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"L’économie du partage est un concept formidable tant qu’elle ne détruit pas l’économie traditionnelle", affirme Christophe Masson

Co-fondateur, avec Natasa Bogovac, de la plate-forme de financement participatif CowFunding, Christophe Masson est un pionnier du crowdfunding dans le Nord-Pas-de-Calais. Partenaire de la Chambre de commerce et de l'industrie de la région, CowFunding finance les projets innovants. L'entrepreneur revient pour L'Usine Digitale sur son action pour redynamiser le tissu industriel du nord de la France.

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L’économie du partage est un concept formidable tant qu’elle ne détruit pas l’économie traditionnelle, affirme Christophe Masson
"L’économie du partage est un concept formidable tant qu’elle ne détruit pas l’économie traditionnelle", affirme Christophe Masson © Wassinia Zirar

L’Usine Digitale – CowFunding est la seule plate-forme de crowdfunding partenaire de la "Troisième révolution industrielle"une feuille de route engageant la région Nord-Pas-de-Calais vers la transition énergétique. Comment s’est nouée cette collaboration ?

Christophe Masson – Tout est parti d’un tweet de Claude Lenglet, directeur du projet "Troisième révolution industrielle". Il avait relayé sur Twitter un projet de panneaux solaires dans une école aux Etats-Unis, financé sur Indiegogo. Je lui ai répondu que CowFunding soutenait également des projets liés aux énergies renouvelables. Nous nous sommes rencontrés et nous avons échangé sur nos axes d’action et de réflexion. Deux mois plus tard, CowFunding était retenue face à KissKissBankBank (un autre site de crowdfunding français, ndlr).

Pourquoi avez-vous été préféré à KissKissBankBank ?

Notre projet leur convenait sans doute mieux, mais c’est également lié au fait que nous sommes des acteurs régionaux : nous sommes la seule plate-forme de crowdfunding implantée au nord de Paris.

Comment fonctionne ce partenariat ?

Nous sommes partenaire depuis septembre 2013. Nos axes de travail communs reposent sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l’économie sociale et solidaire. La priorité étant de rebooster l’économie locale, la Chambre de commerce et de l'industrie de la région sélectionne en amont les projets les plus intéressants, puis nous rencontrons les porteurs pour discuter avec eux. Je ne leur demande pas leur business plan, je leur dit "racontez-moi votre parcours et votre projet."

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans le crowdfuding ?

Le crowdfunding permet à des gens qui n’ont pas beaucoup de moyens de se lancer. Aujourd’hui, 80% des personnes que je croise ont des idées de projets mais faute de fonds, seules 5% d’entre elles se lancent. Plus largement, le crowfunding offre un droit à la deuxième chance que ne donnent pas les banques.

A quelle branche du financement participatif appartient CowFunding ?

Nous avons opté pour le système, classique, du “don contre don”.  Il permet de faire un don en échange d'une contrepartie non financière, qui prend la forme d'un produit ou d'un service, différent selon le montant versé.

Quel est le business model de CowFunding ?

Nous prélevons une commission sur la transaction. Elle dépend du mode de financement choisi par le porteur de projet.

Quels sont ces modes de financement ?

Il y en a deux : le "tout ou rien" et le "au mérite". Pour le premier, CowFunding prélève 5% des sommes levées sur les collectes réussies, et uniquement celles-ci. Avec ce système, seul un projet qui a atteint ses objectifs peut recevoir les fonds. Nous ne prélevons aucun frais si l'opération échoue. Il s’agit d’inciter les porteurs à présenter des projets réalisables.

Pour le mode "au mérite", CowFunding prélève 9% des sommes récoltées si l’objectif initial n’est pas atteint et 5% si l’objectif est atteint. Les porteurs reçoivent les fonds collectés quoiqu’il advienne.

Comment voyez-vous l’avenir de l’économie du partage ?

L’économie du partage est un concept formidable, tant qu’elle ne détruit pas l’économie traditionnelle. Si tout le monde loue la perceuse de son voisin quand il en a besoin au lieu d’en acheter une, cela finira par poser d’autres problèmes. Il y a des entreprises qui vont mettre la clé sous la porte. Notre but c’est de créer de l’emploi, pas d’en détruire. C’est un nouveau business. Mais comme pour les nouvelles technologies, il doit trouver ses limites.

A quoi pensez-vous lorsque vous parlez des nouvelles technologies ?

Aux Google Glass par exemple. L’idée est géniale mais on ne peut pas s’empêcher de s’interroger sur la place du droit à l’image.

Quel est le dernier projet de CowFunding ?

Nous venons d’investir dans un caméscope HD et nous projetons de lancer notre WebTV, pour aller à la rencontre des porteurs de projets qui ont abouti. Ils pourront nous raconter la campagne de financement et la naissance de leur projet. Notre positionnement géographique (les locaux de CowFunding sont basés à Lille, ndlr), nous a également fait revoir notre site Internet : il dispose désormais d’une version en anglais et nous travaillons sur une traduction en néerlandais.

Propos recueillis par Wassinia Zirar

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