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La NSA se prépare aux ordinateurs quantiques et vous conseille d'en faire autant

Le calcul quantique inquiète la NSA, l'agence de surveillance électronique des Etats-Unis. Elle considère que les algorithmes de chiffrement, même les plus récents, ne pourront pas résister à ces ordinateurs d'un nouveau genre. Elle vient d'annoncer qu'elle travaille au développement de nouvelles normes pour les contrer, et recommande aux entreprises de réserver leurs investissements à cette prochaine génération d'algorithmes.
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La NSA se prépare aux ordinateurs quantiques et vous conseille d'en faire autant
La NSA se prépare aux ordinateurs quantiques et vous conseille d'en faire autant

L'agence de renseignement électronique des Etats-Unis, la National Security Agency (NSA), s'intéresse aux ordinateurs quantiques depuis près de 20 ans. Et pas uniquement comme outils pour casser les techniques de chiffrement actuelles. Elle a annoncé le 19 août qu'elle travaille avec plusieurs partenaires (publics, privés et des organismes en charge des normes) pour développer de nouveaux algorithmes qui formeront la base de sa prochaine suite d'outils cryptographiques, qu'elle veut prête à résister aux calculateurs quantiques.

 

OUBLIER LA CRYPTOGRAPHIE SUR COURBES ELLIPTIQUES (ECC)

 

Les ordinateurs quantiques, encore expérimentaux, utilisent des qubits (quantum bits) au lieu des traditionnels bits. Là où un bit peut n'avoir qu'une valeur absolue de 0 ou 1, le qubit consiste en une superposition de ces deux états de base. Cette variabilité des états fait qu'un calculateur quantique peut en théorie résoudre certains problèmes beaucoup plus rapidement qu'un calculateur traditionnel.

 

A l'heure actuelle, la division IAD (Information Assurance Directorate) de la NSA utilise une série d'algorithmes baptisée Suite B pour protéger ses documents et communications. Ces quatre algorithmes définis par le National Institute of Standards and Technology (NIST) sont utilisés notamment pour le cryptage de fichiers ou l'identification par signature électronique. Ils ont été créés en 2005 et sont largement utilisés à travers le monde.

 

Mais la NSA explique que ces algorithmes, basés sur la cryptographie sur courbes elliptiques (ECC), ne sont pas les solutions cryptographiques à long terme qu'elle a un temps espéré. L'ECC s'appuie sur des calculs mathématiques extrêmement complexes, hors de portée des calculateurs traditionnels, mais l'agence considère que la rapidité des progrès dans le développement des calculateurs quantiques représente pour elle un danger. L'ECC utilise en effet des clés de chiffrement de plus petite taille que celles d'autres techniques à la sécurité équivalente. Une caractéristique avantageuse, mais qui la rend ironiquement plus vulnérable aux attaques utilisant des ordinateurs quantiques.

 

Concentrer les investissements sur le futur

 

D'ici à ce que ces nouveaux algorithmes soient développés, la NSA recommande aux entreprises et organismes gouvernementaux n'ayant pas encore effectué la transition vers la cryptographie sur courbes elliptiques de ne pas trop investir dans ces technologies et de se préparer à la place à la transition vers les algorithmes pensés pour résister un tant soit peu aux ordinateurs quantiques.

 

Cependant, au vu des pratiques de l'agence, et notamment de la pression qu'elle a exercée par le passé auprès d'organisations comme le NIST ou RSA pour inclure des failles dans certaines normes de sécurité afin qu'elle puisse les exploiter, il n'est pas sûr que son implication dans ce projet soit très rassurant pour la communauté globale.

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