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La triple transformation digitale de PTC

Cas d'école Les éditeurs de logiciels doivent, comme les autres, s'adapter aux changements induits par la transformation numérique. L'éditeur américain PTC le sait, et a entamé des changements profonds : refonte de ses logiciels pour l'internet des objets, passage au modèle SaaS, mais surtout mise en place d'une plate-forme et d'une communauté de développeurs pour l'aider à innover.
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La triple transformation digitale de PTC
La triple transformation digitale de PTC © PTC

L'américain PTC est un grand éditeur mondial de logiciels de conception 3D et de gestion du cycle de vie des produits (PLM). Basé à Boston, il a réalisé 1,25 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2015, et fournit ses logiciels à plus de 1,5 million d'utilisateurs au sein de 28 000 entreprises clientes. Mais l'entreprise sait qu'elle ne peut pas se reposer sur ses lauriers, consciente que l'Internet des objets est amené à changer la façon dont ses clients conçoivent leurs produits. Elle a entamé une triple transformation pour accompagner cette mutation.

 

Faire converger le physique et le numérique...

Car le constat est simple : il y a aujourd'hui une fracture entre les mondes physique et numérique. "Même si on gère le cycle de vie ou que l'on fait de l’ERP (planification de ressources) et du CRM (gestion de la relation client), le modèle numérique reste déconnecté de la réalité sur le terrain, explique Paul Grenet, récemment nommé Vice-président de PTC pour la zone EMEA. Et le produit physique génère aussi beaucoup plus de données que ce qu'on récupère actuellement."

 

PTC veut faire fusionner ces deux univers. Et cela passe par une réinvention de ses produits Creo (CAO) et Windchill (PLM), dont les prochaines versions (Windchill 11 sortira le 15 décembre, Creo 4 sortira mi-2016) sont pensées pour l'Internet des objets.

 

... grâce à une série d'acquisitions

PTC s'est lancé pour y parvenir dans une série de rachats stratégiques qui a commencé dès 2013 par l'acquisition de ThingWorx, une plate-forme de développement et déploiement rapide d'applications pour les objets connectés. Le suivant fut Adexa en 2014, un spécialiste de la connectivité des machines et capteurs dans le cloud. Puis ce fut en mai 2015 le tour de ColdLight, expert en big data, machine learning et analyse prédictive. Enfin, le 3 novembre dernier, PTC a racheté Vuforia et sa technologie de réalité augmentée à Qualcomm. Il développe ainsi quatre axes : connecter, analyser, créer et ressentir. Ceux-ci s'agrémentent d'un nouveau concept, le "digital twin", reproduction numérique ultra fidèle d'un produit physique.

 

Objectif SaaS...

Conséquence de ce repositionnement, PTC se transforme aussi dans son business model. Fini la vente classique de logiciels, l'heure est désormais au SaaS (Software-as-a-Service). "Jusqu'à présent nous vendions des licences perpétuelles, mais nous voulons être passé en majorité sur un modèle par abonnement d'ici à 2018," affirme Paul Grenet. Les indices de performance de l'entreprise changent également, avec un trou dans les revenus dont le pic devrait être en 2017. "C'est désormais la prise de commandes qui compte pour nous, et plus le revenu ou la marge à court terme." Sur l'année écoulée, 18% des commandes de PTC ont été des offres par abonnement.

 

...ET rêve de plate-forme

Mais PTC ne veut pas seulement passer du produit au service. Son objectif est de devenir une plate-forme. "Nous ne pourrons pas réussir en apportant seulement la solution finale, commente Paul Grenet. Au contraire, nous souhaitons que d'autres éditeurs développent des applications pour notre plate-forme. Il peut s'agir de SAP, d'opérateurs télécoms ou même de spécialiste de la gestion de l’eau comme Aquamatics. On doit vendre à tout le monde, même à nos concurrents."

 

PTC cite en exemple ses collaborations avec GE et Bosch dans deux cas d'usages très différents. GE possède une plate-forme cloud pour l'IoT, Predix, concurrente de celle de PTC. Mais sa vitesse de déploiement sur les 400 usines cibles était trop lente, et ThingWorx a permis de l'accélérer. De son côté, Bosch utilise le logiciel open source Vorto et s'est associé à PTC pour faire du smart tooling (ex. permettre à une perceuse de déterminer si elle est bien positionnée).

 

Se diviser pour mieux développer...

Ce nouveau positionnement en tant que plate-forme, difficilement conciliable avec son activité traditionnelle d'éditeur de logiciels professionnels, a conduit PTC à se scinder en deux entités : PTC Solutions Group et PTC Technology Platform. Il entend ainsi profiter de la communauté de développeurs qu'il a récupérée lors de l'acquisition de Vuforia. "Nous avons complètement changé notre approche pour continuer à faire croître cette communauté", explique Paul Grenet. Elle est un atout clé pour ses ambitions dans la réalité augmentée, ayant déjà contribué à créer plus de 20 000 applications. PTC cite également la participation de 374 universités à travers le monde, dont 11 des 15 meilleures écoles d'ingénieurs.

 

... via la communauté

Et là aussi, cette décision stratégique nécessite de s'adapter. Ces deux entités ont deux modèles économiques bien distincts, avec des performances mesurées de façon différentes. "Il ne faut pas appliquer de contraintes d'entreprise à la communauté des développeurs," affirme Paul Grenet.

 

La plate-forme technologique ne rapporte en elle-même pas d'argent, et ne pourrait subsister de manière isolée. Mais elle nourrit PTC Solutions Group, qui peut s'inspirer de ses innovations et s'appuyer sur ses technologies pour vendre des applications aux entreprises.

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