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L'Inria de Lille installe des troupes dans Euratechnologies pour apprendre à entreprendre

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Le centre de recherche Inria expérimente à Lille sa nouvelle plate-forme dédiée aux transferts de ses technologies vers les entreprises. Baptisée InriaTech, celle-ci est intégrée dans les locaux du pôle Euratechnologies et permettra à Inria Lille de stimuler ses activités de R&D et de création de start-up.

L'Inria de Lille installe des troupes dans Euratechnologies pour apprendre à entreprendre
L'Inria de Lille installe des troupes dans Euratechnologies pour apprendre à entreprendre © Velvet - Wikimedia commons

C'est sur un plateau de start-up d'Euratechnologies, la maison-mère de la French Tech de Lille, que le centre de recherche Inria a décidé de tester InriaTech, sa première plateforme dédiée aux transferts de technologies et de compétences vers les entreprises. Une manière de valoriser sa recherche par la création d'emplois en entreprise.

Le centre Inria Lille s'est proposé d'expérimenter ce nouveau dispositif, en partenariat avec les collectivités locales (conseil régional du Nord-Pas-de-Calais et la métropole européenne de Lille) et avec le soutien du Fonds européen de développement économique régional (FEDER). InriaTech permettrait de "dynamiser les activités de R&D d'Inria Lille et d'augmenter 'la bande passante' entre la R&D publique et privée", explique David Simplot-Ryl, directeur du centre Inria Lille - Nord Europe.

Création de la présidence Lille is French Tech
Une nouvelle gouvernance de Lille is French Tech a été mise en place le 22 avril. Celle-ci est entièrement pilotée par des entreprises. A sa présidence, Mongi Zidi, l’un des fondateurs de la société Archimed spécialisée dans la conception et l’intégration de logiciels, sera accompagné de ses vice-président(e)s Stéphan Derville (VIA-ID) à l’international, Frédérique Grigolato (Clic & Walk) à la communication, Hélène Lejeune (Enaco) aux talents, Alban Schmutz (OVH) à l’innovation, Martin Toulemonde (Sparking Partners) à l’accélération, et Laurent Vitoux (Orange) aux relations avec les grands groupes.

Accélérer la création d'emploi en entreprise

Pour réaliser un contrat de R&D avec une entreprise, le centre Inria Lille a la plupart du temps besoin de recruter un ingénieur. Ce qui allonge de manière significative la concrétisation de celui-ci : 2 mois de négociation avec la société, 3 mois de recrutement de l'ingénieur et 2 mois pour sa formation aux technologies de Inria Lille. C'est sur ces deux derniers points que InriaTech va jouer son rôle "d'accélérateur", le temps de négociation avec l'entreprise ne pouvant être réduit. Au lieu de recruter selon les besoins, l'idée est de disposer d'ingénieurs formés qui pourront être rapidement placés sur des contrats avec les entreprises de la région.

Quatre ingénieurs et un chargé d'affaire ont été recrutés début avril. "Nous espérons que, d'ici cet été, au moins 3 des 4 premiers ingénieurs travailleront sur des contrats de R&D en entreprise", confie le directeur. Quatre autres ingénieurs rejoindront InriaTech en octobre 2015, suivi de deux autres en 2016. A terme, Inria Lille espère accueillir 20 à 30 personnes sur sa plateforme. "Nous avons un besoin énorme d'ingénieurs spécialisés en Big Data car la demande est forte", commente le directeur Inria Lille. Cette demande l'est également en Cloud Computing, en Internet des objets et en robotique. "On dit toujours que le coeur d'activité du Nord-Pas-de-Calais est le ferroviaire. Mais ce secteur comprend 17 000 emplois alors que le numérique 30 000 ! L'objectif de la French Tech est de passer à 60000 emplois dans le numérique en 5 ans."

Objectif : 1 start-up par an en 2016-2017

Cet objectif de création d'emploi dans le numérique passe également, dans le cadre de l'initiative InriaTech, par le développement de nouvelles start-ups. "En 10 ans, 4 start-ups issues des équipes-projets Inria Lille ont été créées, confie David Simplot-Ryl. L'objectif en 2016-2017 serait de passer à 1 start-up par an". Et c'est en immergeant ses ingénieurs dans le mouvement de la French Tech, sur le pôle Euratechnologies, que le directeur Inria espère atteindre cet objectif. Les membres de InriaTech participeront aux différents événements organisés par le pôle d'activités, recevront des formations à l'entreprenariat et seront au contact d'entrepreneurs qui ont déjà développé leur start-up. Toutes les conditions seront réunies pour que ces ingénieurs soient amenés à concevoir et développer - en parallèle de leur première mission - leur propre projet de création de start-up.

Le coût global de l'initiative s'élève à environ un million d'euros par an, comprenant des coûts déjà pris en charge par Inria Lille tels que la location du bâtiment, la formation réalisée par les employés et l'équipe de transferts d'innovation. Le directeur espère que la plateforme s'autofinancera courant 2016, à hauteur d'environ une centaine de milliers d'euros par an. "Nous avons souhaité apporter une dimension régionale à la French Tech avec différents pôles numériques : la Serre Numérique de Anzin (près de Valenciennes), le Louvre Lens Vallée et l'incubateur ouvert par SNCF Développement à Calais", précise David Simplot-Ryl. Et pourquoi pas un autre pôle en Picardie ? Pour le moment, la question commence tout juste à se poser mais devrait être discutée dans le cadre de la fusion des régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais janvier 2016.

Séverine Fontaine

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