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Les actionnaires d’Alcatel-Lucent semblent résignés à la fusion avec Nokia

L’assemblée générale d’Alcatel-Lucent, qui s’est tenue le 26 mai à Paris, est normalement la dernière. En 2016, le groupe devrait être fondu dans Nokia. Et malgré quelques interrogations sur l’emploi et la parité des échanges d’actions avec le groupe finlandais, les actionnaires ont peu protesté et voté toutes les résolutions proposées.

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Les actionnaires d’Alcatel-Lucent semblent résignés à la fusion avec Nokia

Les actionnaires d’Alcatel-Lucent apporteront-ils leurs actions lors de l’offre publique d’échange (OPE) négociée avec le finlandais Nokia ? Philippe Camus, président du conseil d’administration du groupe franco-américain, n’en est pas sûr. Mais, lors de l’assemblée générale, qui s’est tenue le 26 mais à Paris, il aura tout fait, avec le directeur général Michel Combes, pour démontrer que cette fusion est la bonne solution, au bon moment et au bon prix !

Pour enfoncer le clou, ils ont même fait voter un changement dans la rémunération de Michel Combes. Si la part fixe (1,2 million d’euros) ne change pas, une partie de sa part variable pour les années 2013, 2014 et 2015, indexée sur la performance, ne sera pas payée en cash, mais en titres Alcatel-Lucent. Une façon, pour les deux hommes, de démontrer qu'ils croient, plus que jamais, en la valeur de l'entreprise.

Les explications claires de Michel Combes

Pour le reste, pas si évident — alors que le plan de redressement Shift lancé en 2013 par Michel Combes est une réussite et a même permis au groupe de quasi retrouve un flux de trésorerie positif (pour la première fois depuis 6 ans) — de justifier cette fusion aux actionnaires.

Inlassablement, Michel Combes a dû expliquer que, même rétabli, Alcatel-Lucent n’a pas les moyens de rester seul, non seulement pour investir les centaines de millions d‘euros nécessaires aux développement de la nouvelle génération de réseau, la 5G, mais surtout pour persuader ses clients de le garder (ou le reprendre) comme partenaire technologique de long terme. "Même en ayant retrouvé un certain leadership technologique, Alcatel-Lucent, tout comme Nokia d’ailleurs, ne peut prétendre seul à une place de leader", a martelé Michel Combes.

Philippe Camus a, lui, dû faire face à un feu fourni de questions sur la parité de l’échange d’actions négocié dans l'accord de fusion (une action Alcatel-Lucent contre 0,55 action Nokia), les actionnaires l'accusant de brader le titre. Mais, finalement, ceux qui étaient présents n’ont jamais vraiment remis en question la fusion.

Et si le représentant du fond commun de placement de l’entreprise a fait part de son émotion et de son inquiétude quant à l’avenir de la structure, il n’a finalement demandé qu’une chose : que des actions gratuites soient distribuées à tous les salariés du groupe... Sûrement pour qu’ils puissent mieux les échanger en actions Nokia. Philippe Camus a promis d’étudier la faisabilité de cette proposition.

Pas de réelle opposition au projet

De même, les nombreux actionnaires présents (qui, chose apparemment exceptionnelle, représentaient 53% des actions du groupe) ont voté sans rechigner toutes les résolutions qui leur ont été présentées (la fusion n’en faisait pas partie). Ils ont même voté la nomination d’une nouvelle administratrice, la Franco-Américaine Sylvia Summers, ex de Cisco, alors qu’elle ne devrait siéger que quelques mois !

Car dans l’accord prévu avec Nokia, Alcatel-Lucent ne disposera que de trois sièges sur dix au conseil d’administration du groupe finlandais… et d'aucun poste de direction. Un gage de réussite pour la fusion, a expliqué Philippe Camus, faisant référence aux erreurs passées tant dans la fusion d’Alcatel avec Lucent que de celle de Nokia avec Siemens ! "On apprend toujours de ses erreurs, a avancé le président d’Alcatel-Lucent. On sait ainsi ce qu’il ne faut pas faire, comme d’avoir une gouvernance floue. Donc dès le départ, avec Nokia, cela a été clair. Il n’y aura pas de fusion d’ego. Nokia est deux fois plus gros. Donc c’est évidemment Nokia qui aura le dernier mot."

Les actionnaires ont néanmoins le temps de réfléchir. Avant de lancer l’OPE, il faut aux deux groupes obtenir les autorisations nécessaires, notamment en matière de droit de la concurrence, en Europe, mais aussi en Chine, au Brésil et aux États-Unis. Une affaire de plusieurs mois, qui pourrait repousser l’opération à début 2016.

Aurélie Barbaux

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