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La position dominante de Google en Europe pourrait lui coûter jusqu'à 6 milliards d'euros

Après cinq ans d'enquête, la Commission européenne vient de publier ses griefs contre Google, dans le cadre de la procédure pour "abus de position dominante" contre le géant américain. Celui-ci risque une forte amende.
mis à jour le 15 avril 2015 à 14H15
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La position dominante de Google en Europe pourrait lui coûter jusqu'à 6 milliards d'euros
La position dominante de Google en Europe pourrait lui coûter jusqu'à 6 milliards d'euros © Commission européenne

Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence depuis le 1er novembre, se démarque de son prédécesseur Joaquin Almunia. Alors que ce dernier avait opté pour la voie de la conciliation avec Google, étant même prêt à solder le conflit entre l'Europe et le géant américain, la nouvelle commissaire change de ton. Elle avait promis, avant sa prise de fonctions, qu'elle saurait être "aussi dure que le sont les entreprises." Elle le prouve ce 15 avril en publiant une liste de griefs contre Google, véritable acte d'accusation contre le géant américain qui pourrait se traduire au final par des sanctions très lourdes. Il risque une amende équivalente à 10% de son chiffre d'affaires mondial, soit 6 milliards d'euros !

"google shopping" mis en avant

Après avoir entendu les critiques de nombreux acteurs du numérique européens durant une enquête de cinq ans, le gendarme de la concurrence en Europe conclut que Google a bien abusé de sa position dominante sur les moteurs de recherche. Google a donné un "avantage systématique" à ses propres résultats (via le module Google shopping) lors de requêtes relatives au e-commerce, aux dépens de ses concurrents. "Je crains que l'entreprise n'ait donné un avantage à son propre moteur de comparaisons, en violation des règles anti-trust européennes, a commenté Margrethe Vestager ce 15 avril. "Google a maintenant la possibilité de convaincre la Commission du contraire. Si elle n'y parvient pas, et que l'enquête confirme nos soupçons, elle devra faire face aux conséquences légales de ses actions et changer sa façon d'opérer en Europe." La Commission juge que Google empêche les consommateurs d'accéder aux "réponses les plus pertinentes" à leurs requêtes dans le moteur de recherche en favorisant ses produits "maison".

audition de google à venir

Google a dix semaines pour préparer sa défense, avant que la Commission n'entende les arguments de l'américain. Il s'écoulera de nombreuses semaines avant que des sanctions, ou mesures correctives (comme une séparation de certains services de Google) soient décidées. L'hypothèse d'un règlement à l'amiable, qui passerait par de nouveaux engagements de Google, n'est pas à exclure.

La commission européenne ne s'arrête pas là, et ouvre une autre brêche : elle a décidé de lancer une enquête officielle sur l'abus de position dominante présumé de Google dans les mobiles (sur le système d'exploitation en lui-même, mais aussi sur les applications et services), par l'intermédiaire d'Android, et continue à enquêter sur d'autres aspects (la publicité en ligne, et la mise en avant d'autres services spécialisés de Google.

Google prêt à se défendre

Depuis plusieurs semaines, Google était bien conscient que l'étau se resserrait autour de lui, et préparait sa contre-offensive. Le géant américain n'a pas réagi officiellement, mais une note interne, publiée par le site reCode, témoigne de son état d'esprit et des "éléments de langage" qui seront adoptés par ses équipes. Le géant américain estime que la compétition est bien réelle dans les domaines sur lesquels il est épinglé, notamment le commerce en ligne, avec de puissants rivaux comme Amazon et eBay. D'ailleurs, insiste-t-il, la part de marché de Google Shopping est nettement inférieure à celle de ses concurrents en Europe.

Dans la recherche en ligne en général, Google estime également que la "concurrence ne se trouve qu'à un clic" et "progresse" et cite Yahoo, Bing, Quora et DuckDuckGo, les assistants vocaux comme Siri et Cortana et les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.

Google déploie un vaste argumentaire sur le mobile également, alors même qu'il n'a pas officiellement été accusé : il considère qu'Android, outil "open source", a contribué à "faire baisser les prix", rapporte "7 milliards de dollars de revenus à des acteurs-tiers chaque année" et rend disponible au grand public des applications rivales aux siennes.

Sylvain Arnulf

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