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Le plan du gouvernement pour contrer les plates-formes logicielles étrangères dans les objets connectés

Avec l’appel à projets qu’il vient de lancer dans le cadre des Investissements d’avenir, le gouvernement veut favoriser l’émergence d’une plate-forme logicielle, sorte d’Android à la française, pour les objets connectés. L’objectif est d’assurer l’indépendance de la filière française vis-à-vis des plates-formes américaines et de l’imposer comme un standard européen.
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Le plan du gouvernement pour contrer les plates-formes logicielles étrangères dans les objets connectés
Le plan du gouvernement pour contrer les plates-formes logicielles étrangères dans les objets connectés

C’est un engagement fort de l’Etat en faveur des systèmes embarqués et objets connectés. Dans le cadre des Investissements d’avenir, le gouvernement vient de lancer l’appel à projets "Logiciels embarqués et objets connectés 2". Objectif : contrer les plates-formes logicielles étrangères (à domination américaine) en favorisant l’émergence d’une sorte d’Android à la française pour l’Internet des objets. Cet appel à projets a été promis par Pascal Faure, directeur général des entreprises (ex-DGCIS) lors des assises de l’embarqué à Bercy, le 24 novembre 2014. Il a été publié dans le journal officiel le 8 janvier 2015 et sur le site de la DGE le 12 janvier 2014.

L’enjeu est stratégique. La France dispose d’une filière d’objets connectés dynamique qui compte plus de 130 entreprises. En témoignent les 120 start-up et PME innovantes présentes au Consumer Electronics Show, le grand salon de l’électronique grand public qui s'est déroulé du 6 au 9 janvier 2015, à Las Vegas, aux Etats-Unis. Pour le gouvernement, pas question de laisser cette filière à fort potentiel dépendre des plates-formes américaines, comme c’est le cas aujourd’hui dans les smartphones avec Android (de Google), iOS (d’Apple) ou Windows (de Microsoft). "Il n’y a pas de problème de disponibilité de plates-formes comme Android ou Tizen, explique Dominique Potier, conseiller scientifique au pôle de compétitivité Systematic et auteur de deux rapports officiels sur les systèmes et logiciels embarqués. Mais en dépendre risque de brider la capacité d’innovation des acteurs français."

Objectif européen

Ce projet correspond à l’une des trois propositions d’action de la feuille de route du plan "Nouvelle France industrielle" sur les systèmes et logiciels embarqués, piloté par Eric Bantegnie, président d’Embedded France, l’association professionnelle du secteur, et PDG d’Esterel Technologies, l’une des pépites française des logiciels embarqués. L’objectif va au-delà de la France. "Nous voulons imposer notre plate-forme au niveau européen, comme les allemands ont su le faire avec leur plateforme Autosar des systèmes embarqués dans l’automobile, plate-forme devenue ensuite un standard mondial", précise Eric Bantegnie.

Une plate-forme logicielle est plus qu’un simple système d’exploitation (OS). Elle rassemble l’ensemble du middleware, ces logiciels qui assurent l’interface entre le matériel (processeur) et l’application. Elle comprend notamment l’OS proprement dit, la pile des logiciels de communication, l’interface homme-machine, les protocoles de sécurité et surtout la couche d’abstraction matérielle qui déconnecte l’application du type de processeur, facilitant la création d’applications aux développeurs .

Selon Fred Rivard, Patron d’IS2T, une pépite nantaise dans les logiciels embarqués, le développement d’objets connectés relève aujourd’hui de l’artisanat. "On est obligé d’intégrer des briques disparates et de refaire le travail à chaque changement de configuration (processeur, OS…), explique-t-il. Pour passer à une approche industrielle, il faut disposer de plateformes standards à l’instar de ce qui existe dans les smartphones avec Android, iOS ou Windows. C’est la condition du passage à l’échelle du marché."

Les plates-formes, disponibles aujourd’hui pour les smartphones, ne sont pas adaptées aux objets connectés. "Elles sont trop lourdes et nécessitent le recours à un processeur d’application sophistiqué, poursuit-il. La plupart des objets connectés n’a pas besoin de cela. Elle se contente d’un vulgaire microcontrôleur à moins de 2 dollars." Le projet français vise justement à créer une plate-forme tournant sur microcontrôleur. L’investissement pourrait se monter à 90 millions d’euros sur 5 ans, financé à moitié par l’Etat.

Ridha Loukil

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

JeMInterroge
14/01/2015 11h11 - JeMInterroge

Est-ce vraiment approprié de confier le pilotage d'un projet stratégique pour la France à un employé d'une société Americaine ? Esterel Technologies SA - A wholly-owned subsidiary of ANSYS, Inc.

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