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Keyrus séduit le groupe de nutrition animale CCPA pour valoriser les données d'élevage

Étude de cas Le groupe français CCPA, spécialiste de la nutrition animale, a choisi l'entreprise Keyrus pour valoriser les données issues des fermes connectées via des tableaux de bord à des fins d'analyse et de prévision. L'objectif est de proposer à ses clients – des industriels de l'alimentation animale qui traitent directement avec les éleveurs – de nouveaux services digitaux. Nicolas Amet, responsable des systèmes d'informations au sein du groupe CCPA, revient sur ce partenariat pour L'Usine Digitale. 
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Keyrus séduit le groupe de nutrition animale CCPA pour valoriser les données d'élevage
Keyrus séduit le groupe de nutrition animale CCPA pour valoriser les données d'élevage © Groupe CCPA

Le groupe CCPA, dont le siège social est situé à Janzé en Bretagne, travaille depuis 2018 sur la digitalisation des élevages via un comité pluridisciplinaire créé à cet effet. Les objectifs sont multiples : surveiller l'état de santé des animaux, avoir le meilleur rendement possible, anticiper les effets de la météo…

Pour stocker, traiter et valoriser les données récoltées dans les fermes par des capteurs connectés, le groupe a choisi Keyrus, une société française de conseil technologique spécialisée dans les domaines du cloud et de l'informatique décisionnelle.

Proposer l'alimentation la plus adaptée
Le groupe CCPA, qui a un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros, ne traite pas directement avec les éleveurs mais commercialise des biens et des services auprès des industriels de l'alimentation animale qui eux vendent leurs produits aux éleveurs.

En pratique, l'entreprise propose ce que l'on appelle des "prémélanges" ou "prémixes", c'est-à-dire des mélanges d'additifs incorporés dans les aliments lors du processus de fabrication destinés aux animaux d'élevage. Ils peuvent servir à gérer le stress thermique, lutter contre les mycotoxines (des toxines produites par des champignons), limiter l'usage des antibiotiques… Ces produits se commercialisent sous les marques suivantes : Axion, Vivactiv', ProActiv', Créa, Thermo et Méga.

Une douzaine de partenaires en software et hardware
Pour passer le cap de la digitalisation, la société s'est entourée d'une douzaine de partenaires en hardware et software, dont Keyrus fait partie, pour proposer une "offre de services digitaux qui nous permet de mieux accompagner nos clients, les fabricants d'aliments, et de promouvoir notre expertise et nos produits", détaille Nicolas Amet, responsable des systèmes d'information et du comité digital au sein du groupe, à L'Usine Digitale.

En pratique, ces sous-traitants fournissent différents capteurs IoT aux éleveurs pour récupérer des données liées aux bâtiments d'élevage (température, hygrométrie, taux de dioxyde de carbone, taux d’ammoniac, luminosité…), des données météorologiques, des données de production (production quotidienne d’une vache laitière, prise de poids des animaux) et de consommation (aliments, eau) et les résultats d’analyse de laboratoire (taux de gras et de protéine du lait, pourcentage de masse grasse/maigre des porcs).

300 élevages sont connectés
Aujourd'hui, 300 fermes situées dans le monde entier sont connectées grâce à cette offre dont le business model est un peu particulier. "Si un éleveur de porcs souhaite connaître l'évolution du poids de ses cochons, il se tournera vers son fournisseur d'aliment qui contactera à son tour CCPA pour mettre en œuvre ce service", explique le membre du comité digital. Le groupe ne commercialise donc pas directement son offre auprès des éleveurs. Les conditions d'accès à ces services sont définies dans "un contrat de collaboration", ajoute Nicolas Amet.

Le groupe CCPA a fait appel à Keyrus sur l'aspect "data". L'infrastructure cloud mise en place repose sur trois briques technologiques. L'extraction, la transformation et le chargement des données passent par Talend Cloud, le stockage structuré des données issues des capteurs se fait par la solution Snowflake et la visualisation et l'analyse est opérée via Microsoft Power BI.

Des données valorisées dans des tableaux de bord
Dans les faits, grâce aux technologies proposées par Keyrus, les données issues des différents capteurs sont stockées et restituées via des tableaux de bord destinés aux industriels de l'alimentation qui pourront ensuite se tourner vers CCPA pour adapter la formulation des aliments en fonction des informations disponibles et ainsi accompagner au mieux les éleveurs. Nicolas Amet précise que "les éleveurs ont accès à ces outils et aux données de leurs élevages mais par l’intermédiaire de nos clients", les fournisseurs d'aliments.

Les données récoltées servent également à développer des applications sous marque CCPA. Parmi ces outils, on trouve par exemple l'application mobile "ThermoTool" qui permet aux éleveurs de volailles, porcs et ruminants d'évaluer le niveau de stress thermique de leurs animaux, d'anticiper les pics de chaleur jusqu'à cinq jours et d'intervenir rapidement en adaptant leurs pratiques et la nutrition. Elle permet donc de "démontrer in farmo l'efficacité de nos solutions sur les performances", souligne Nicolas Amet.
 


Le groupe CCPA, en tant qu'éditeur de logiciel, est également à l'origine de CréaScan LV. Ce logiciel d'aide à la décision permet d'optimiser l'efficacité alimentaire en élevage laitier. Accessible sur smartphone, tablette et ordinateur, il détecte les écarts de performance, anomalies nutritionnelles et repère les leviers de progrès.

 

 


Lancer un portail d'API
Keyrus et CCPA vont continuer de collaborer car cette nouvelle offre digitale "n'est pas encore complètement industrialisée", indique Nicolas Amet. Cette année va être consacrée au maintien opérationnel de la plateforme pour "s'assurer que tout cela fonctionne" et à la mise en place d'un portail d'API. Celui-ci va permettre aux clients de développer leurs propres analyses.

"Il y a d'autres étapes, mais nous n'avons pas de cahier des charges préétabli. Avec Keyrus, nous avons posé les fondations mais surtout nous avons instauré une dynamique de co-construction où chacun apporte ses compétences et son expertise à un projet commun", conclut Nicolas Amet.

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