Le français Tronics accepte l’offre de rachat de l'allemand Epcos... mais Thales s'en mêle

Le petit français des Mems professionnels Tronics approuve l’offre de rachat d’Epcos, filiale allemande du groupe japonais d’électronique TDK.

Mais son premier actionnaire Thales entend se maintenir dans son capital.

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Le français Tronics accepte l’offre de rachat de l'allemand Epcos... mais Thales s'en mêle

Une pépite française des semiconducteurs bientôt sous pavillon étranger. Le spécialiste grenoblois des Mems professionnels Tronics Microsystems approuve l’offre de rachat d’Epcos, filiale allemande du fabricant japonais de composants électroniques TDK. Il l’a fait savoir dans une note adressée le 22 septembre 2016 à l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Déception des investisseurs

Fondée en 1997 à Crolles, près de Grenoble, Tronics Microsytems, qui emploie 92 personnes, développe et fabrique des Mems à la demande pour des applications dans l’aérospatial, la défense ou l’instrumentation pétrolière. Son introduction en Bourse en février 2015 a suscité l’intérêt de Thales, Safran et CGC qui ont profité de l’occasion pour entrer dans son capital. Mais ses résultats ont très vite déçu les investisseurs. En 2015, elle affiche un chiffre d’affaires de 7,8 millions d’euros, en plongeon de 35% par rapport à 2015, et déplore une perte de 3 millions d’euros, contre un bénéfice net de 140 000 euros un an auparavant. Si les analystes s’attendent à un rebond du revenu jusqu’à 15,4 millions d’euros en 2018, ils voient la société toujours dans le rouge sur les trois années à venir.

Malgré ces perspectives moroses, Epcos propose de racheter Tronics Microsystems à 13,2 euros l’action, ce qui valorise la PME iséroise à 48,65 millions d’euros, soit 6,2% de plus que lors de son introduction en bourse. TDK espère ainsi se développer dans les microcapteurs à technologie Mems en s’appuyant sur un précieux savoire-faire, fruit de 15 années de R&D et d'un investissement de 15 millions d'euros mené par la PME française avec le CEA-Leti à Grenoble.

Source d'approvisionnement stratégique pour Thales

Le conseil de surveillance de Tronics Microsystems a approuvé à l’unanimité l’offre et invite les actionnaires à céder leurs actions à Epcos. Ce que Thales, premier actionnaire avec 22% du capital, n’entend pas faire. L’équipementier électronique français de défense, qui intègre des capteurs Mems de Tronics Microsystems dans les centrales inertielles de ses systèmes avioniques, tient à rester actionnaire pour garder le contrôle d’une source d’approvisionnement stratégique. A quelle hauteur du capital ? Ce sera l’objet des négociations avec Epcos.

Comment les deux autres actionnaires de référence, CGC et Safran, vont-ils réagir ? Ils détiennent respectivement 9,65% et 6,12% du capital. Comme Thales, ils utilisent les capteurs Mems de Tronics Microsystems, le premier dans ses équipements avioniques, le second dans ses instruments pétroliers... Affaire à suivre.

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