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Le plan drastique du gouvernement japonais pour sauver Sharp des griffes de Foxconn

Affolé par les manœuvres du géant taïwanais Foxconn pour le rachat de Sharp, le gouvernement japonais pousse pour une solution de sauvetage nationale impliquant le fonds souverain INCJ. Mais ce plan implique l’amputation des écrans LCD, l’activité emblématique du groupe nippon en difficultés.

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Le plan drastique du gouvernement japonais pour sauver Sharp des griffes de Foxconn
Les écrans LCD, l"activité emblématique de Sharp © D.R. - Sharp

Face aux manœuvres de Foxconn en vue de la prise de contrôle de Sharp, le gouvernement japonais entre dans le jeu. Affolé par la perspective de voir le géant taïwanais mettre la main sur l’un des trois joyaux nippons de l’électronique aux cotés de Sony et Panasonic, il pousse pour une solution de sauvetage nationale. C’est-ce que révèle le journal nippon The Yomiuri Shimbun dans son édition du 21 janvier 2016.

 

Injection de 300 milliards de yens par INCJ

Selon ce plan encore à l’étude, Innovation Network Corporation of Japan (INCJ), un fonds souverain qui dépend du ministère japonais de l’économie, du commerce et de l’industrie, propose d’injecter 300 milliards de yens, l’équivalent de 2,6 milliards de dollars, devenant ainsi le premier actionnaire de Sharp. Les banques Mizuho Bank et Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ sont invitées à convertir leur prêt de 200 milliards de yens accordé en mai 2015 en actions. Le but étant d’alléger le fardeau de l’immense dette de 760 milliards de yens qui asphyxie financièrement le groupe d’Osaka.

 

Cession des écrans LCD de petit et moyen formats à Japan Display

Mais ce plan impose une restructuration douloureuse : l’amputation des écrans LCD de petit et moyen formats, activité emblématique de Sharp qui fait sa réputation depuis plus de 40 ans. Le projet prévoit d’abord une séparation de cette activité puis sa cession à Japan Display Inc., une entreprise qui réunit depuis avril 2012 les écrans de petit et moyen formats de Sony, Hitachi et Toshiba, et dont INCJ détient 35,6% du capital. C’est à cette condition que les banques acceptent d’apporter leur concours. Cette opération devrait être suivie d'une restructuration des activités électroniques déficitaires de Sharp comme la télévision, l’électroménager ou les panneaux solaires via des partenariats avec des industriels japonais.

 

L’accord définitif entre Sharp et INCJ devrait être conclu avant la fin de l’exercice fiscal à clôturer le 31 mars 2016. Mais Foxconn va-t-il abandonner la partie ? Il y a une semaine, le taïwanais relevait son offre de rachat de 40% à 700 milliards de yens, avec l’engagement d’assumer toutes les dettes du groupe japonais. Une proposition beaucoup plus généreuse sur le plan financier que le projet japonais.

 

Les technologies de Sharp, un enjeu vital pour le Japon

Tokyo voit d’un mauvais œil Foxonn prendre le contrôle de Sharp, un groupe étendard, qui a marqué le développement de l'électronique dans les écrans LCD, les panneaux solaires, la télévision à écran plat, les mobiles ou encore les semi-conducteurs. Ses technologies sont jugées vitales pour l’industrie du pays. Le gouvernement nippon ne veut en aucun cas les voir filer l’étranger.

 

Si ce plan abouti, Sharp ne sortira pas complètement des écrans LCD. Il garde un pied dans les grands écrans de télévision (60 pouces et plus) fabriqués dans son usine de Sakai, près d’Osaka, et gérés par Sakai Display Products Corp, une coentreprise détenue à 37,6% par Foxconn. Là encore, le groupe taîwanais est à la manoeuvre pour passer au dessus de 50%.

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