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La cyberguerre Etats-Unis Chine impacte de plus en plus d'entreprises américaines

Les Etats-Unis et la Chine s'accusent mutuellement de cyberespionnage. Pour se venger de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA), qui aurait laissé traîner ses grandes oreilles dans les entreprises chinoises, le gouvernement de l'Empire du Milieu a banni certains services "made in USA" de son territoire. Ces décisions pourraient avoir un impact commercial lourd sur les groupes américains concernés.
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La cyberguerre Etats-Unis Chine impacte de plus en plus d'entreprises américaines
La cyberguerre Etats-Unis Chine impacte de plus en plus d'entreprises américaines © Tor Hakon - Flickr - C.C.

La Chine et les Etats-Unis se livrent un combat sans merci, s'accusant mutuellement de cyberespionnage. Depuis qu'Edward Snowden a révélé en 2013 l'existence du vaste programme de surveillance orchestré par l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA), les deux Etats multiplient les attaques. Cinq officiers de l'armée chinoise ont été inculpés aux USA, a annoncé le 19 mai le département américain de la justice. Ils sont accusés d'avoir piraté les systèmes informatiques de six entreprises américaines, travaillant dans le secteur de l'énergie et de la métallurgie.

Dans un rapport de l’Académie chinoise du cyberespace, rendu public le 26 mai, la Chine riposte : "La surveillance américaine a pour cible le gouvernement et les dirigeants chinois, les sociétés chinoises, les instituts de recherche scientifique", détaille le document. Ses auteurs assurent que Huawei et Tencent, deux grosses entreprises de nouvelles technologies locales, aurait été espionnées par la NSA.

Les banques chinoises invitées à se débarasser de leurs serveurs IBM

Les groupes américains sont d'ores et déjà impactés par cette cyberguerre : les autorités chinoises auraient demandé dans un rapport à leurs banques de remplacer leurs serveurs, fournis en grande majorité par l'américain IBM, par du matériel produit par des firmes locales. L'information, révélée par l'agence Bloomberg le 28 mai, n'est pas encore officielle. Le gouvernement chinois aurait aussi demandé à ses entreprises publiques de couper leurs liens avec les cabinets de conseil implantés aux Etats-Unis, a révélé le 25 mai le Financial Times.

Dans un éditorial publié le 26 mai, le China Youth Daily affirme que l'équipementier Cisco, qui a aidé la Chine à construire une bonne partie de son infrastructure Internet, aurait installé des outils de surveillance dans son matériel. Des portes dérobées qui permettraient à la NSA d'accéder plus facilement aux informations sensibles stockées par les groupes de l'Empire du Milieu sur le net. Le quotidien demande à ce que l'ensemble des équipements installés par Cisco soient contrôlés et que le pays crée un organisme d'inspection des équipements réseau, en particulier pour les produits importés.

Intérêts économique

Les autorités chinoises ont aussi annoncé à la fin du mois de mai que le système d'exploitation Windows 8 ne serait pas utilisé sur les ordinateurs gouvernementaux, mettant en cause des problèmes de sécurité. Microsoft s'est dit "surpris" par cette nouvelle, qui a probablement un rapport avec la guerre larvée que se mène les deux Etats.

Retrouvez ici notre dossier : tous espionnés, le scandale PRISM et ses retombées

Mais si ce conflit a poussé la Chine à prendre ces décisions, les intérêts économiques y sont aussi pour quelque chose : les entreprises chinoises vont être les premières bénéficiaires de la disgrâce de leurs comparses américaines. Comme le souligne le site spécialisé dans les technologies de l'information Silicon, les éditeurs chinois de logiciels d'exploitation pourraient par exemple profiter de la mise à l'écart de Microsoft.

En particulier ceux qui construisent leur programme avec le système d'exploitation libre Linux. "Le caractère open source de cette offre permet en effet de l’adapter aux spécificités du pays, mais également d’opérer des audits approfondis afin d’écarter tout risque de présence de porte dérobée au sein du code", détaille le site.

Lélia de Matharel

 

 

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