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Le rachat d'Arm par Nvidia dans le viseur de l'autorité de la concurrence britannique

Le mariage entre Nvidia et Arm est-il anticoncurrentiel ? C'est sur cette question que le gendarme britannique de la concurrence compte se pencher. Les microarchitectures d'Arm étant utilisées par de très nombreux processeurs sur le marché, l'autorité craint que le leader n'augmente ses prix à l'encontre des concurrents de Nvidia.
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Le rachat d'Arm par Nvidia dans le viseur de l'autorité de la concurrence britannique
Le rachat d'Arm par Nvidia dans le viseur de l'autorité de la concurrence britannique © Nvidia

La Competition and Markets Authority (CMA), l'équivalent de l'autorité de la concurrence au Royaume-Uni, a décidé d'ouvrir une enquête sur l'acquisition par Nvidia du leader de la conception de puces mobiles Arm pour 40 milliards de dollars.

Les "tiers intéressés", désignant des personnes ou des institutions légitimes dans le dossier, sont invités à soumettre leur avis sur cette question.

Accord anticoncurrentiel ?
Lors de ses investigations, la CMA va étudier les conséquences de ce rachat sur le marché britannique. Ainsi, elle examinera "si, à la suite de ce rachat, Arm est incité à se retirer, à augmenter les prix ou à réduire la qualité de ses services liés aux licences de propriété intellectuelle vendues aux concurrents de Nvidia", explique l'autorité dans son communiqué. Pour rappel, les designs Arm sont utilisés par tous les processeurs mobiles du marché, qu'il s'agisse de ceux d'Apple, Qualcomm, Mediatek, Samsung ou Huawei.

La crainte est que les consommateurs ne se retrouvent face à des produits plus onéreux ou à de qualité inférieure. Un risque d'autant plus sérieux sur le marché des puces électroniques car cette industrie est "essentielle pour bon nombre des produits que nous utilisons le plus dans votre vie quotidienne", détaille Andrea Coscelli, directeur général de la CMA, dans un communiqué.

Les entreprises ont pris des engagements
Les craintes soulevées par l'autorité de la concurrence ne ni nouvelles, ni surprenantes. En effet, les deux entreprises ont pris des engagements pour éviter qu'on ne les accuse de former un monopole anticoncurrentiel. Nvidia s'est engagé à conserver le modèle de licence ouverte et de neutralité d'Arm, qui est au cœur de son succès. La marque "Arm" ne disparaitra pas non plus.

La vente est également suspendue aux tensions autour du sort de l'homme à la tête d'Arm China, Allan Wu. Accusé de conflits d'intérêts en raison de son fonds d'investissement Alphatecture, il a été licencié. Or, l'homme d'affaire conteste ce congédiement qu'il juge abusif et bloque la vente puisqu'il détient 16,6 % des actions dans Arm China. Une personne proche du conseil d'administration d'Arm China, cité par le Financial Times, assurait en novembre dernier avoir évalué les chances de succès de cet accord à "seulement 50-50".

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