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L'Algérie entre (enfin) dans la course au numérique

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La chute du prix du baril de pétrole contraint l'Algérie à rechercher d'autres vecteurs de développement. Le numérique est l'un d'eux. Mais elle part de très loin.

L'Algérie entre (enfin) dans la course au numérique
Hakim Cherfaoui, responsable de la commission TIC du Forum des Chefs d'Entreprise (FCE) d'Algérie et directeur général de Divona Algérie © JC Barla

"Nous ne sommes pas en retard, nous sommes en décalage de phase", a déclaré sans rire Hakim Cherfaoui, responsable de la commission TIC du Forum des Chefs d'Entreprise (FCE) d'Algérie et directeur général de Divona Algérie, opérateur de télécommunications par satellite. Il répondait à un participant qui affirmait que "le pays avait raté son virage numérique" lors d'un débat organisé dans le cadre de la Semaine Economique de la Méditerranée à Marseille, le 3 novembre 2016. Son thème : "L'Algérie, terre d'innovation dans le numérique".

Un affichage osé, compte tenu des chiffres évoqués tout au long des échanges : dans ce pays de 40 millions d'habitants, 15% d'entreprises seulement seraient connectées à internet, 8% disposeraient d'un site et 2% d'un catalogue de produits en ligne, selon des données de 2014. Si 42 millions de lignes mobiles y sont actives, le taux de pénétration internet dans les foyers plafonnerait à 20%, le e-commerce se réduirait à moins de 200 sites marchands. Malgré tout, pour le président de FCE International et de la Chambre Algérienne de Commerce et d'Industrie (CACI) France, Kaci Ait Yalla, "L'Algérie peut devenir le hub numérique de l'Afrique".

 

Nouveaux câbles de fibres optiques

Impacté par la chute des prix des hydrocarbures, le pays veut diversifier son économie. Le ministère de la Poste et des Technologies de l'Information et de la Communication a confirmé le lancement dès cet automne 2016 de projets de liaisons sous-marines en fibre optique entre Oran et Valence (Espagne) et Alger et Valence pour un total estimé de 36 millions d'euros. L'infrastructure complètera les câbles existants entre Alger et Palma de Majorque (80 Go) et Annaba et Marseille (425 Go). Le paiement électronique a été mis en place récemment. Les modalités d'accueil d'investissements étrangers vont être assouplies. Une partie de la diaspora algérienne serait prête à s'impliquer. 30 000 étudiants sortent chaque année diplômés en informatique. Mais, selon Hakim Cherfaoui, "l'écosystème n'existe pas, la chaîne de valeur reste à créer".


Namik Barchiche, président de NDC Pro France, représentant de HP et Microsoft, souligne ainsi que le faible développement de la grande distribution en Algérie demeure un frein à la diffusion des équipements informatiques. "Le marché est demandeur, des tests se déroulent dans des boutiques sur Alger, sans savoir encore ce que ça va donner" dit-il. Kheira Boulhila, responsable Communications, Média et Technologies d'Accenture France, suggère, elle, de procéder par petits pas pour initier "un cercle vertueux" : "Il faudrait a minima que les entreprises se dotent d'un site web avec quelques informations pour leurs clients et qu'elles le fassent vivre pour qu'il ne tombe pas dans l'oubli. Il manque aussi des facilités pour investir, lever des fonds rapidement".

 

"Smart Datacenters" mais bas coûts

L'un des facteurs d'accélération pourrait résider dans l'accueil de datacenters. "Les atouts énergétiques du pays permettraient de réaliser des datacenters pour 50 à 60% de leur coût moyen actuel, assure Hakim Cherfaoui. Dans ce domaine, l'Algérie peut devenir un acteur inclusif sur la verticale Nord-Sud. La crise du pétrole a entraîné une prise de conscience. Mais il faudrait trouver les bonnes alliances, susciter la création de fonds d'investissement, croiser des participations avec des fonds étrangers... Partout, le développement s'est appuyé sur de tels mécanismes".
 

Pour Kaci Ait Yalla, ces "smart datacenters" pourront bénéficier de l'expansion du marché sur l'Afrique. Stéphane Soto, directeur d'Aix-Marseille French Tech, valide la perspective : "Diminuer l'empreinte écologique de la donnée est un axe majeur. Un pays en retard numérique peut faire un bond technologique". A l'Algérie de mettre les moyens pour convaincre...

 
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