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La Suisse, terre d'innovation sans barbare

Les start-up suisses innovent sans tambour ni trompette : contrairement aux "barbares" français, ces jeunes pousses soutiennent les entreprises et les secteurs existants, notamment grâce à des investissements publics qui reposent sur une stratégie claire, dictée par l’in­dustrie et ses besoins en R&D. C'est ce qui ressort de la dernière étude du think tank Renaissance Numérique que nous vous présentons en exclusivité.
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En France, les start-up du digital sont disruptives et provoquent des tempêtes dans les secteurs qu'elles viennent bouleverser. En comparaison, "la Suisse, semble afficher une sérénité prover­biale pour son entrée dans la société numé­rique. Cela s'explique par le pragmatisme économique qui régit l’innovation" dans le pays, analyse Renaissance Numérique dans une enquête à découvrir ci-dessous. Dans ce document intitulé "Suisse : l'innovation sans la disruption", le think tank décortique un système "business driven", où "les subventions sont distribuées aux start-up qui viennent enrichir les secteurs in­dustriels établis, plutôt que les remettre en question."

 

La preuve : "le financement participatif, qui vient concurrencer les banques, n'est que peu développé alors que le système bancaire est l'un des piliers de son économie", souligne Camille Vaziaga, déléguée générale de Renaissance Numérique. La Suisse est reléguée au 9e rang des pays du crowdfunding. Ce nouveau marché en croissance de 144% en moyenne en Europe en 2014, ne croît "que" de 100% en Suisse sur la même période. "Un retard qui incite les start-up, à l’instar de Seedstars, à lancer son fond d’investisse­ment participatif à Londres plutôt qu’à Genève", illustrent les auteurs de l'étude.

 

une feuille de route dictée par l’in­dustrie

 

Cette stratégie d'innovation tranquille est notamment mise en place par la Commission pour la technologie et l’innova­tion locale. Elle double l’investissement qu’une entreprise met dans une start-up, sélectionnée via un dossier de candidature, comme peut le faire Bpifrance. Son enveloppe est de 143 millions d’euros par an, contre plus de 12 milliards en 2014 pour son homologue française.

 

Ces investissements reposent sur une stratégie claire, suivant une feuille de route dictée par l’in­dustrie afin que les start-up délivrent des technologies répondant à des besoins définis (pharmacie, technologies de précision...). "Bien sûr, les acteurs extérieurs, comme les Gafa existent", nuance Camille Vaziaga, mais ce système tend tout de même à maintenir l'existant… avec le risque que ces entreprises, qui ne sont pas prises au collet par des barbares du numérique, innovent moins que leurs voisines et en payent un jour le prix ?

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

vincent
17/07/2015 16h15 - vincent

L'innovation sans la disruption... donc Ford aurait créé une super diligence plutot qu'une automobile... Votre titre dévoile aussi bien de l'incompréhension que de la peur, dommage.

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