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Les logiciels de paie, cauchemar de l’Etat

Après la catastrophe Louvois (outil de gestion de la solde des militaires), l’échec du déploiement d’un logiciel chargé d’automatiser la paie de 2,7 millions de fonctionnaires a coûté 346 millions d’euros. Une perte sèche pour l’Etat.
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Les logiciels de paie, cauchemar de l’Etat
Les logiciels de paie, cauchemar de l’Etat © Wikimedia Commons

La transformation numérique de l’Etat n’est pas encore gagnée. Il y avait déjà eu les cafouillages du logiciel de facturation "Chorus", puis de "Louvois", le dispositif chargé de gérer la paie des militaires. Dans son rapport annuel, la Cour des comptes lève désormais le voile sur les déboires du "programme ONP" (pour opérateur national de paie), qui devait établir la paie de 2,7 millions de fonctionnaires.

A son lancement en 2007, le programme informatique devait faire économiser 3 800 postes en reliant automatiquement le logiciel de paie SI-paye à celui qui gère les ressources humaines. A force de retards dans la conception et la mise en place, les ministères de l’Education nationale, de l’Environnement, de l’Intérieur puis de l’Agriculture ont progressivement renoncé à utiliser l’interface du  programme ONP.

Après sept ans de développement, une réunion interministérielle a fini par entériner en mars 2014 l’abandon "d’un des projets les plus ambitieux et les plus coûteux lancés par l’administration dans la période récente", selon la Cour des comptes. Pour le budget de l’Etat, l’addition est lourde. 346 millions d’euros ont été investis en pure perte. "Le SI-paye présente une valeur d’usage nulle car aucun des ministères pilotes n’est en mesure de s’y raccorder", souligne la Cour.

Vers une "conception prudente"

Les Sages de la rue Cambon pointent du doigt les problèmes de gouvernance et l’absence de pilote clair pour la conduite du projet, partagée entre l’opérateur et les différents ministères, peu mobilisés. "Les concepteurs du programme ont poursuivi des objectifs trop nombreux et avec un niveau d’ambition trop élevé. Ils ont surestimé les apports potentiels de l’outil informatique  à la modernisation de l’Etat et ont négligé la disparité des cultures" des différents ministères, souligne la Cour pour qui "le volontarisme n’est pas à lui seul gage de succès".

L’échec du programme sonne surtout comme un avertissement, alors que l’Etat tente d’accélerer sa mutation numérique. Pour éviter de nouveaux déboires, la Cour plaide pour une "conception prudente", une gouvernance plus forte placée sous une autorité centrale unique et la mise en place d’audits externes réguliers.

Solène Davesne

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

verdarié
16/02/2015 09h35 - verdarié

Cette affaire ne va pas contribuer à faire prendre le tournant numérique aux entreprises Françaises en retard dans ce domaine et tant regretté par les promoteurs de l'informatique.

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