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L'Industrie du futur d'Emmanuel Macron ne se fera pas sans investissements logiciels

Edito Ce lundi 18 mai le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a présenté ses neuf solutions pour relancer l’industrie en France. Si le numérique est partout dans ces grands plans nationaux, l’outil de suramortissement fiscal ciblé sur les investissements productifs mis en avant par le ministre oriente les financements vers l’achat de machines. Mais la robotisation n’est pas la digitalisation... comme il le dit lui-même.

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"Nous avons raté la robotisation, notre devoir est de réussir la digitalisation", a insisté le ministre de l’Economie Emmanuel Macron dans un entretien à L’Usine Nouvelle pour commenter le lancement de ses "neuf solutions", réorganisation des 34 plans de la Nouvelle France Industrielle de son prédécesseur Arnaud Montebourg.

Le numérique au-delà des trois plans dédiés

Si le Big Data, les objets connectés et la confiance deviennent ainsi officiellement les trois priorités digitales de la France, le numérique est omniprésent dans toutes les autres priorités affichées. "Il y a notamment la solution 'ville durable' qui permettra de mettre autour de la table des acteurs français qui vendent des réseaux intelligents, du traitement de l’eau, de la rénovation thermique des bâtiments…", indique le ministre. Et pas de réseaux intelligents sans numérique.

"Sur la mobilité de demain […] nous allons travailler sur trois technologies qui sont complémentaires : le 2 litres aux 100, l’électrique et le véhicule autonome", reprend Emmanuel Macron. Et pas de véhicule autonome sans numérique.

Et c’est sans parler de la solution "Médecine du futur", dont la santé numérique est l’axe principal - avec les biotechnologies et les dispositifs médicaux - et dont l'objectif est la télésurveillance de 50 000 malades chroniques dès 2017.

D’ailleurs "la matrice de ces neuf solutions c’est ‘l'Industrie du futur’, explique Emmanuel Macron. Ce projet est piloté par une alliance d’industriels, qui va nous permettre de mailler tout le territoire. Cette alliance va chercher les PME et ETI chez elles, pour robotiser, digitaliser, revoir les organisations, les aider aussi à inventer, grâce à ces nouvelles technologies, de nouveaux business model."

Eviter l'uberisation

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : éviter à nos entreprises de se faire "disrupter". Eviter qu’un simili Uber, un néo Airbnb ou un pseudo Amazon ne viennent infliger à nos industriels ce que ces trois-là ont déjà fait subir aux chauffeurs de taxi, aux hôtels et à la distribution.

Mais qu’ont-ils en commun tous ces nouveaux géants mondiaux ? Leur force s’appuie sur de l’intelligence logicielle. Leur puissance réside dans leur capacité à traiter pertinemment de la data récupérée au plus près des consommateurs. Et à s'adapter très vite, à l'instar de Tesla qui garde le contact avec ses clients à travers des mises à jour logicielles.

"La première clé, pour réussir, c’est l’investissement", explique enfin Emmanuel Macron, avant de vanter les mérites du "suramortissement fiscal ciblé sur les investissements productifs qui a été intégré dans la loi pour l’activité et la croissance [qui] permet d’amortir ces investissements à hauteur de 140% s’ils sont décidés avant avril 2016."

Mais acheter de nouvelles machines ne suffira pas à empêcher l'ubérisation de nos entreprises. C’est dans le numérique et non dans les robots que doit se chercher le salut. "Or le logiciel réclame des fonds lourds. Dès qu’on a besoin de 10 ou 20 millions d’euros, on a du mal à trouver des financement en France", regrettait Jamel Labed président de l’Afdel (Association française des éditeurs de logiciel et solutions internet) à la sortie du classement des 100 premiers éditeurs français.

C’est avec des mesures poussant les entreprises à investir dans l’intelligence logicielle et à travailler main dans la main avec les start-up, qui développent des solutions numériques à travers des partenariats gagnant-gagnant, que la France pourra réussir sa digitalisation... et non une robotisation avec des années de retard.

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