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Les Français veulent des politiques plus entrepreneurs, et des entrepreneurs plus politiques

Étude Dans le cadre de son contre-programme à la présidentielle, France Digitale a demandé aux Français s'ils accordaient davantage leur confiance aux politiques ou aux entrepreneurs. Sans surprise, ce sont les seconds qui sont préférés. Mais n'est-ce pas simplement parce qu'ils n'ont pas l'intention d'entrer dans le jeu politique ?
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Les Français veulent des politiques plus entrepreneurs, et des entrepreneurs plus politiques
Les Français veulent des politiques plus entrepreneurs, et des entrepreneurs plus politiques

France Digitale veut "hacker" la présidentielle 2017. Après avoir consulté les entrepreneurs dans huit villes (cinq en France, trois à l'étranger), l'association d'entrepreneurs et d'investisseurs français créée en 2012 a voulu sonder les Français. Elle a fait appel à l'institut de sondage Ifop et à Fiducial pour savoir si la voix des entrepreneurs était entendue dans le débat public et si les citoyens leur faisaient confiance, notamment comparé aux politiques.

 

politiques bashing

Sans surprise, l'enquête confirme un net rejet de la classe politique, des journalistes, et même des juges (qui n'obtiennent que 57% de confiance du panel interrogé). 68% du panel dit faire "confiance" aux entrepreneurs, juste derrière les enseignants (77%) les policiers et gendarmes (84%) et les scientifiques (89%). Dans le détail, le dirigeant de TPE-PME est la figure qui inspire le plus confiance au panel… mais pas celui à qui il prête le plus d'influence. C'est sans doute d'ailleurs pour ça que les chefs d'entreprises sont si populaires : étant jugés plus désintéressés et éloignés de la politique, ils échappent à la vague de défiance qui balaie les supposées "élites". Notez que la côte d'amour des sondeurs n'a pas été mesurée.

 

des entrepreneurs plus engagés ...?

On sent bien à travers ce sondage (le premier d'une série de quatre jusqu'à l'élection d'avril 2017) que les Français interrogés voudraient que les hommes et femmes politiques s'inspirent davantage du monde entrepreneurial. 87% considèrent qu'un homme politique doit avoir travaillé dans une entreprise pour exercer correctement sa fonction. Un constat partagé à gauche comme à droite : le score atteint 90% chez les sympathisants écologistes et 89% au Front de gauche ! 82% estiment que les chefs d'entreprise sont trop peu représentés parmi le personnel politique, 75% sont d'accord avec l'idée qu'une sortie de crise passera par une plus grande confiance accordée par les dirigeants aux entrepreneurs. Quant à voir un président entrepreneur, c'est un peu moins évident : 68% des répondants pensent que ce serait une bonne idée. Mais le sondage a été réalisé bien avant qu'un entrepreneur accède à la présidence des Etats-Unis

 

...Mais de quels entrepreneurs parle-t-on ?

C'est justement la limite de ce sondage : à quel profil d'entrepreneur les Français font-ils confiance ? Et pour quoi faire ? "C'est toute la question : fait-on confiance aux entrepreneurs parce qu'on veut retourner dans le passé ou partir dans le futur ?, s'interroge Jean-David Chamboredon, co-président de France Digitale. C'est vraiment très différent de vouloir retrouver les Trente glorieuses, l'emploi à vie, un fantasme de retour au XXe siècle, une peur de l'avenir, ou de vouloir s'engager dans une profonde transformation de l'économie". Pour Olivier Mathiot, autre co-président de France Digitale, les Français font surtout confiance aux entrepreneurs pour créer des emplois. "Face à cette crise de confiance, la réponse est dans l'entreprise et dans la création d'emploi. C'est une lapalissade, mais c'est bien de le rappeler".

 

quelle place  dans le débat ?

Quant à la volonté des Français de voir des entrepreneurs s'engager, pas sûr que ces derniers en aient vraiment envie. "Très franchement, les entrepreneurs n'ont plutôt pas envie de faire de la politique, car ils sont déjà très occupés", reconnaît Olivier Mathiot. "Mais ils s'intéressent beaucoup à la chose publique et à la vie de la société,  ce que le mouvement des Pigeons a bien montré". De là à s'engager eux-mêmes, il y a un pas que les créateurs d'entreprises n'ont pas vraiment envie de franchir. Mais peser sur les idées et co-créer des propositions de lois, pourquoi pas.

 

C'est d'ailleurs le sens du mouvement #Hacking2017 lancé il y a plus d'un an par France Digitale. Une boîte à idées dans laquelle les candidats à l'élection présidentielle de tous bords sont invités à piocher, un peu dans l'esprit du Pacte écologique de Nicolas Hulot en 2007. France Digitale veut, à travers cette démarche, que le sujet du numérique au sens large ne soit pas oublié des candidats. "Il faut absolument que ces sujets-là remontent dans leurs priorités", affirme Olivier Mathiot. Mais ce n'est pas gagné. "Certains nous disent en off : vous avez parfaitement raison, mais ce ne sont pas ces sujets-là qui vont nous faire gagner les élections". Le bon vieux débat sur l'identité nationale a encore de beaux jours devant lui.

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