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Legrand, Seb, Pernod Ricard... : que viennent chercher les industriels au CES de Las Vegas

Beaucoup d'industriels français de tous les secteurs mettent à profit le CES pour faire du business et de la veille technologique. Avec, pour certains, l'ambition d'y exposer leurs produits dans un futur proche.

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Legrand, Seb, Pernod Ricard... : que viennent chercher les industriels au CES de Las Vegas
Legrand, Seb, Pernod Ricard... : que viennent chercher les industriels au CES de Las Vegas © CEA / International CES

Si une petite poignée de grands groupes français disposent d'un stand sur le plus grand salon de l'électronique au monde (la Poste montre l'exemple, tandis que L'Oréal a annulé sa venue, pourtant annoncée par le CEA, l'organisateur du CES), tous, ou presque, envoient des représentants. Avec différents objectifs, en fonction de la nature de leur activité.

Legrand embarqué par deux partenaires

Legrand a envoyé à Las Vegas une délégation d'une dizaine de salariés, dont trois sont présents sur les stands de partenaires : la Zigbee alliance et Qualcomm. C'est une première pour le spécialiste de la domotique. La présence de la société française sur le stand de l'américain est d'ailleurs une conséquence directe du CES 2014, où Legrand était venu en simple visiteur. "C'est là que la connexion s'est opérée, puis nous nous sommes retrouvés pour des réunions de travail au cours de l'année, raconte Jérôme Boissou, directeur marketing France. Nos produits se retrouvent aujourd'hui dans la zone 'Internet of everything' de leur stand, ce qui illustre parfaitement l'ouverture de nos solutions".

La journée type de la délégation Legrand ? "Le matin, et jusqu'en milieu d'après, nous visitons les stands que nous avons identifiés comme étant intéressants - que ce soient des géants comme Samsung ou des start-up prometteuses. Nous allons aussi écouter quelques keynotes. Le soir, l'équipe se retrouve pour débriefer et mettre en perspective nos découvertes."

Jérôme Boissou dresse un bilan positif de cette édition 2015 : "Nous avons noué une dizaine, voire une quinzaine de contacts très prometteurs, qui seront approfondis dans les prochains mois."

Seb fait sa petite cuisine avec les start-up et géants du secteur

Seb a, lui aussi, embarqué un produit sur le stand d'un partenaire, mais en 2014 : sa cocotte Nutricook connect chez Texas Instruments. Pas de nouveauté exposée cette année : le leader français du petit électroménager s'active toujours, mais en arrière cuisine. "On voit beaucoup de gens, aussi bien des gros acteurs comme Whirpool et Electrolux que des start-up", explique Jean Naveau, directeur produit international.

D'ailleurs, le référent smart home chez Seb a eu un coup de cœur pour le produit d'une start-up californienne : "Ils n'ont que huit mois, mais sont déjà bien avancés. Reste qu'industrialiser, c'est un métier. Ils ont l'agilité d'une start-up, nous avons la puissance d'un grand groupe : on va essayer d'avancer ensemble". Seb ne s'interdit pas de revenir en tant qu'exposant dans les prochaines années, "quand on aura une histoire complète à raconter", glisse Jean Naveau. Et donc, peut-être, avec le produit co-développé avec la start-up américaine, si le projet aboutit.

L'Argus en quête de réponses sur le véhicule connecté

"Venir puiser de nouvelle idées qui nourriront de nouveau services" : c'est la feuille de route de Lakhdar Yahi, DSI du groupe Argus, spécialiste de la cote automobile. Avec des questions sur un sujet très précis : l'automobile connectée et la gestion de la data. "Je suis venu en partie pour savoir quel type de données était concerné (celles qui nous intéressent particulièrement portent sur l'état du véhicule) et quelle valeur on pouvait en tirer". Le DSI repart peut être avec davantage de questions que de réponses, tant le sujet reste à défricher. Mais il repart aussi avec la certitude que les constructeurs n'abandonneront pas facilement les données les plus précieuses de leurs véhicules.

Malakoff Médéric se veut prévoyant

En tant que spécialiste de la retraite complémentaire et de l'assurance, le groupe Malakoff Médéric place la santé et la prévention parmi ses sujets de prédilection au CES. Pour sa première venue, Vincent de Bary, directeur adjoint à l'innovation, se dit épaté par la qualité des échanges. "On sent que cet événement pousse tout le monde à être à un super niveau, commente-t-il . La force de persuasion de votre interlocuteur, son aisance à porter un sujet, ça ne se voit pas sur un rapport. Rien que pour cet aspect-là, ça vaut le coup de venir". L'objectif, c'est de "voir tout ce qui s'invente pour améliorer la santé et la productivité des salariés, afin, demain, d'intégrer certaines solutions à nos offres." Comme les objets connectés ou des dispositifs de gamification. Des sujets qui seront creusés au sein des directions de l'innovation et du digital du groupe.

Pernod Ricard passe l'innovation au shaker

Même si Pernod Ricard a résolument pris le virage du digital depuis deux ans et demi, ses équipes n'étaient jamais venues au CES. C'est désormais chose faite, avec six personnes, notamment issues du BIG (Breakthrough innovation group), la cellule de R&D du groupe basée à Paris. Pour Jérémie Moritz, Global Digital Content & Media Manager, le groupe de vins et spiritueux a beaucoup à y apprendre. "On pourrait penser que le CES, c'est un peu éloigné de nous, mais pas du tout. On a un rôle à jouer dans l'internet des objets, la maison (et en particulier la cuisine) connectée, juge-t-il. Nous nous voyons aussi comme des créateurs de convivialité, au-delà du produit : nous sommes une entreprise d'événementiel, cela représente la moitié de notre département marketing. On regarde donc du côté du software, du service, des contenus... beaucoup de choses".

Pour Jérémie Moritz, la force du CES, c'est sa démesure. "Tout le monde est là et on peut caler des rendez-vous facilement... y compris en dehors des allées du salon. D'ailleurs HP n'y a même plus de stand et fait tout dans une suite qu'ils louent", souligne-t-il. Il faut d'ailleurs savoir sortir des halls officiels "qui peuvent vite devenir oppressants". "On aime aller voir des gens sur place lorsque l'on se rend sur un événement. A Vegas, nous sommes allés visiter un site de Zappos, qui a une culture d'entreprise et une capacité d'innovation étonnantes." Sortir du salon, c'est aussi profiter de Vegas. "Le CES, c'est aussi du team building", glisse Jérémie Moritz. Et surtout : "une bouffée d'optimisme pour commencer l'année. Aller à la rencontre des start-up, c'est se nourrir de leur énergie."  Une énergie fort heureusement renouvelable : Pernod Ricard sera d'ailleurs au SXSW d'Austin en mars et reviendra probablement au CES en 2016.

entrepreneurs : au contact des grands groupes... y compris français

Beaucoup de start-up françaises à un stage précoce de développement se rendent au CES, avant même que leur produit n'existe. Il faut tout de même partir bien préparé et avec un discours rodé, car en quelques secondes, vous pouvez vous retrouver face à un décideur influent de votre secteur... C'est ce qui est arrivé à Pierre Louis Hazart, de la start-up Genymobile (expert Android) : "Nous étions depuis 5 minutes à peine sur le stand Chrysler et quelqu'un nous a mis en contact avec la personne de Google en charge d'Android Auto. C'est le genre de choses qui n'arrive qu'au CES, ce type de rendez-vous est très difficile à obtenir !"

Plus étonnant : l'entrepreneur considère qu'il est plus facile d'accéder à des dirigeants de grands groupes français à Las Vegas qu'à Paris : "On a réussi à avoir le dirigant d'un géant de la grande distribution un peu par hasard, au détour d'un stand, alors qu'il est impossible de décrocher un rendez-vous avec lui à Paris !", sourit le dirigeant. Conclusion : "au CES, il faut toujours se préparer à l'imprévisible, à l'improbable".

Sylvain Arnulf, à Las Vegas

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