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Les autorités chinoises poussent Didi à se retirer du marché financier américain

Vu ailleurs L'entreprise chinoise de VTC Didi pourrait-elle revenir sur son introduction à la bourse de New York réalisée en juin dernier ? Les autorités chinoises la poussent à se retirer du marché pour des raisons affichées de sécurité des données.
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Les autorités chinoises poussent Didi à se retirer du marché financier américain
Les autorités chinoises poussent Didi à se retirer du marché financier américain © Didi

La Chine demande à Didi de se retirer du marché boursier aux Etats-Unis pour des questions de sécurité. Les régulateurs chinois ont intimé à l'entreprise de VTC d'élaborer un plan pour se retirer des marchés financiers et devenir une société privée, rapporte Bloomberg le 26 novembre 2021, tenu informé par des personnes proches du dossier. Une requête sans précédent qui est susceptible de raviver les craintes autour des intentions de Pékin à l'encontre des entreprises technologiques nationales.

La justification du régulateur ? Des inquiétudes concernant la fuite de données sensibles. L'administration chinoise du cyberespace (CAC), qui a ouvert une enquête dès le mois de juillet sur ce sujet, a demandé à Didi d'élaborer un plan précis à ce sujet qui sera soumis à l'approbation du gouvernement.

Vers une privatisation ?
Les propositions à l'étude comprennent une privatisation pure et simple de Didi ou une émission d'actions à Hong Kong suivie d'un retrait de la cote aux Etats-Unis. Si la privatisation se poursuit, les actionnaires se verront probablement offrir au moins le prix de l'introduction en bourse (14 dollars par action). Une offre inférieure, si peu de temps après l'IPO, pourrait entraîner des poursuites judiciaires ou la résistance des actionnaires, rapporte Bloomberg. S'il y a une cotation secondaire à Hong Kong, le prix de l'introduction en bourse serait probablement plus faible que celui de l'action aux Etats-Unis (8,11 dollars à la clôture de mercredi).

Les discussions se poursuivent et les régulateurs pourraient revenir sur leur demande. Une telle privatisation porterait un coup dur au géant du VTC, qui a réalisé la plus grande introduction en bourse aux Etats-Unis par une entreprise chinoise depuis Alibaba en 2014, rappelle Bloomberg. Didi a poursuivi ce processus malgré les demandes répétées de Pékin lui demandant d'assurer au préalable la sécurité de ses données. Rapidement les autorités chinoises ont lancé plusieurs enquêtes sur l'entreprise et mis au point une série de sanctions.

La Chine accentue son contrôle
Il est possible que cette sortie de la Bourse de New York fasse partie d'un ensemble de sanctions plus large émises à l'encontre de Didi. Le gouvernement municipal de Pékin a proposé un investissement dans l'entreprise qui donnerait aux pouvoirs publics le contrôle effectif de la société. Un tel investissement pourrait  également aider Didi à financer le rachat de ses actions cotées aux Etats-Unis.

L'entreprise de VTC est actuellement contrôlée par l'équipe de direction, composée du co-fondateur Cheng Wei et du président Jean Liu, qui ont reçu un droit de vote total de 58% après l'IPO. SoftBank et Uber sont les principaux actionnaires minoritaires de Didi, ils en possèdent respectivement 20% et 12%.

Ce geste s'inscrit dans une démarche de répression plus large menée par la Chine contre ses plus grandes sociétés technologiques. Le gouvernement cherche à renforcer son influence et son droit de regard sur ce que font ces entreprises. Par exemple, les autorités chinoises vont désormais contrôler toutes les applications de Tencent avant leur sortie ainsi que les mises à jour des applications existantes. Une mesure de plus prise afin de contrôler au plus près ces sociétés.

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