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Le Québec s'attaque à la transformation numérique de son économie... mais à l'ancienne

A l'occasion de la sixième édition de la conférence Web à Québec, qui se tient du 6 au 8 avril, le gouvernement québécois a dévoilé les grandes lignes de sa stratégie d'économie numérique aux allures de programme d'aide à l'innovaiton. En attendant une stratégie globale, qui n'est pas pour demain.
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Le Québec s'attaque à la transformation numérique de son économie... mais à l'ancienne
Le Québec s'attaque à la transformation numérique de son économie... mais à l'ancienne © © Francis Bouchard Photographe MMXVI

Pour les acteurs du numérique québécois, le Waq (Web à Québec) est le rendez-vous à ne pas manquer. Pour sa sixième édition, qui se tient du 6 au 8 avril à l'Embarcadère du port de Québec, la conférence accueille 1350 participants venus assister à 60 conférences. Cette année, une délégation françaises de 260 personnes, (la plus importance depuis les jeux Olympiques de 1976, selon l'Office franco-québécois pour la jeunesse qui a organisé le voyage) est venue promouvoir la French Tech... et montrer l'exemple.

 

C'est en effet l'ex-DSI du ministère français des Affaires étrangères, Nicolas Chapuis, qui a assuré la keynote d'ouverture. Il a présenté le nouveau réseau social du quai d'Orsay, Diplomatie, qui remplace depuis quelques mois les télégrammes diplomatiques. Sans rien cacher des chausse-trappes qu'il a dû éviter, des réticences qu'il a dû combattre... et des soutiens qu'il a dû trouver pour réussir à remplacer les 38 millions de mails échangés par les diplomates français, par des billets sécurisés envoyés depuis n'importe quel terminal mobile connecté.

 

Leçon française

Un projet exemplaire, qui démontre une maturité numérique insoupçonnée de l'administration française, mais aussi que le numérique reste, dans le public comme dans le privé, une question de culture et de compétences, qui ne se résout pas à coup de subventions et de crédit d'impôts.

 

Dommage que la nouvelle ministre du numérique québécois, Dominique Anglade, venue avec les officiels inaugurer la conférence, ne soit pas restée pour l'écouter. Car son plan pour l'économie numérique, dévoilé par l'un des membres de son cabinet quelques minutes plus tard, en tirerait sûrement parti.

 

Des techniques d'aide à l'innovation

Etabli à partir d'une consultation web (qui a obtenu moins de 300 réponses) et d'une cinquantaine de rencontres, pour déterminer les attentes et les besoins, le plan québécois pour une économie numérique ressemble à s'y méprendre à un plan de soutien à l'innovation... des années 90. Doté d'un budget de 78,5 millions de dollars canadiens (près de 53 millions d'euros) sur 5 ans, il reprend notamment des mécanismes de subventions aux projets collaboratifs (associant grande entreprises et PME ou PME et laboratoires) et de crédit d'impôts.

 

Le plan prévoit en effet une extension du crédit d'impôt de 20% pour l'équipement des PME, et la création d'un nouveau crédit d'impôt de 24% (les 2 premières années) pour de grands projets de transformation numériques de plus de 7 ans créant plus de 500 emplois. Pour combler les lacunes en matière de culture numérique des patrons de PME - un problème bien identifié par l’équipe de Dominique Anglade - le plan compte sur les stagiaires (car les jeunes sont forcément geeks pense-t-elle) en entreprise !

 

pas de stratégie numérique globale

Rien n'est prévu sur la formation des compétences (développeur, data scientist...) désormais indispensables à toute transformation numérique d'une entreprise, et qui font défaut partout dans le monde ! La question serait traitée ailleurs, dans un plan numérique et éducation, non encore dévoilé. D’autres ministères travaillent aussi de leur côté au numérique, comme celui de la culture. Un plan IT, pour le volet infrastructure, serait aussi en chantier. Quant à une stratégie numérique globale pour le Québec, qui prendrait en compte la dimension sociétale, volontairement laissée de côté par le plan économique, elle est bien prévue. Mais plus tard.

 

Une apporche en silo, d'un autre temps, qui ne semble pas inquiéter une seconde les participants au Waq. Car ici, on parle design UI et UX, neuromarketing, big data, Instagram et Facebook... dans un tout autre monde, qui n'attend rien du politique.

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