Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

L'Union européenne va lancer une enquête antitrust sur Libra, la cryptomonnaie de Facebook

Prévue pour 2020, Libra, la cryptomonnaie de Facebook, va faire l’objet d’une enquête des autorités européennes de la concurrence. Une difficulté de plus pour ce projet déjà critiqué par de nombreux acteurs institutionnels et privés du secteur bancaire.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

L'Union européenne va lancer une enquête antitrust sur Libra, la cryptomonnaie de Facebook
L'Union européenne va lancer une enquête antitrust sur Libra, la cryptomonnaie de Facebook

L'Union européenne souhaite enquêter sur Libra, la cryptomonnaie de Facebook, afin de déterminer si elle ne contrevient pas aux règles anticoncurrentielles en vigueur en Europe. L'information a été révélée le 20 août 2019 par Bloomberg. Plus précisément, l'UE craint que les échanges entre les membres de la Libra Association - une trentaine d’opérateurs, organismes de paiement et de géants de la tech - ne portent atteinte aux marchés respectifs de ces différents acteurs en les dotant d'un fort avantage concurrentiel.

 

Bloomberg ne donne pas plus de détail sur le calendrier de l’enquête, mais en profite pour rappeler que le projet de monnaie numérique est loin de faire l’unanimité, tant du côté des acteurs bancaires traditionnels que des institutions gouvernementales. Parallèlement à cette révélation, le journal suisse NZZ am Sonntag révélait le même jour qu’une délégation de six députés américains était actuellement à Genève, siège de Libra, pour y rencontrer le Commissaire fédéral à la protection des données et à l’information, Adrian Lobsiger. 

 

Un projet critiqué même aux Etats-Unis

Depuis l’annonce du lancement de Libra le 18 juin dernier, nombreux sont les experts du secteur à avoir critiqué Libra, tant sur le plan fonctionnel qu’organisationnel. L'un des reproches récurrents fait au réseau social porte sur les contours mal définis du projet. Un parti-pris qui ne permet pas aux différentes autorités de se préparer véritablement à l'arrivée de Libra.

 

Ainsi, aux Etats-Unis, Maxine Waters (représentante fédérale siégeant au House Financial Services Committee) a demandé à Facebook de suspendre le projet tant que le régulateur ne l’avait pas examiné. De son côté, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, soulignait début juillet que Libra soulevait "de nombreuses préoccupations sérieuses concernant la vie privée, le blanchiment d'argent, la protection des consommateurs et la stabilité financière". Une vision également partagée par Steven Mnuchin, secrétaire du Trésor des Etats-Unis.

 

David Marcus ne dissipe pas les doutes

Le président Donald Trump a pour sa part mis en doute la fiabilité de la cryptomonnaie. Fait rare ces derniers temps, il est sur la même longueur d'onde que ses opposants politiques : les députés démocrates ont déposé un projet de loi visant à empêcher les entreprises technologiques de proposer des services bancaires et financiers. Auditionné à plusieurs reprises par le congrès, David Marcus, ex-PayPal et patron de Libra, n’a pour le moment pas réussi à dissiper les doutes.

 

Libra suscite également les critiques en Europe. Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, a estimé le que "les conditions [n’étaient] pas réunies pour un lancement". Les ministres des Finances du G7 ont demandé à la Banque Centrale européenne de constituer un groupe de travail sur les cryptomonnaies. Au-delà des différents doutes exprimés par les uns et les autres, les craintes sont également liées au potentiel d'une cryptomonnaie made in Facebook. Avec ses 2,4 milliards d'utilisateurs dans le monde, l'entreprise pourrait sérieusement bousculer les marchés financiers et monétaires en créant un réseau financier parallèle.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media