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La révolution des FinTech n’en est qu’à ses débuts !

Triplement des investissements dans les start-up en 2014, valorisations record... malgré les contraintes réglementaires, la fintech a le vent en poupe. Et met les bouchées doubles, explique Ismail Ahmed, co-fondateur de WorldRemit.

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La révolution des FinTech n’en est qu’à ses débuts !
La révolution des FinTech n’en est qu’à ses débuts ! © D.R.

Airbnb pour l’hébergement, Uber pour les véhicules avec chauffeur ou encore Amazon pour les achats… Il semble y avoir aujourd’hui une application pour tout, que ce soit pour louer un chien pour une soirée, confier son pressing, apprendre seul l’arabe ou s’initier au parachutisme.

 

Après avoir longtemps semblé à la traîne, le secteur de la finance s'est met et met les bouchées doubles. Les investissements dans les "FinTech", ces start-up spécialisées dans les technologies dédiées aux services financiers, ont triplé en 2014 pour atteindre 12,21 milliards de dollars, selon Accenture, ce qui indique clairement l’incursion du digital dans ce secteur.

 

triplement des investissements en 2014

Les services financiers ont atteint le stade de maturation requis pour s’adapter à ces bouleversements, à l’inverse des grandes institutions qui ont toujours renâclé à embrasser les évolutions technologiques. Ces dernières sont toutefois confrontées aujourd’hui à la baisse de confiance du public, notamment celle de la cible très convoitée des jeunes actifs, nés autour de l’an 2000, qui recherchent des services bancaires aussi pratiques à utiliser que les applications digitales modernes qu’ils utilisent au quotidien.

 

Les acteurs des services financiers sont par ailleurs freinés par les lourdes contraintes réglementaires auxquelles ils sont soumis de par leur activité. Ces obligations concernent également les start-up, mais ces dernières sont plus agiles grâce à leur petite taille, ce qui leur permet de s’organiser plus facilement à l’aide des technologies de pointe que les grands groupes utilisateurs de systèmes informatiques d’ancienne génération incapables de communiquer entre eux.

 

C’est pour cela que des petits nouveaux aux dents longues s’attaquent au pré carré d’acteurs de longue date dans de nombreux domaines, du trading haute fréquence au prêt entre particuliers en passant par les terminaux de caisse innovants et les services bancaires courants.

 

WorldPay valorisé 4,8 milliards de livres

La récente entrée en Bourse de WorldPay, valorisé 4,8 milliards de livres, fut la plus grosse opération de ce genre au Royaume-Uni de ces deux dernières années, d’autant plus que cet acteur avait au préalable refusé une offre d’achat d’un montant de 890 millions de livres. Il existerait aujourd’hui environ 36 autres sociétés "membres du club des licornes", ces jeunes FinTech au très fort potentiel.

 

Londres héberge l’une des plus grosses success stories d’Europe avec le cas de la start-up Funding Circle, valorisée 1 milliard de dollars. Elle n’est d’ailleurs pas la seule, puisque les capital-risqueurs financent les espoirs de nombreux acteurs. Cet afflux de capitaux n’a pas déferlé uniquement à Londres et au cours de l’année écoulée. Dans le monde, près de 50 milliards de dollars ont été investis entre 2010 et 2015, dont près de 10 milliards de dollars en Europe, selon William Garrity Associate.

 

Il y a toutefois eu une rapide accélération des tours de table, puisque près de 25% des sommes totales enregistrées ont été investies au cours du dernier semestre. CB Insights indique ainsi qu’il y a aujourd’hui quatre fois plus de capital-risqueurs sur ce secteur qu’en 2010.

 

Klarna valorisé 2.5 milliards de dolalrs

La start-up iZettle, avec son petit lecteur de carte bancaire qui se branche sur un iPhone, révolutionne la façon dont les petits commerçants travaillent. Klarna, une jeune pousse suédoise qui fait partie du club des licornes – elle est valorisée 2,5 milliards de dollars – cible quant à elle en mode offensif le marché américain avec sa technologie de paiement en ligne.

 

Stripe, une plate-forme irlandaise de paiement en ligne qui a déménagé dans la Silicon Valley, est l’une des plus belles promesses du secteur des FinTech. Ses jeunes fondateurs sont assis sur une manne puisque l’entreprise est valorisée 5 milliards de dollars.

 

Leetchi racheté par Crédit mutuiel Arkea

La France se targue également de belles réussites, à l’instar de la plate-forme de financement communautaire KissKissBankBank qui a vu le jour avant Kickstarter, start-up dont le mode de fonctionnement est très proche. KissKissBankBank vient d’annoncer un partenariat inédit avec Seedrs et la banque néerlandaise ING : les  entrepreneurs vont pouvoir lever des fonds en financement participatif via l’une des deux plates-formes de crowdfunding, tout en prenant en complément un crédit bancaire classique.

 

Mangopay est une plate-forme de paiement florissante. Leetchi est devenue la première jeune FinTech française à faire l’objet d’une opération inédite : son rachat par le groupe Crédit mutuel Arkea en septembre l’a valorisée 50 millions d’euros, bien loin des 7 millions qu’elle avait levés en 2009. Leetchi permet aux internautes de collecter de l’argent dans le cadre d’un achat commun, pour faire un cadeau de mariage par exemple.

 

Les FinTech sont désormais prises très au sérieux, comme en atteste la création de l’association professionnelle France FinTech en juin dernier, sous la houlette de Alain Clot, ex-directeur de la stratégie du groupe Société Générale. Cette association rassemble 36 start-up, parmi lesquelles Ledger, le portefeuille électronique pour la monnaie virtuelle bitcoin, Lydia Solutions, éditeur d’une solution de paiement mobile sécurisé et Smart Angel, spécialiste du financement participatif dans des PME. France FinTech a reçu un très large soutien de la part du gouvernement et du monde de la finance.

 

Au vu des innombrables possibilités qu’elles offrent en termes d’innovation, nous n’en sommes qu’aux prémices de la révolution des FinTech.

 

Ismail Ahmed, co-fondateur de WorldRemit

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