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Le modèle Uber menacé par ses propres chauffeurs

Des milliers de chauffeurs du géant américain des VTC pourraient prétendre au statut d’employé, si celui-ci est accordé par le tribunal de San Francisco aux trois plaignants principaux.

mis à jour le 02 septembre 2015 à 10H55
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Le modèle Uber menacé par ses propres chauffeurs
"Uber 4 U" (https://www.flickr.com/photos/afagen/) © Adam Fagen - Flickr https://www.flickr.com/photos/afagen/

C’est un pas de plus vers le statut d’employé pour les chauffeurs Uber. Et un possible coup dur pour la start-up californienne - et dans son sillage les autres pépites de l’économie du partage. Le juge américain Edward Chen a donné son feu vert à un recours collectif (“class action”) concernant le statut des chauffeurs du service de voitures de tourisme avec chauffeurs (VTC), dans une décision rendue mardi 1er septembre à San Francisco. En acceptant une action collective, la cour californienne ouvre la voie à la requalification du statut de milliers de chauffeurs. Les trois plaignants principaux, comme tout chauffeur Uber, sont actuellement considérés comme des travailleurs indépendants. Ils réclament le statut d’employé et, à ce titre, la prise en charge des frais de maintenance et de fonctionnement de leurs véhicules. Tous les chauffeurs UberBlack, UberX et UberSUV qui ont conduit dans l’Etat de Californie depuis le 16 août 2009 sont concernés, précise le tribunal fédéral.

 

La firme de San Francisco a bien tenté d’échapper à une action de groupe. Pour montrer que les trois chauffeurs ayant porté plainte n’étaient pas représentatifs, la start-up a présenté devant la cour californienne 400 chauffeurs venus témoigner de leur souhait de conserver leur statut de travailleurs indépendants. Mais l’argument a été rejeté par le juge Edward Chen, celui-ci considérant que les 400 témoins constituaient un échantillon “statistiquement insignifiant” et que rien ne prouvait qu’ils n’avaient pas été sélectionnés avec soin. Uber fera "probablement" appel de cette décision, rapporte TechCrunch.

 

Un modèle économique à revoir ?

 

L’étau se ressert donc autour de la start-up valorisée à plus de 50 milliards de dollars et qui fait l’objet de différentes poursuites judiciaires à travers le monde. En mars, la Commission du travail de Californie avait reconnu à une première plaignante le statut d’employée. En France, la décision de la cour d’appel de Paris concernant l’interdiction du service UberPop est attendue le 30 septembre. Symbole aux côtés d’Airbnb du développement exponentiel de ce que l’on nomme “l’économie du partage”, Uber pourrait ainsi bien être forcé à revoir complètement son modèle économique. Et entraîner avec lui quelques unes des start-up les plus en vogue de la Silicon Valley.

 

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