Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La France des quartiers numériques

Une quinzaine de quartiers numériques vont être labellisés par le gouvernement dans les grandes métropoles françaises. La plupart existent déjà et accueillent les entreprises, de la start-up à l’ETI. Détours dans cette France du digital qui gagne.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La France des quartiers numériques
La France des quartiers numériques

Tous les arbitrages politiques ne sont pas rendus ! Mais la quinzaine de quartiers numériques prévus dans la feuille de route du gouvernement ne devrait pas s’appeler… quartiers numériques. Le cabinet de Fleur Pellerin, la ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie numérique, travaille en ce moment même avec les promoteurs de ces clusters sur une marque, probablement en anglais, qui se substituera à celle de quartier numérique. Pourquoi changer, et surtout pour un nom en anglais ? "Parce que l’une des deux principales ambitions de ce label est de donner une visibilité internationale aux écosystèmes numériques français" plaide la ministre Fleur Pellerin.

Le rapport de préfiguration de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) sur ces écosystèmes, remis au gouvernement le 29 juillet, privilégiait la notion de quartier numérique. Mais la dimension métropolitaine semble mieux adaptée aux réalités du terrain. C’est le cas à Toulouse, Marseille, Nantes et Paris. Dans la capitale, les deux tiers du territoire constitue un vaste écosystème numérique. La création d’un incubateur géant dans la Halle Freyssinet d’ici à 2016, grâce au financement de Xavier Niel, dotera la capitale d’un nouveau lieu emblématique et lui donnera un argument de poids dans la guerre de communication qui l’oppose à Londres, sa principale rivale européenne, qui ne cesse de faire la promotion de sa Tech City.

Retrouvez les champions français du numérique des 20 autres régions dans notre dossier spécial

"On a retenu l’idée d’une labellisation des métropoles numériques, avec une marque ombrelle qui permettrait de partir collectivement à l’étranger, mais avec de belles histoires d’entreprises à raconter", précise la ministre. L’idée de label défendue par la Caisse des dépôts devrait donc être retenue, mais avec des critères d’obtention un peu moins stricts. Plusieurs quartiers numériques sont d’ores et déjà en cours de réalisation dans d’anciennes enceintes industrielles réhabilitées, à Bordeaux, Nantes et Strasbourg, ou sortent de terre comme à Nice, Rouen et Strasbourg. D’autres existent, comme en témoigne la réussite d’EuraTechnologies à Lille, logée dans l’ancienne usine textile Leblan-Lafont.

Huit critères de sélection

Pour définir le label quartier numérique, la CDC avait préconisé huit critères : un quartier délimité et accessible ; une offre immobilière d’entreprises ; des réseaux ultra haut débit fixes et mobiles ; un écosystème d’acteurs, avec au moins un "tech champion" (plus de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont une part significative à l’exportation, au moins 25 employés) ; un fab lab ; la mise en réseau avec les autres quartiers ; un guichet d’aide aux PME ; et une gouvernance locale. La CDC a également recommandé une série d’actions, comme la reconnaissance de Paris comme vitrine internationale ou le déploiement d’un dispositif fiscal attractif pour amplifier l’investissement des business angels.

Le projet de loi de finances 2014 fournit déjà des indications sur le plan gouvernemental qui devrait être dévoilé d’ici à la fin de l’année. Le texte budgétaire parle d’un label obtenu au terme d’un ou plusieurs appels à projets, d’aires urbaines comptant au moins un espace consacré aux acteurs du numérique, de bâtiments emblématiques, de programmes d’accompagnement et d’espaces d’expérimentations. Il évoque également des actions spécifiques, portées majoritairement par l’initiative privée, de soutien à la croissance des entreprises numériques. La Banque publique d’investissement sera mobilisée pour accompagner leur croissance. Les projets les plus avancés – Bordeaux, Lille, Lyon, Nantes, Toulouse – pourraient être les premiers labellisés.

Le gouvernement a prévu un financement de 215 millions d’euros, dont 15 millions pour le déploiement de fab labs. "Ce dont les entreprises innovantes ont le plus besoin, ce n’est pas forcément d’aides publiques, mais d’accompagnement, de conseil et surtout de remplir leur carnet de commandes", assure Benoît Thieulin, le président du Conseil national du numérique (CNNum) et le directeur de l’agence La Netscouade. En labellisant ces écosystèmes, il s’agit surtout de mettre en avant les entreprises à fort potentiel, ces fameux tech champions d’aujourd’hui et de demain. On a beaucoup parlé, par exemple, du toulousain Sigfox (applications bas débit dédiées au machine-to-machine et à l’internet des objets). Notre tour de France confirme la richesse de nos terroirs numériques !

Aurélie Barbaux

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale