Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Le Pierre Gattaz américain est-il différent du Pierre Gattaz français ?

Au Consumer Electronics Show de Las Vegas, le patron du Medef Pierre Gattaz a joué les VRP de la France et travaillé en équipe avec Fleur Pellerin. Un changement de cap ?
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Le Pierre Gattaz américain est-il différent du Pierre Gattaz français ?
Le Pierre Gattaz américain est-il différent du Pierre Gattaz français ? © L'Usine Nouvelle - Sylvain Arnulf

Ce qui se passe à Vegas reste à Vegas, a-t-on coutume de dire. Pierre Gattaz a fait sienne cette devise, et mis en veilleuse sa critique de la politique gouvernementale et ses doutes sur la compétitivité hexagonale durant sa visite du Consumer Electronics Show à Las Vegas, du 7 au 9 janvier. Le patron du Medef a joué de bonne grâce les VRP de la France au rendez-vous annuel de l'innovation électronique et parlant d'une seule voix avec Fleur Pellerin, ministre de l'Economie numérique. Il a fait sienne cette règle non écrite de la vie politique française : ne pas critiquer son pays à l'étranger.

ne pas alimenter le french bashing aux etats-unis

Pierre Gattaz s'est ainsi montré élogieux sur l'écosystème d'innovation français, louant son crédit impôt recherche "unique au monde", sa culture scientifique et technologique, son audace créatrice... Pour autant, a-t-il viré sa cuti ? "Ce CES, je le vis avec un grand enthousiasme. C'est une vraie bouffée d'oxygène. Il montre que quand la France a confiance en ses atouts, elle peut faire preuve d'innovation et de créativité", affirme-t-il d'emblée.

Quand on l'interroge sur les faiblesses du système français, il ne les nie pas. "La fiscalité française n'accompagne pas assez les aventures entrepreneuriales dans la durée. L'Allemagne est beaucoup plus efficace que nous sur ce plan", analyse-t-il. Mais Pierre Gattaz veille soigneusement à ne pas alimenter le "French bashing" ambiant, notamment véhiculé par des médias américains : "Il est également bon de prendre du recul. Nous, Français, sommes souvent recroquevillés sur nos problèmes, dans une ambiance anxiogène".

faire renaître le "rêve américain" en France

Ce positionnement colle aussi avec les bonnes résolutions 2014 de Pierre Gattaz : faire preuve de bonne volonté et engager un dialogue constructif avec le gouvernement plutôt que l'affronter frontalement. La reprise de son "pacte de confiance" par François Hollande – rebaptisé "pacte de responsabilité – le conforte dans cette stratégie. "Ces vœux présidentiels m'ont agréablement surpris. J'ai pu m'appuyer sur ce message pour dire aux Américains : c'est le bon moment pour venir investir en France" explique-t-il.

Une conviction défendue auprès du PDG de Cisco John Chambers, le "director product management" de Qualcomm Laurent Delon, et d'autres dirigeants d'entreprises américaines du numérique. Mais il reste beaucoup de travail pour les convaincre. "Presque tous m'ont parlé de la séquestrations des patrons de Goodyear, tous m'ont posé des questions sur la politique menée par François Hollande… Il y a des signaux contradictoires, c'est sûr. Je leur ai répondu que tout restait à construire, que le pacte de confiance pouvait constituer un déclic. Je suis persuadé que de grands acteurs comme Cisco peuvent recréer une part de rêve américain dans notre pays, à l'image de ce que Hewlett-Packard avait apporté à la France il y a trente ans". Fleur Pellerin a tenu le même discours auprès d'autres acteurs majeurs du secteur, comme Reed Hastings, patron de Netflix. Les prochains mois nous diront si cette démarche de conquête porte ses fruits.

Sylvain Arnulf, à Las Vegas

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media