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L'Europe ne manque pas de start-up, elle ne sait juste pas faire grandir les meilleures

Étude Le cabinet EY vient de publier une étude sur les licornes dans le monde, ces start-up valoriées plus d'un milliard de dollars dont le nombre a très rapidement progressé. Elle révèle que pour grandir vite, ces entreprises ont besoin d'un terreau fertile. Autrement dit, pour avoir des licornes un jour, il faut chouchouter les bébés licornes. Le cabinet expose les politiques à mener pour y parvenir.

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L'Europe ne manque pas de start-up, elle ne sait juste pas faire grandir les meilleures
Les licornes n'apparaissent pas par génération spontanée. Il faut savoir les identifier tôt et les aider à grandir. © dr

Mais que s'est-il passé pour que le nombre de licornes croisse si vite ? Dans une étude qu'il vient de réaliser, le cabinet EY montre qu'en 2011 seulement 9 entreprises étaient valorisées plus d'un milliard de dollars et que ce nombre est passé à 176 en septembre 2016. Fait remarquable, note EY, des licornes émergent dans tous les secteurs, aussi bien le hardware que les médias, la santé que le commerce. En revanche, tous les territoires ne sont pas pareillement concernés. 101 des licornes recensées sont nées et ont grandi aux Etats-Unis, quand la Chine en compte 34, l'Inde 7, le Royaume-Uni 6, Israël 2 et la France une seule.


La politique d'argent facile décidée par les banques centrales a assurément eu un rôle dans leur émérgence. Mais au-delà du symbole de leur valorisation supérieure à un milliard de dollars - qui pourrait bien signaler une bulle venue des fonds d'investissement - il n'en reste pas moins des entreprises qui émergent avec des business model innovants, des clients et des salariés.

 

On ne naît pas licorne, on le devient

C'est en s'intéressant aux firmes qui pourraient devenir des licornes que l'étude d'EY est la plus intéressante, celles que le cabinet appelle les future power companies ou FPC et qu'il définit comme des "entreprises à croissance rapide ayant au moins huit ans et obtenu des financements d'au moins 15 millions d'euros."

 

Ceux qui espéraient voir là une occasion de bouleverser le classement géographique vont être déçus. Les Etats-Unis (qui comptent le plus de licornes) sont aussi le pays qui comptent le plus de ces FPC. Les unes comme les autres s'y mulitplient à un rythme élevé et le pays qui a vu naitre les GAFA a engendré 7,9 fois plus de FPC que l'Europe et 6,9 fois plus de licornes. Tout laisse donc à penser donc qu'il existe des écosystèmes favorables à l'émergence d'entreprises à croissance rapide, dont certaines deviendront des licornes. Pour le dire autrement : pour pouvoir espérer voir apparaitre des licornes, il faut proposer un terreau capable de favoriser de nombreuses entreprises en croissance rapide, porteuses d'un impact social de transformation.

 

Agir pour multiplier les aspirants licornes

Ce constat fait, que peut faire l'Europe, qui ne compte que peu de licornes sur son territoire ? Pour EY, l'enjeu n'est pas "de soutenir la création d'entreprises. On peut estimer que l'Europe crée trop de start-up et pas assez de FPC". Le problème de l'Europe est de créer un biotope dans lequel certaines jeunes pousses pourront grandir vite et fort.

 

Pour cela, trois types de conditions doivent être réunies. Pour pouvoir "industrialiser" la création de FPC, EY recommande la création d'un marché unifié, de poposer des régulations plus adaptées mais aussi de créer des réseaux internationaux d'entrepreneurs. La seconde série de mesures doit accélérer les performances des dites FPC. Pour cela, un investissement dans le capital humain doit être rapidement consenti. Le rapport d'EY insiste aussi sur la nécesité d'investir dans de meilleures relations entre les grands groupes et les start-up. Si de tels rapprochements ont déjà lieu en Europe, les auteurs de l'étude considèrent qu'il est urgent qu'elles se multiplient et s'améliorent qualitativement.

 

Enfin, pour que les FPC puissent se développer, il faut que l'ensemble de la société accepte la culture entrepreneuriale, c'est-à-dire la prise de risque, mais aussi l'idée qu'il peut y avoir des destructions à court terme qui seront largement plus que compensées par des créations ensuite. Ce dernier chantier, finalement très politique, exige que la confiance dans l'avenir soit restaurée parmi les citoyens européens qui sont quelque peu cabrés sur l'idée que demain sera pire qu'aujourd'hui.

 

Lire "Au delà des licornes l'industrialisation de la rupture" par Jean François Royer, Franck Sebag et Sylvain Bureau

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Olivier Rivière
22/10/2016 12h37 - Olivier Rivière

Enfin quelque chose d'intelligent sur les start-ups, loin des incantations creuses: l'Europe crée trop de start-ups et pas assez de FPC. Déjà en 2007, lors de la conférence VC de Red Herring, des vétérans du Venture Capital et des créateurs de start-up ayant explosé rapidement (en taille), comme par exemple Skype, notaient l'environnement infiniment plus favorable aux USA comparé à l' l'Europe. L'attitude des grands groupes envers les PME (une start-up en croissance est une PME) comme frein au développement de celles-ci est déjà mise en évidence dans le Rapport Gallois sur la compétitivité de la France.

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