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Les entreprises ont les clés d'une superpuissance numérique : la France

En 2012, le gouvernement investissait des milliers d’euros dans le Cloud Souverain. Trois ans plus tard, le projet est un désastre et c’est au tour du Big Data de devenir une priorité. Cette volonté peine toujours à se concrétiser. Pour que cela fonctionne et que la France devienne une superpuissance numérique, il faudrait donner les clefs du camion aux entreprises selon Didier Lejeune, directeur général de SCC France.
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Les entreprises ont les clés d'une superpuissance numérique : la France
Les entreprises ont les clés d'une superpuissance numérique : la France

L’avenir économique de la France dépendra de notre place sur le marché du numérique, qui est mondial. Nos efforts doivent donc se porter sur les technologies existantes plutôt que de tenter de développer des technologies qui nous sont propres, mais sans avenir, car le marché français est trop petit pour assurer leur succès.

 

Donner aux entreprises les moyens d’agir

Récemment, les initiatives visant à promouvoir l’innovation en entreprise se sont multipliées. C’est sans aucun doute l’axe qui sera le plus porteur à court terme. Bien que les capacités d’investissement public de la France ne soient pas au mieux, financer l’innovation reste le moyen le plus sûr de relancer la croissance.

 

Nos entreprises sont au quotidien en relation avec d’autres acteurs qui utilisent déjà les technologies de demain. Elles sont donc au plus près de la révolution numérique. En les aidant à investir, à développer des nouveaux services et produits numériques, nous garantissons la place de la France parmi les grandes puissances numériques. On le voit déjà avec des pépites hexagonales comme Criteo.

 

Ensuite, les investissements en faveur de l’innovation doivent s’accompagner d’un allègement réglementaire et administratif significatif, au risque de se transformer en un immense gâchis. Ce qui a été fait pour le moment est bien trop timide.

 

Les entreprises aux manettes de l’éducation supérieure ?

Le deuxième axe de travail prioritaire est l’éducation. D’ici 2020, l’Europe devrait disposer de près d’un million de postes à pourvoir dans le secteur du numérique. C’est une aubaine, mais encore faut-il pouvoir proposer des candidats...

 

L’école 42 de Xavier Niel a posé la question de la pertinence du système universitaire français. Elle est le fruit d’un entrepreneur et ce n’est pas un hasard. Les entreprises sont les plus au fait des domaines qui seront porteurs demain, car elles préparent déjà leurs futures offres. Il semble donc naturel de reposer en partie la refonte de nos formations numériques sur leurs connaissances.

 

Jusqu’ici, les acteurs de l’éducation ont abordé le problème à l’envers. Les étudiants sont équipés de technologies dernier-cri, mais le contenu transmis est vieillissant. Pour repenser les cursus, les enseignants doivent disposer des savoir-faire adéquats et de formations continues. Il est impossible de relever rapidement ces défis sans impliquer les entreprises. 

 

La France a toujours été réputée pour la qualité de ses ingénieurs. Nous sommes idéalement positionnés pour prendre une place majeure dans le monde numérique. Il reste maintenant à trouver les projets qui amèneront des retombées favorables au plus grand nombre. 

 

Par Didier Lejeune, directeur général de SCC France

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