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Le design qui vous veut du bien tient Biennale à St-Etienne

C'est sous le signe de l'empathie que se tient la biennale internationale du design de Saint-Etienne, du 14 au 31 mars 2013. Un rendez-vous incontournable pour échapper à la sinistrose économique et imaginer autrement le futur.
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Le design qui vous veut du bien tient Biennale à St-Etienne
Le design qui vous veut du bien tient Biennale à St-Etienne

L'empathie. Le choix du thème de la nouvelle biennale internationale du design, qui se tient à Saint-Etienne du 14 au 31 mars, est le résultat d'une intuition et d'une réflexion collective. "Philosophes et sociologues estiment qu'il est urgent de repenser la société sur des bases plus respectueuses de la communauté humaine", écrit Elsa Francès, directrice de la Biennale. Et justement "le design est un véhicule pour appréhender les choix et les débats d'une société", précise -t-elle en préambule de l'exposition. Reste qu'au fil des 61 expositions et manifestations réparties sur 80 lieux, la biennale 2013 donne à voir, mais surtout à réfléchir.

Machine, amie ou ennemie ?

En commençant par la prenante exposition "Singularité" à la Cité du design, imaginée par François Brument et David-Olivier Lartigaud avec une magnifique scénographie de Noémie Bonnet-Georges et Eric Boubon, tout en miroirs qui révèlent les projets à l'approche du visiteur. Partant de la notion de singularité défendue par le visionnaire transhumaniste américain Ray Kurzweil, qui fixe à 2045 la date à laquelle les hommes ne pourront plus contrôler les machines, ils présentent les travaux de designers qui interrogent justement le potentiel des machines. Ces mêmes imprimantes 3D, qui permettent, comme dans le projet F.A.T. de fabriquer des jonctions pour rendre compatibles différents jeux de construction, peuvent aussi fabriquer... une arme à feu. Peut-on agir ou laisser la technologie nous submerger, jusqu'à nous contrôler ?

Futur humaniste ?

Pour sa quatrième édition à la Biennale, l'exposition de design prospectif "Demain, c'est aujourd'hui", de Claire Fayolle, nous fait elle-aussi voyager dans les futurs possibles. Par thèmes cette fois : communiquer, voyager, se nourrir, fabriquer... L'occasion de découvrir la vision du cockpit du futur par les ingénieurs d'Airbus, tout en matériaux qui se jouent de la transparence; de proposer une manière élégante de donner envie de manger des insectes; d'imaginer l'utilisation de notre salive comme source d'énergie ou l'élevage des araignées comme fabrique de fil à tisser ! Avec une mention spéciale pour cinq projets de serveur informatique low cost.

Objets de liberté ou d'aliénation ?

Mais qui aurait cru qu'au rayon "Empathie", les commissaires de l'exposition Traits-d'union, conçue par le cabinet de design Elium studio, présenterait la Freebox Révolution de Philippe Starck, en tout premier objet ? Les objets du numérique se plieraient-ils donc vraiment en quatre pour notre bien ? Ces capteurs intelligents Lapka, ces objets connectés qui auscultent notre santé (Jojo), ce thermostat Nest, mais aussi ces objets co-conçus avec leur utilisateurs, économe en énergie ou qui, grâce au laboratoire de David Edwards, revisitent la façon d'ingérer : emballage transparent qui se mange (Wikicelles) ou Aeroshot énergisant, n'ont-ils aucune arrière-pensée ? A voir.

D'autres comportements possibles ?

Des questionnements, cette biennale en pose bien d'autres. Impossible de les évoquer tous. Mais impossible, non plus, de ne pas évoquer les scenarii de vie quotidienne, qui permettraient de changer nos habitudes en matière de consommation d'énergie, que nous livre Matali Crasset dans son espace Nano Ordinaire. Ou encore les projets des étudiants d'écoles de design européennes rassemblés sous le collectif Dream Team, qui s'interrogent sur la sécurité de nos données numériques personnelles en communiquant par.. pigeons, mais qui pensent aussi à fêter l'anniversaires des robots !

Tous différents ?

Impossible aussi de partir sans un détour par l'exposition Sixième sens d'Isabelle Gomez et Bernard Laroche (Collectif designers+), qui s'interroge sur l'accès pour tous, à tout, que ce soit dans la ville, dans la maison, dans l'entreprise. Avec même un dispositif en réalité augmentée pour se mettre quelques instants dans la peau d'une personne en fauteuil roulant sur un chemin accidenté. De quoi recevoir une bonne leçon d'empathie.  Les entreprises (EDF, Legrand, Seb, Yamaha...), qui exposent à côté, aux Labos, devraient peut-être y envoyer leurs équipes.

Aurélie Barbaux

 
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