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Les attractions en réalité virtuelle, victimes collatérales de la pandémie de Covid-19

Vu ailleurs De nombreuses sociétés spécialistes des attractions en réalité virtuelle ont vu leurs activités considérablement réduites du fait de la fermeture des centres de divertissement hors domicile et autres salles d’arcade. Une industrie jugée prometteuse il y a encore quelque mois, mais qui pourrait ne pas se relever, selon une enquête du site spécialisé Protocol.
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Les attractions en réalité virtuelle, victimes collatérales de la pandémie de Covid-19
Les attractions en réalité virtuelle, victimes collatérales de la pandémie de Covid-19 © The Void

La pandémie de Covid-19 a durement frappé l’industrie du divertissement hors du domicile, et les attractions en réalité virtuelle ne font pas exception à la règle. Les fermetures obligatoires des commerces physiques ont stoppé net l'expansion du marché. Un arrêt brutal qui pourrait signer l’arrêt de mort, ou presque, du secteur aux Etats-Unis, relève une enquête du site Protocol, publiée le 8 juin 2020. Les start-up américaines, hyper focalisées sur la croissance, n'étaient en effet pas équipées pour endurer un tel trou d'air.

80% des effectifs de Sandbox VR licenciés

Perte de chiffre d’affaires, licenciements… Sandbox VR fait partie des sociétés ayant accusé une perte sèche de ses revenus. L’entreprise basée à Hong-Kong, qui exploitait une dizaine de sites en Amérique du Nord et en Asie, a dû procéder fin avril au licenciement de 80% de son personnel, "dont son ancien PDG et de nombreux développeurs clés de l'entreprise", relève Protocol. Une situation d'autant plus regrettable que Sandbox VR avait levé près de 80 millions de dollars en 2019. Occupée à ouvrir de nouveaux centres, l'entreprise n'avait pas de liquidités lui permettant de tenir plusieurs mois sans revenus. Son seul objectif est désormais de survivre.

Sandbox VR n'est pas le seul touché. De nombreux opérateurs de centres VR, dont The Void, Dreamscape, Zero Latency et Spaces, ont été contraints de fermer leurs locaux lors de la pandémie et "sont désormais confrontés à des défis financiers et logistiques majeurs", d'après Protocol. Un coup du sort qui remet en cause l'existence de ce marché, qui était considéré il y a encore quelques mois comme un moteur du développement de la réalité virtuelle et l'un des piliers de l'avenir des parcs à thème.

La contrainte des nouvelles règles sanitaires

Emblématique de ces espoirs déçus, The Void, société fondé en 2015 et soutenue par Disney et James Murdoch. En plein essor – elle avait noué un partenariat avec Unibail-Rodamco-Westfield pour 25 nouveaux centres, dont un en France – la start-up a fermé dès le 18 mars l’ensemble de ses sites. Elle planche aujourd'hui sur la réouverture de ses locaux, qui doit répondre à des règles sanitaires inédites, et les fameuses mesures de distanciation sociale, ce qui limitera de fait le nombre de participants. Par ailleurs, la société doit faire face à des loyers élevés : ses centres sont dans des emplacements coûteux, comme le Mall of America près de Minneapolis, le complexe du World Trade Center de NYC ou encore le Grand Canal Shoppes du Venetian à Las Vegas.

L'entreprise Spaces a dû également arrêter toutes ses activités aux Etats-Unis, en Chine et au Japon au cours des deux derniers mois. La société a alors décidé de pivoter vers une application de réalité virtuelle qui permet aux utilisateurs de se téléporter, via des avatars, dans les appels vidéo Zoom. Sandbox VR, s'est recentré sur l’amélioration de son offre existante, précise à notre confrère de Protocol qu'elle vise désormais en priorité les marchés asiatiques, où la reprise est plus rapide qu'aux Etats-Unis.

Clients et investisseurs pourraient se montrer frileux

D’après un rapport du cabinet spécialisé Greenlight publié en début d’année, le marché "physique" de la réalité virtuelle devait atteindre 34,6 milliards de dollars d'ici fin 2020. Une estimation qui parait aujourd’hui fortement compromise, d’autant plus que dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat, les consommateurs ne seront pas forcément prêts à retrouver le chemin des centres de loisirs premium de ce type. Dernier point relevé par Protocol et qui n’augure pas de véritable reprise à court terme : la frilosité des propriétaires de parcs à thème, fragilisés eux aussi par la pandémie, pour déployer des attractions à base de réalité virtuelle.

Les nombreux acteurs français du secteur (lllucity, I-Way, Koezio, MindOut, Terragame, Virtual Games Park, Cahem, Hypervirtual, Virtual Center, OtherSide et bien d'autres) suivent un modèle économique différent des start-up américaines, mais ils souffrent aussi forcément de la situation. L'avenir dira s'ils parviennent à mieux se rétablir que leurs concurrents états-uniens. La plupart d'entre eux ont d'ores et déjà acté la réouverture de leurs centres au mois de juin.

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