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Les cinq géants (américains) du numérique qui misent à fond sur l'IA

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L’intelligence artificielle est plus qu’une technologie. C’est aussi un marché très prometteur. Cinq géants du numérique l’ont bien compris. Revue de leurs stratégies.

Les cinq géants (américains) du numérique qui misent à fond sur l'IA
Les cinq géants (américains) du numérique qui misent à fond sur l'IA

Microsoft, le plus mature

Plus de 1 300 chercheurs en IA

Microsoft a très tôt investi dans l'intelligence artificielle, notamment pour aider son moteur de recherche Bing à rattraper son retard face à Google. Grâce à la puissance du cloud, il met désormais ces capacités à la disposition de ses clients via une vingtaine de produits exhaustifs constitués en la "Cortana Analytics Suite". Avec le Projet Oxford, l'éditeur propose aussi ces fonctions au travers d'API dédiées qui peuvent être implémentées dans n'importe quelle application. L'expérimentation est gratuite, puis le service devient payant lorsqu'on industrialise, en fonction des ressources utilisées. Côté grand public, Microsoft exploite ces technologies dans son assistant personnel Cortana, intégré par défaut dans toutes les versions de Windows, et dans Skype Translator, un système de traduction de conversations orales en temps réel. Enfin, avec Azure Marketplace, Microsoft mobilise un écosystème autour de sa plate-forme en permettant à des tiers de créer et vendre leurs propres algorithmes prêts à l'emploi. En parallèle, l'entreprise multiplie les projets de recherche, comme l'IA open source AIX pour Minecraft ou le programme de chat social Tay.

 

IBM, Le pionnier

Plus de 10 000 personnes en IA

L'intelligence artificielle n'a rien de nouveau pour IBM. L'ancêtre de l'informatique s'y essayait dès 1954 en traduisant automatiquement un texte du russe vers l'anglais. On se rappelle aussi de la victoire de Deep Blue contre Garry Kasparov en 1997. Près de 15 ans plus tard, c'est à un autre jeu, Jeopardy, que s'attaque Watson. Le superordinateur combine des capacités de langage naturel, de stockage de vastes quantités d'information et d'analye temps réel pour parvenir à la bonne décision tout en interagissant naturellement. IBM décline ensuite son service aux entreprises avec Watson Analytics, pour leur fournir des prédictions accompagnées du raisonnement qui les sous-tend. Mais le groupe s'échine surtout à décliner Watson pour des marchés verticaux. D'abord la finance et l’industrie avec des premières expériences dès 2013, puis la santé avec Watson Health en 2015. IL vient d'annonce l'ouverture de son premier centre de recherche IA pour la santé en Italie. L'objectif reste d'épauler l'humain dans sa prise de décision, en suggérant des actions, s'assurant qu'il n'y a pas d'oubli ou alertant sur un mauvais diagnostic. Dernier marché en date ? Celui, très prometteur, de l'internet des objets. Dans le même temps, IBM a ouvert les API de Watson aux développeurs tiers, notamment via un partenariat avec Apple pour les applications mobiles.

 

Google Le Roi des projets fous

En tant que spécialiste du traitement de l'information, Google investit beaucoup dans la recherche en intelligence artificielle. Avec son rachat de la startup DeepMind en 2014, le groupe s'est assuré les services d'un champion du Deep Learning, qui a récemment triomphé au jeu de go face au champion Lee Sedol, une prouesse que personne n'attendait avant encore au moins 10 ans. Google utilise aussi ces technologies pour ses propres produits. 20% des résultats de son moteur de recherche proviennent désormais d'un nouveau système intelligent appelé RankBrain, et l'entreprise a fusionné ses divisons moteur de recherche et IA début février. On les trouve également au cœur de l’assistant personnel Google Now et du service de traduction Google Translate. Côté business, Google propose depuis fin 2015 un outil de Machine Learning en open source, TensorFlow. L’entreprise a par ailleurs annoncé le 24 mars 2016 une plate-forme cloud payante bâtie autour de TensorFlow, qui propose entre autres des fonctions de reconnaissance d’image et reconnaissance vocale. Enfin, Google fait figure de pionnier dans le véhicule autonome, une technologie emblématique dont les progrès ont été fulgurants et qu’il compte mettre en production d’ici 2020.

 

Facebook, Le bon samaritain

3 centres de recherche en IA

Facebook est surtout connu pour son réseau social, mais l’entreprise consacre aussi beaucoup de ressources à l’innovation de rupture. L’une de ces facettes les plus importantes est la recherche en intelligence artificielle. Tout a commencé fin 2013 avec la création de la division Facebook AI Research (FAIR) et l’embauche du prestigieux chercheur Yann LeCun pour la diriger. En juin dernier, la firme annonçait la création à Paris de son troisième centre de recherche en intelligence artificielle. Si Facebook ne commercialise pas ces technologies, leur impact n’en reste pas moins déterminant. Ses travaux en matière de reconnaissance d’image (pour identifier les personnes dans les photos) font figure de référence, et il travaille sur un assistant personnel hybride, baptisé M for Messenger, pour essayer d’en faire un agent conversationnel hors du commun. A la conférence développeur F8, Facebook a annoncé l’arrivée sur le réseau social de pléthore de robots logiciels (les "bots") permettant en particulier d’acheter biens et services en ligne… M, le "concierge" qui mixe intelligence humaine et artificielle en a donné un avant-gout en aout. Facebook établit aussi une carte mondiale hyper précise pour mieux savoir où se trouvent les populations qui n’ont pas accès à Internet, afin de pouvoir leur fournir ce service avec des drones. Un projet qui pourrait en une semaine mieux cartographier le monde qu’il ne l’a été de toute histoire. Parallèlement, Facebook travaille sur des architectures matérielles optimisées pour ce type de calculs (réseaux neuronaux), et les rend disponible en open source. Signe des temps, Mark Zuckerberg a annoncé qu’il essaierait en 2016 de construire lui-même une IA pour l’assister à son domicile.

 

Amazon, L’audacieux

Amazon a deux avantages dans le domaine de l’intelligence artificielle : son expérience en matière de moteur de recommandation grâce à l’activité e-commerce, et son statut de leader du cloud d’infrastructure avec Amazon Web Services. En interne, ces compétences lui permettent entre autres de déterminer le sexe d’un client sans avoir à le lui demander, simplement en fonction des produits qu’il regarde, de prédire les ajustements de prix de ses produits, ou encore de débusquer automatiquement les faux commentaires clients. Cette expertise lui a permis de lancer en avril 2015 le service Amazon Machine Learning, destiné aux clients AWS pour créer des modèles prédictifs. Simultanément, Amazon a développé Alexa, un assistant personnel accessible au travers des enceintes Echo qu’il commercialise à bas coût. A défaut d’avoir un système d’exploitation dans lequel l’intégrer, l’entreprise veut s’imposer dans la smart home et l’Internet des objets, et permet d’ailleurs aux développeurs d’intégrer Alexa gratuitement dans leurs objets. Elle noue aussi des partenariats, par exemple avec Nest pour les thermostats intelligents, mais aussi Ford pour ses véhicules.

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