Lancement d'une nouvelle alliance européenne dans le cloud... ouverte aux sociétés étrangères

La Commission européenne lance un nouveau consortium dans le secteur du cloud. Cette alliance rassemble actuellement 38 entreprises de pays membres de l'Union européenne et une société norvégienne, parmi lesquelles OVHcloud, Clever Cloud, Scaleway, Airbus... Elles sont chargées de travailler ensemble pour renforcer "la position de l'UE sur les futures technologies" et de conseiller la Commission sur les normes et standards. Les entreprises non européennes peuvent candidater pour rejoindre l'organisation à condition de respecter certaines règles.

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Lancement d'une nouvelle alliance européenne dans le cloud... ouverte aux sociétés étrangères

L'European Alliance for Industrial Data, Edge and Cloud a été officiellement lancée par la Commission européenne le 15 décembre 2021. Les entreprises composant l'alliance seront chargées de définir "une feuille de route ambitieuse d'investissement pour développer et déployer des technologies de nouvelle génération", s'est réjouit le commissaire européen Thierry Breton.

Cette alliance s'inscrit dans la stratégie européenne pour les données, dont l'objectif est que l'Union européenne devienne "un modèle" et un "acteur majeur" d'une société dont "les moyens d'action sont renforcés par les données", explique la Commission européenne.

Fournir des recommandations, conseiller la Commission...
Dans les détails, la tâche principale de cette alliance est de "rassembler un large éventail d'acteurs industriels prêts à travailler ensemble pour renforcer la position de l'UE sur la prochaine génération de technologies cloud et 'edge computing". Elle est également chargée de fournir "des recommandations pour assurer l'intégration cohérente des investissements avec ceux prévus pour le déploiement d'espaces de données européens communs dans les domaines concernés" ainsi que de "conseiller la Commission sur les exigences et les normes applicables aux services de cloud, y compris pour les marchés publics".

L'alliance est actuellement composée de 39 membres : 38 entreprises de pays membres de l'Union européenne et une norvégienne (Jotne), parmi lesquelles Airbus, Atos, Clever Cloud, Dassault Aviation, Orange, OVHcloud, Scaleway ou encore Sopra Steria. Aucune entreprise non européenne n'est présente. La Commission a fixé un ensemble de règles et une charte des valeurs à respecter, dont le détail est disponible ici.

Ouverte aux sociétés étrangères respectant certains critères
L'alliance est ouverte à "toutes les entités publiques et privées ayant des activités pertinentes dans le domaine des technologies des processeurs et des semi-conducteurs, y compris les entreprises utilisatrices finales, les associations et les organisations de recherche et de technologie", a précisé la Commission européenne à L'Usine Digitale.

Concernant les entreprises étrangères, américaines ou chinoises par exemple, elles peuvent participer à cette alliance "pour autant qu'elles remplissent les critères d'éligibilité", a-t-elle ajouté. Elles doivent avoir "un représentant légal dans l'Union" et "leur participation sera subordonnée au respect de critères d'éligibilité spécifiques, notamment la sécurité (de la propriété intellectuelle, de l'approvisionnement, de l'information) et la capacité à atteindre certains objectifs politiques clés de l'UE dans ce domaine".

De plus, les sociétés non européennes doivent "fournir des preuves supplémentaires concernant la sécurité des informations sensibles et la protection des données, y compris les mesures juridiques, organisationnelles et techniques qu'elles ont prises pour assurer la pleine conformité avec le cadre de protection des données de l'UE, ainsi que la sécurité de l'approvisionnement et la protection de la propriété intellectuelle". Ces critères sont évalués au cas par car par la Commission européenne sur la base des informations soumises par l'entreprise candidate.

Eviter le flop de Gaia-X
Cela signifie donc que des sociétés américaines, telles qu'Amazon, Google ou encore Microsoft (les trois plus gros fournisseurs de services cloud), peuvent adhérer à cette nouvelle organisation à condition de respecter ces critères que Bruxelles aura préalablement validé. Aucun membre n'a pour l'instant l'air de s'inquiéter de ce fonctionnement qui a pourtant valu de nombreuses critiques à l'encontre de Gaia-X

"Nous y voyons un excellent signal ainsi qu’une gouvernance efficace qui garantiront un dialogue vertueux entre les industriels européens du cloud et les autorités européennes", s’est félicité ainsi OVHcloud auprès d’Euractiv, soulignant que l’alliance doit permettre "d’agir vite" et "d’apporter des réponses concrètes aux enjeux de souveraineté au niveau de leurs données comme des technologies".

Scaleway, qui a récemment claqué la porte de Gaia-X, voit cette nouvelle alliance comme "un forum de discussion" des principales problématiques auxquelles est confronté le secteur du cloud et des technologies de pointe, a expliqué Lucas Buthion, public affairs manager au sein de Scaleway, à Euractiv. Ce n'est pas un "organe de standardisation" visant à harmoniser les exigences techniques, a-t-il ajouté.

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