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Les cinq souvenirs que François Hollande doit ramener de la Silicon Valley

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Alors que François Hollande s'apprête à rencontrer le 12 février des entrepreneurs français et les géants du web en Californie, voici cinq éléments clés qui ont fait et font toujours la réussite de la Silicon Valley et dont le président devrait s'inspirer pour développer l'écosystème français.

Les cinq souvenirs que François Hollande doit ramener de la Silicon Valley
Les cinq souvenirs que François Hollande doit ramener de la Silicon Valley © GovernmentZA - Flickr c.c.

A la veille de la visite de François Hollande dans la Silicon Valley, et en plein bras de fer avec Google, les attentes sont fortes. Les entrepreneurs en France, et surtout ceux qui ont choisi de s'installer en Californie, ne vont rien laisser passer au président qui doit prouver que la France peut jouer un rôle dans l'industrie numérique. Cette visite aux géants du web et aux start-up expatriées fera peut-être figure d'électrochoc pour le gouvernement.

Quels leviers François Hollande peut-il activer pour faire émerger un Google à la française ? Il ne s'agit pas de "copier-coller" le modèle Silicon Valley - ce qui n'est ni souhaitable ni possible - mais de s'inspirer de bonnes pratiques pour faire de la France une véritable "start-up nation".

1/ Favoriser les hubs d'innovation

La force du "modèle Silicon Valley" repose sur quatre éléments clés réunis en un même endroit : les entrepreneurs, les investisseurs, les journalistes et les chercheurs. Favoriser l'émergence de pôles d'innovation, par la recherche notamment, est nécessaire. En Californie, les grandes universités comme Stanford sont un point névralgique de l'écosystème, les chercheurs sont directement mis à contribution dans la recherche d'innovation technologique dans les grandes entreprises. D'ailleurs, les géants du web s'implantent souvent à proximité des campus. François Hollande peut capitaliser sur les universitaires français et les faire travailler plus étroitement avec les entreprises, mais aussi avec les accélérateurs de start-up qui se multiplient en France, pour developer plus de synergies de l'innovation. La présence de Geneviève Fioraso au voyage californien devrait y contribuer.

2/ Valoriser au lieu de stigmatiser

Le fondateur de Kwarter Carlos Diaz, à l'origine du mouvement des pigeons, expliquait à la veille de cette visite présidentielle que les Français "ne fuient pas le fisc" mais "la stigmatisation" en s'installant en Californie. Les entrepreneurs de la Silicon Valley sont célébrés et encouragés. Il ne s'agit pas de copier une culture qui n'est pas la nôtre, mais de changer les discours et les symboles autour de l'entrepreneuriat, notamment en redonnant une image positive de la création d'entreprise au sein de la société. Pour renouer avec les créateurs d'entreprise, François Hollande doit travailler à cette revalorisation, qui peut passer notamment par un changement de la politique liée à l'échec, encore très stigmatisé en France, qui pénalise financièrement et juridiquement les entrepreneurs ayant échoué.

3/ Miser sur le capital humain

Il s'agit aussi de valoriser le capital humain - non seulement les entrepreneurs, qui choisissent de s'installer en Californie où la fiscalité et les règlementations leur sont favorables, mais aussi les ingénieurs. Les informaticiens français sont réputés dans le monde entier. Ils sont d'ailleurs très présents dans la Silicon Valley, y compris chez des géants comme Apple. Normal, les développeurs sont bien mieux traités en Californie qu'en France, que ce soit au niveau du salaire, de la reconnaissance sociale et des opportunités.

Un salaire normal pour un ingénieur qualifié varie, dans la Silicon Valley, entre 110 000 et 165 000 dollars par an (80 000 à 120 000 euros). De jeunes ingénieurs peuvent démarrer leur carrière avec un salaire d'embauche à 80 000 dollars par an (60 000 euros). Et cela sans les bonus et avantages en nature : chez Google ou Apple, la nourriture est soit gratuite soit préparée par les meilleurs chefs, des services proposent aux employés de faire leur lessive, de préparer leurs voyages...

Les start-up qui ne peuvent proposer de tels avantages rivalisent d'ingéniosité pour proposer des environnements de travail aussi plaisants que valorisants pour les développeurs. Ceux-ci sont devenus de véritables stars. Si cette politique relève avant tout des entreprises, l'Etat pourrait impulser le mouvement. Valoriser, à tous les niveaux, les ingénieurs français, en France, pour les encourager à rester serait un pari gagnant.

4/ Attirer les investisseurs

Les investisseurs qui peuvent miser gros sur des paris risqués sont au coeur du système de la Silicon Valley. Ils ont permis l'emergence de Facebook, Twitter et autres géants. En France, les scandales récents liés à Dailymotion, Amazon, ou bien la guerre entre taxis et VTC, ont contribué à assombrir un tableau déjà peu flatteur. Le Président de la République aura fort à faire pour inciter les investisseurs à miser sur les start-up installées en France.

Bonne nouvelle : c'est à Paris que Microsoft Ventures Accelerator organise ses "demo days" le 13 février. Ils rassembleront la crème de la crème des investisseurs et quelques journalistes. De quoi mettre la lumière sur les start-up qui présenteront leurs projets.

5/ faire connaître les pépites

Les Français sont reconnus pour leurs compétences techniques et technologiques à travers le monde entier. Pourtant, rares sont ceux qui ont entendu parler de nos écoles en Californie. Il s'agit de faire connaitre, en France pour commencer, puis dans le monde, les atouts français.

De la même façon qu'un étudiant de Stanford porte fièrement le logo de son école sur son sweatshirt, il s'agit de mettre en avant les start-up qui gagnent en reconnaissance : Mindie, Songpop, etc. avant que celles-ci partent pour la Californie ou New York... Il faut mettre à contribution les acteurs de cet écosystème numérique grandissant en France : les entrepreneurs, les investisseurs, les experts, pour les intégrer dans la politique numérique et les efforts du gouvernement. Roxanne Varza, qui s'occupe notamment des start-up en France au sein de la structure Microsoft Bizspark, avait écrit une lettre ouverte à la ministre Fleur Pellerin pour que les efforts de la communauté soient reconnus et surtout mieux intégrées aux efforts de la ministre en matière de numérique.

Le lancement du label "French Tech", et l'inauguration cette semaine à San Francisco du "French Tech Hub", dédié aux start-ups, montrent une réelle volonté de soutien. Il faudra toutefois plus que des fonds publics - déjà généreux pour les créateurs d'entreprise - pour faire de la France une véritable "start-up nation".

Nora Poggi, à San Francisco

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