L'émergence des bots : le début de la fin des applis (telles qu'on les connait)

Encore discrets jusqu'à récemment, les bots sont désormais sous les feux de la rampe.

Ces petits programmes capables de réaliser des tâches automatisées ont tout pour se substituer aux applis actuelles et représentent le nouvel Eldorado des géants du web.

Normal, celui qui présentera le meilleur écosystème de ces bots à tout faire a toutes les chances d'écraser les autres. Et Facebook est bien parti…

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L'émergence des bots : le début de la fin des applis (telles qu'on les connait)

"Bots". Ce sera l'un des mots de 2016. Utilisé jusqu'alors par une élite de spécialiste, il a récemment fait son entrée sur le devant de la scène. Nous l'avons vu fin mars au Build 2016, le show annuel de Microsoft, et de nouveau ces 12 et 13 avril au F8, la grand-messe de Facebook.

Ces robots informatiques sont ces logiciels dotés d'intelligence capable de s'interfacer avec une ou plusieurs applications, afin d'ajouter une fonctionnalité à un service. Ils peuvent être très simples : par exemple c'est un bot qui propose d'ajouter un rendez-vous dans notre agenda lorsqu'il identifie une date dans un sms. Mais avec la démocratisation de l'intelligence artificielle et les progrès réalisés par les assistants personnels (Siri, Cortana, Google Now, Alexa et le futur Messenger), les bots seront bientôt capables de réaliser le moindre de nos désirs.

Notre dossier : Intelligence artificielle, réelle menace ou technophobie ?

Écrire notre besoin dans une interface de type messagerie ou l'exprimer à voix haute face à notre téléphone ou un objet connecté tel l'Echo d'Amazon, suffira à lancer le bot ou l'armée de bots capables de le satisfaire. Plus besoin donc d'ouvrir une appli pour trouver son chemin, une autre pour réserver un billet de train, une autre pour consulter ses comptes, une autre pour connaître l'état de charge de sa voiture électrique et encore une autre pour savoir combien de pas on a fait dans la journée.

A-t-on encore besoin d'un smartphone ?

Bien sûr ces bots auront encore besoin par exemple de Google Maps, Captain Train, Boursorama, Tesla et Withings pour pouvoir réaliser ces tâches, mais ils iront directement chercher les réponses à l'intérieur, ce qui rendra ces applis transparentes pour l'utilisateur final. Ils pourront même aller plus loin et apprendre de vos habitudes (allumer la télé car le match commence) ou aller chercher sur internet un cadeau adapté à l'un de vos contacts dont c'est l'anniversaire et lui faire livrer de votre part.

Une révolution telle qu'elle pose (à très long terme), la question sur l'utilité des smartphones. Si nous n'interagissons plus directement avec les applis et qu'il suffit d'énoncer ses besoins à haute voix pour que les bots les satisfassent, un tout petit objet suffit : montre, badge, bijou… et les impressionnants progrès des systèmes de reconnaissance vocale (une faute tous les quatre mots en 2013, une faute tous les 20 mots en 2015 selon la Consumer technology association), laissent peu de doutes sur le fait que le langage naturel sera l'interface entre les hommes et ces bots demain.

La concentration du pouvoir

Comme Steve Jobs a changé la donne et dominé le monde des smartphones en ouvrant l'AppStore à tout développeur (avant d'être rattrapé par Android et Samsung), tous les géants du numérique veulent aujourd'hui proposer le plus de fonctionnalités possibles grâce à ces bots. En lançant, le 30 mars dernier son Microsoft Framework Bot, Microsoft espère qu'un maximum de codeurs et d'entreprises vont développer un maximum de bots donnants accès à leurs services. Avec le même objectif, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook présenté ce 12 avril le Bot Engine, une API pour que tous puissent proposer des bots à intégrer dans Messenger.

Voilà qui va venir pimenter l'âpre bataille que se livre les géants Apple, Google, Microsoft, Facebook et Amazon. Tous veulent proposer le plus de services possibles et l'interface la plus simple pour emporter l'adhésion d'un maximum d'utilisateurs. Amazon est l'outsider de ce combat en ayant choisi de s'immiscer dans notre quotidien par la smart home plutôt que par le smartphone. Apple et Google ont pour atout d'avoir placé respectivement Siri et Google Now dans quasiment toutes les poches du monde à travers leurs OS mobiles iOS et Android. Microsoft réplique en rendant accessible son assistant personnel Cortana non seulement nativement sur les Windows Phone mais aussi sur les app stores de ses concurrents. Mais qui le téléchargera ? En embuscade, Facebook est sans doute finalement le mieux placé. En forçant ses utilisateurs à télécharger l'appli dédiées Messenger en avril 2014, il avait certes vu des boucliers se lever... Aujourd'hui, 900 millions de personnes l'utilisent quotidiennement !

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