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Le décret anti-immigration de Trump fait trembler la Silicon Valley

Terre d’immigrés, la Silicon Valley a beaucoup à perdre avec le décret anti-immigration de Donald Trump. Face à ce texte interdisant temporairement l'entrée sur le sol américain aux ressortissants de sept pays, les grands patrons de la tech ont pris position, chacun à leur manière.
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Le décret anti-immigration de Trump fait trembler la Silicon Valley
Le décret anti-immigration de Trump fait trembler la Silicon Valley © DR

"Apple n’existerait pas sans l’immigration", a déclaré Tim Cook ce week-end. À l’instar de Steve Jobs, fils d’immigré syrien et feu fondateur de la firme à la pomme, 61% des ingénieurs de la vallée sont des travailleurs étrangers. Selon un rapport de la National Foundation for American Policy, publiée en mars 2016, plus de la moitié des licornes américaines - ces start-up valorisées plus d'un milliard de dollars - ont "au moins un de leurs fondateurs issus de l’immigration".

 

D’après l’organisation Joint Venture Silicon Valley, 74 % des employés en informatique et mathématique, entre 25 et 44 ans, sont nés à l’étranger. Seulement 1000 ingénieurs sortent des universités américaines chaque année, alors que les entreprises du pays ont trois fois plus de besoin pour ces postes. Avec son décret, Donald Trump risque de priver de talents les firmes technologiques qui font la vitrine de l’économie américaine. Les six entreprises les plus innovantes au monde en 2016 (classement du Boston Consulting Group) sont américaines : Apple, Google, Tesla, Microsoft, Amazon et Netflix. Toutes emploient, sans exception, des centaines d’employés issus de l’immigration.

 

Des déclarations à l’unisson

Né en Inde, Satya Nadella, directeur général de Microsoft a déclaré : "En tant qu’immigré et PDG, j’ai conscience de l’impact positif que l’immigration a sur notre entreprise, sur le pays et sur le monde." Sur Facebook, Reed Hastings le patron de Netflix, a écrit : "Les actes de Trump blessent des employés de Netflix partout dans le monde. Cela ne ressemble pas à l’Amérique et nous touche tous." De son côté, le réseau social à l’oiseau bleu a tweeté : "Twitter a été bâti par des immigrants de toutes religions. Nous nous battrons toujours pour eux et avec eux."

 

 

Le PDG de Google, Sundar Pichai, a envoyé un note interne à ses employés où il a exprimé son inquiétude à l’égard du décret et "à toutes les propositions qui pourraient imposer des restrictions aux Googlers". Dans un communiqué, Chris Beard, CEO de Mozilla a affirmé que le décret présidentiel allait "nuire à la promotion d’une culture d’innovation et à la croissance économique".

 

Sur sa page Facebook, Mark Zuckerberg, le fondateur du réseau social a rappelé son histoire familiale. "Mes grands grands-parents sont venus d’Allemagne, d’Autriche et les parents de Priscilla (l’épouse de Mark Zuckerberg, ndlr) étaient des réfugiés de Chine et du Vietnam. Les États-Unis sont une nation d’immigrants et nous devrions en être fiers."

 

Elon Musk, fondateur de SpaceX et de Tesla, s’est distingué de ses camarades de la vallée. Il s’est placé en médiateur de l'administration Trump en demandant à la twittosphère des propositions d'amendements au décret anti-immigration. En tant que conseiller économique du nouveau président, il se rendra à Washington, le vendredi 3 février. Il sera aux côtés du patron d’Uber Travis Kalanick.

 

 

Des millions de dollars de dons

Immigré aux États-Unis à l’âge de 6 ans, Sergey Brin, co-fondateur de Google, s’est joint aux manifestants à l’aéroport de San Francisco, le 28 janvier. Interviewé par un journaliste de Forbes, il a déclaré : "Je suis ici car je suis un réfugié". Google s’est engagé à verser 4 millions de dollars à quatre organisations : l’American Civil Liberties Union (ACLU), l’Immigrant Legal Resource Center (ILRC), l’International Rescue Committee (IRC) et l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

 

Lyft, le concurrent américain d’Uber s’est également engagé à faire un don d’un million de dollars à l’ACLU. L’association américaine de défense des droits civiques devrait recevoir 150 000 dollars de la part du célèbre investisseur de la vallée Chris Sacca et 10 000 dollars promis par Stewart Butterfield, co-fondateur de Flickr et Slack.

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