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"L’Education nationale doit se bouger et vite sur l'enseignement numérique", déclare Viviane Chaine-Ribeiro

Le président de la République a proposé lors de sa conférence de presse du 5 janvier 2015 de créer en France "une grande école du numérique." Cette annonce, absente du discours distribué à la presse, était une découverte y compris pour les professionnels du secteur. Au-delà de cette initiative qui manque encore de concret, Viviane Chaine-Ribeiro, présidente de la Fédération Syntec nous explique en quoi sur le fond la formation au numérique est vitale.
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L’Education nationale doit se bouger et vite sur l'enseignement numérique, déclare Viviane Chaine-Ribeiro
"L’Education nationale doit se bouger et vite sur l'enseignement numérique", déclare Viviane Chaine-Ribeiro © Stéphanie Jayet - L'Usine Nouvelle

L'Usine Nouvelle - Que pensez-vous de l’idée lancée par le président de créer une "grande école du numérique" ?

Viviane Chaine-Ribeiro - Nous n’en connaissons pas les contours mais il est vital de former au numérique. Nous avons un vrai problème de disponibilité de compétences. Car il y a d’une part la transformation digitale de toutes les entreprises et d’autre part les besoins des acteurs du numérique et de l’écosystème des start-up. Nous sommes la seule branche à présenter une création nette d’emplois mais nous n’avons pas assez d’experts. Cela va être un frein pour le développement de nos entreprises. Nous avons un potentiel de croissance, des points de PIB à gagner et d’un autre côté des populations à sortir du chômage.

Peut-on repositionner des chômeurs sur le numérique ?

Oui, nous avons déjà fait des expériences positives dans certains bassins d’emplois entre le Syntec et Pôle emploi. En allant chercher des chômeurs, les formant et en les faisant passer par des filières d’alternance, de professionnalisation. Nous sommes maintenant en discussion avec le ministère du Travail pour définir un plan d’action. Nous ciblons les jeunes décrocheurs, les chômeurs les plus âgés, les diplômés qui sont sur des voies sans perspectives... Ce que nous expérimentons, nous devons le mettre en œuvre partout. Le ministère travaille sur des process qui créeront une dynamique sur tous les territoires. La fédération du Syntec numérique a par ailleurs travaillé sur des propositions pour un plan de formation plus large.

En matière de formation, quel type d’école faut-il ?

Il y a d’abord la question de la formation initiale. Les équipes pédagogiques du ministère de l’Education nationale doivent absolument se saisir du numérique comme matière d’enseignement. Aujourd’hui rue de Grenelle, il y a des gens qui réfléchissent et décident quoi apprendre et comment l’apprendre dans des matières comme les mathématiques, le français, cela n’existe pas pour le numérique. On a créé une option ISN (informatique et sciences du numérique), proposée désormais par 1500 lycées sur 3500, c’est très bien. Mais l'enseignement se fait sur la base du volontariat et les professeurs ne savent pas ce qu’ils doivent enseigner. L’Education nationale doit se bouger et vite pour que cet enseignement numérique soit bien pris en charge de la maternelle au lycée.

Ces actions porteront leur fruit à long terme, mais à court terme, pour les adultes, y-a-t-il une offre de formation satisfaisante ?

En matière d’offre, il y a ce qu’il faut. Ensuite il faut faire deux choses : qualifier ceux dont les métiers disparaissent ou qui sont au chômage et maintenir les compétences de ceux qui sont en poste car les bac+4 et les Bac + 5 ont aussi besoin de continuer à se former. Dans les deux cas, il  faut mettre l’accent sur des cycles diplômant, des formations certifiées. C’est notre travail à la fédération Syntec d’expliquer aux entreprises du secteur comment s’orienter dans la réforme de la formation. Les branches professionnelles doivent s’engager.

Propos recueillis par Anne-Sophie Bellaiche

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