées sur le réseau social : par exemple, chacune des 2 milliards de photos chargées sur Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger chaque jour sont automatiquement étiquetées, en fonction de leur contenu.

"C'est ce qui nous permet de filtrer les spams, ou les images violentes", explique Yann Le Cun. A terme, cette même technologie pourrait être capable d'extraire encore plus d'informations (la scène se déroule-t-elle à l'intérieur ou à l'extérieur ? quel type de sport est pratiqué sur les images ?). Facebook veut permettre aux ordinateurs d'apprendre à identifier des objets, éléments, scènes, de la même façon que le ferait un humain. Un projet à 5-10 ans sur lequel plancheront les équipes de Fair dans le monde. Une dream team de la recherche en intelligence artificielle qui devrait atteindre une centaine de membres dans les prochaines années.

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