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"L’ISF actuel est un mauvais impôt mais sa suppression n’est pas un enjeu pour le patronat", selon Stéphane Richard

Stéphane Richard, le PDG d’Orange revient dans L’Usine Nouvelle sur la question de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune). Il critique la dernière réforme qui en fait selon lui "une machine à faire fuir les gens" mais déconseille à Pierre Gattaz d’en faire son cheval de bataille alors que la droite ne l’a pas supprimé en son temps. 
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L’ISF actuel est un mauvais impôt mais sa suppression n’est pas un enjeu pour le patronat, selon Stéphane Richard
"L’ISF actuel est un mauvais impôt mais sa suppression n’est pas un enjeu pour le patronat", selon Stéphane Richard © Guillaume Paumier - Flickr - C.C

L’Usine Nouvelle - Pierre Gattaz, le nouveau président du Medef,  appelle à supprimer l’ISF, pensez-vous que le patronat doive monter au créneau sur ce sujet ?

Stéphane Richard - L’idée qu’on a atteint un palier en termes de prélèvements fiscaux en France est en train de faire consensus, le gouvernement l’a dit. Je pense qu’il ne faut pas en rajouter là-dessus et il faut d’abord consolider la prise de conscience qu’on est à la limite. Ce n’est pas du côté de la hausse des prélèvements qu’on peut aller chercher des recettes pour l’avenir malgré les quelques plaisantins qui veulent encore augmenter les impôts. Le discours du ministre des Finances est, lui, parfait. Après il y a le symbole de l’ISF. La droite ne l’a pas supprimé en 2007 alors qu’elle aurait pu le faire. Je ne pense pas que la gauche va le faire aujourd’hui. Cela m’étonnerait en tous cas. Et personnellement je ne conseillerais donc pas d’en faire un enjeu.

Est-ce un mauvais impôt ?

Je pense que c’est un mauvais impôt qui génère plus d’effets pervers que d’effets positifs. Si on pouvait ne pas l’avoir ce serait mieux. Quitte à le compenser par un autre prélèvement. Le problème réside surtout dans les conditions actuelles de l’ISF, notamment son taux. C’est très compliqué d’avoir un taux à 1,8 % sur la détention du capital quand vous avez un rendement des actifs plus bas. Concrètement cela veut dire que vous condamnez des gens qui ne vivent que du rendement de leur capital à s’exiler. Car vous payez deux fois : sur les revenus du capital et sur la détention  du capital, c’est absurde. Je pense que l’ISF au taux où on l’a remis est une machine à faire fuir les gens. Ce n’est dans l’intérêt de personne.

La précédente réforme était donc la bonne ?

L’ISF revu était effectivement meilleur. On avait maintenu le principe, mais on avait réduit les taux de manière à ce que cela soit supportable par rapport au rendement des actifs. Cela me paraissait la moins mauvaise des solutions. Au-delà, ce que je juge négativement c’est l’incertitude, l’instabilité fiscale à chaque loi de finances. Dans une économie, il y a des investisseurs à 10, 15 ans à qui on ne peut pas expliquer tous les 6 mois qu’on va changer tel taux, réintroduire telle taxe. C’est une maladie terrible. Le secteur des télécoms a bien donné de ce point de vue là. Et encore récemment avec un projet de taxe sur les objets connectés qui semble par chance avoir un peu de plomb dans l’aile.

Propos recueillis par Anne-Sophie Bellaiche, Anne Debray et Emmanuelle Delsol

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Un français qui vit en Suisse à cause de Hollande
09/09/2013 15h44 - Un français qui vit en Suisse à cause de Hollande

IL vaudrait mieux qu’il n’y ai pas d’ISF du tout en France, cela inciterait les riches français et certaines élites (créateur d’entreprises, gérant, chirurgien, artistes, sportifs,…) à rester en France et à ne pas aller en Suisse ou à Londres. Cela éviterait que des immeubles, des patrimoines français soient vendus à des sociétés étrangères ! Il faut que la France devienne un paradis fiscal ! Même si le gouvernement n’aime pas les riches, il ferait mieux de réfléchir au fait qu’il vaut mieux être pauvre dans un pays riche que pauvre dans un pays pauvre ! Rien que ce que récupérait la France sous la forme de TVA liée à l’argent et que dépenseraient les riches en France, cela compenserait largement la perte de l’ISF ! la France doit couper l’herbe sous le pied de la Suisse, du Luxembourg et de la Belgique !!!!

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