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Ledger se rêve en Cisco du bitcoin

La pépite française Ledger développe et commercialise des dispositifs de sécurisation des bitcoins nichés dans une clé USB. La R&D, le développement, l’intégration et l’assemblage de ses produits sont en France. Après une levée de fonds de 1,3 million d’euros, elle veut nouer des partenariats avec les grands du bitcoin, pour ensuite lever 10 millions d’euros et devenir leader de son domaine.
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Ledger se rêve en Cisco du bitcoin
La maison du Bitcoin à Paris, une des composantes de Ledger © Emmanuelle Delsol

Devenir fournisseurs de solutions de sécurisation du bitcoin aussi indispensables que l’ont été les routeurs de Cisco pour le Web. Telle est l’ambition pour 2017 ou 2018 de Ledger, jeune pousse française née en février 2015. Rien de moins. L’entreprise conçoit, assemble et vend des dispositifs de sécurisation matérielle et logicielle des services à base de bitcoins. Nichée dans une clé USB, une puce intègre une clé privée qui protège ces derniers.

 

NÉE DE LA FUSION DE LEDGER, BTCHIP ET LA MAISON DU BITCOIN

 

Ledger est née de la fusion de trois autres jeunes entreprises. La première, la Maison du Bitcoin hébergeait les deux autres, Ledger et BTChip, avant que leur complémentarité ne s’impose aux fondateurs des trois start-up. Face au Numa, la Maison du Bitcoin est une boutique-vitrine parisienne bien réelle de la monnaie. Elle accueille des réunions d’informations et des formations, propose d’acheter ou vendre des bitcoins et vend les clés USB de Ledger.

"A sa création en mai 2014, nous avions pour objectif de dynamiser l’écosystème des start-up travaillant sur le bitcoin", raconte Eric Larchevêque, fondateur de la Maison du bitcoin, créateur de start-up en série et CEO du nouveau Ledger. Fondée par Nicolas Bacca, ancien d’Oberthur, BT Chip est à l’origine du dispositif technologique de sécurisation inspiré de la carte à puce qui se niche dans les clés USB. Enfin, l’ancien Ledger, fondu au sein de la nouvelle entité, avait ouvert un centre de développement à Vierzon (Cher) et s’occupe de finaliser et commercialiser le produit.

 

Presque 100% français


Les produits Ledger sont ainsi presque 100% français. Les puces viennent de chez ST Microelectronics et sont intégrées dans une clé USB par le rouennais Plug-Up. C’est Ledger qui assemble ensuite les produits dans ses locaux. Enfin, les 6 ingénieurs qui développent la technologie sont installés dans la capitale.

 

La start-up qui compte 17 employés vient néanmoins d’ouvrir un bureau à San Francisco. "C’est là qu’est tout l’écosystème bitcoin. Si on n’est pas là-bas, on n’est rien, justifie Eric Larchevêque. Mais pas question de quitter la France. Nous voulons garder notre R&D ici, car on ne peut pas trouver les compétences sur les cartes à puce ailleurs qu’en France."

 

Des objectifs à 3 ans


Ledger a déjà vendu entre 4000 et 5000 produits, la plupart à l’étranger. Si aucune banque n’a osé les financer, elle a néanmoins réussi à lever 1,3 million d’euros lors de sa création, en février, auprès de XAnge Private Equity, la filiale de la Banque Postale. Frédéric Potter, fondateur de Netatmo et de l’ancien COO de Criteo, Pascal Gautier, faisaient également partie du tour de table.

 

Eric Larchevêque, pour qui l’adoption de masse n’est pas pour demain, préfère se fixer des objectifs à 2 ou 3 ans. Il compte d’abord nouer des partenariats stratégiques avec des acteurs importants du bitcoin, comme un Blockchain.info ou un Coinbase, par exemple afin de les équiper directement et qu’ils équipent leurs clients. Et, billard à deux bandes, il espère alors convaincre des investisseurs pour une nouvelle levée de fonds d’une dizaine de millions d’euros afin de proposer un "form factor" pour appareil mobile ou une adaptation pour les serveurs d’entreprises.

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