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Le Sénat engage une réflexion sur l'empreinte environnementale du numérique

Faut-il s'inquiéter de l'empreinte environnementale du numérique ? C'est sur cette question qu'a décidé de se pencher le Sénat en lançant une "mission d'information". Quelques pistes de réflexion ont déjà été dévoilées lors de l'annonce. Reste désormais à savoir quelles actions concrètes seront prises et surtout si ces dernières sont viables dans notre société de plus en plus connectée.
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Le Sénat engage une réflexion sur l'empreinte environnementale du numérique
Le Sénat engage une réflexion sur l'empreinte environnementale du numérique © Unsplash/NASA

Depuis quelques mois, plusieurs géants technologiques font part de leur volonté de réduire leur impact environnemental. Début janvier 2020, Microsoft annonçait sa volonté "d'effacer" son empreinte carbone d'ici 2030 via la création d'un fonds pour booster le développement de "technologies d'émission négative". Est-ce que ces mesures seront suffisantes pour endiguer le changement climatique ? C'est sur cette question que se penche actuellement le Sénat. Et pour tenter d'y répondre, la chambre haute a annoncé, le 29 janvier 2020, la création d'une "mission d'information". 

 

Combattre "les stratégies de manipulation"

Ce programme a pour objectif de travailler sur l'empreinte environnementale du numérique et ses perspectives d'évolution "en évitant l’écueil que constitueraient des approches techno-béates ou technophobes", a précisé le président de la commission Hervé Maurey. Le rapporteur Guillaume Chevrollier a indiqué que la mission se pencherait également sur les outils à mettre en œuvre par les pouvoirs publics pour lutter contre "ces stratégies de manipulation du consommateur fondées sur l'addiction".

 

Quelques pistes de réflexions ont d'ores et déjà été dévoilées lors de l'annonce. Hugues Ferreboeuf, membre du think-tank The Shift Project, considère que "la sobriété" doit être au cœur des réflexions. "Un Américain possède environ 13 équipements numériques aujourd’hui ; si la tendance se confirme, dans 10 ans, il en possèdera 35 ; la seule façon de revenir à une trajectoire supportable est de revenir à une croissance du numérique de 15% par an au lieu de 25%", a-t-il avancé. 

 

Une balance entre empreinte écologique et avantages

Pour Frédéric Bordage, fondateur de GreenIT.fr, l'action doit se concentrer sur "les terminaux des utilisateurs" du fait de l'épuisement des ressources provoquée par leur fabrication. "Au rythme où nous consommons les principaux minerais qui permettent de fabriquer le monde moderne, dans 30 ans, il n’y aura plus de stock ", a-t-il précisé, estimant que l’heure était venue aujourd’hui de faire des choix, notamment sur les usages, les loisirs constituant depuis 2015 la principale source d’impact environnemental avec "des écrans toujours plus grands, un tsunami d’objets connectés et un nombre de smartphones plus important que d’individus".

 

Enfin, le président de la mission d’information et sénateur de l'Ain, Patrick Chaize a mis en avant l'idée d’une "évaluation systématique des gains environnementaux nets des services numériques, afin de mettre en balance leur empreinte environnementale par rapport aux solutions qu’ils apportent".

 

Quelles actions concrètes ?

Il faudra attendre juin 2020 pour avoir les premiers résultats de cette mission. Mais une question reste entière : comment tout cela se traduira véritablement dans les faits ? Car sans actions concrètes, ces propositions resteront lettre morte.

 

Rappelons également que fleurissent de nombreuses études sur l'impact environnemental du numérique, dont une a été publié par Green IT fin octobre 2019, où les solutions envisagées sont parfois très discutables par leur faisabilité. Le cabinet français proposait par exemple de mettre à disposition des "espaces home cinéma partagés" dans les habitats collectifs. Avantageux sur le papier, cette idée peut sembler un peu utopique. Déjà, parce que les logements doivent être équipés de parties communes appropriées, mais surtout parce qu'elle repose sur le volontariat. A l'ère d'une personnalisation toujours plus poussée de la consommation, qui accepterait une telle évolution ?

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